Lecture
Oui, c'était mieux avant. Qui peut affirmer, sans rire, que l'Education nationale enseigne mieux aujourd'hui que sous la IVe République ? Non seulement c'est pire, mais cela va s'aggraver : les villes et l'art seront de plus en plus laids et les humains auront de plus en plus de mal à s'exprimer entre eux parce qu'ils auront remplacé la conversation par la communication. Alain Paucard dresse un constat. Entre 1950 et aujourd'hui, nous avons changé trois fois de société. Partis de la société paysanne, nous sommes passés à la société industrielle, puis à celle de la " com' " et de la pub pour échouer dans le virtuel. Mais il ne faut pas oublier l'essentiel : rire et s'amuser de ce qui nous pend au nez avec Alain Paucard. Avec sa verve habituelle et son humour caustique, l'auteur de la Crétinisation par la culture nous invite à trouver dans notre malheur la force de l'affronter.
Alain Paucard*
URSSAF, administration, management, médecine du travail, droit social… Plaidoyer aussi cynique qu'exigeant, Journal d'un salaud de Patron n'oublie et n'épargne aucun des méandres de la vie de millions de dirigeants de PME. Chacune des pages de cet essai emporte le lecteur dans une course effrénée à la trésorerie, aux clients, au bien-être de ses salariés. Plongé dans le quotidien de ce « petit patron », on s'arrache parfois les cheveux mais on rit presque toujours.
Auteur : Julien Leclercq*
La réponse aux attentats de janvier 2015 appelait un renouvellement des idées, des dispositions et des actions de notre pays. Perdurent au contraire les manières de penser les plus paralysantes : la « laïcité » serait la solution au « problème de l'islam », l'effacement de la présence publique du religieux serait la solution au problème des religions. Tout est faux dans cette thèse. Au lieu de chercher une neutralité impossible, qui couvrirait en fait une guerre sournoise, nous devons accepter et organiser la coexistence publique des religions, leur participation à la conversation civique. En entrant dans la communauté nationale, l'islam est entré dans une nation de marque chrétienne, où les juifs jouent un rôle éminent. Toute politique qui ignore cette réalité court à un échec cuisant, et met en danger l'intégrité du corps civique. Il s'agit donc, tout en préservant la neutralité de l'État, de faire coexister et collaborer ces trois « masses spirituelles ». Loin que la mondialisation réclame l'effacement de la nation et la neutralisation de la religion, c'est son indépendance politique et spirituelle, et son ouverture au religieux, qui permettront à la France de franchir en sûreté et avec honneur la zone de dangers dans laquelle elle est entrée.
Pierre Manent*
Ne rien entendre, ne rien dire, ne rien voir... le principe des trois petits singes dde la sagesse serait-il devenu, 70 ans après la création de l'École nationale d'administration, en 1945, sa plus durable leçon ? Fondée pour écarter le risque de favoritisme et de cooptation dans les emplois publics, l’ENA a préparé des générations de hauts fonctionnaires à remplir des fonctions de responsabilités au cœur de l’Etat et jusque dans les cabinets ministériels. La scolarité, régulièrement « réformée » n’a pourtant pas su répondre aux critiques récurrentes et légitimes que les anciens élèves eux-mêmes lui adressent depuis des décennies – ainsi déjà en 1967, d’un certain Jean-Pierre Chevènement dans l’Enarchie ou les mandarins de la société bourgeoise. Les apprentis énarques, loin d’y être encouragés au recul critique et à l’analyse politiques publiques y découvrent surtout que de ne pas faire de vagues reste le plus sûr moyen de s’élever dans la hiérarchie. Dans cet essai placé sous un exergue orwellien en référence à la Ferme de sanimaux, Adeline Baldacchino, montre les conséquences désastreuse de cette indifférence envers les préoccupations quotidiennes, qui creuse le fossé entre le peuple et une élite pourtant censée être à son service, faisant ainsi le lit des extrêmes.
Auteur : Adeline Baldacchino*
Comment faire en sorte que l’élection présidentielle de 2017 ne soit pas encore la répétition des précédentes déconvenues accumulées de 1995 à 2012 ? Car c’est malheureusement le scénario qui se prépare – en pire –C’est la question posée par François Cornut- Gentille. Dans ce premier essai, sans prendre de gants, le député dénonce la mise à mort de la politique et de l’Etat par des élus otages d’intérêts particuliers. De cette analyse non partisane émerge une méthode pour rebâtir une action publique efficace, le nouvel exercice du pouvoir, et un impératif à destination des élus qui tient en un mot : gouvernez !
* François Cornut-Gentille est député de la Haute-Marne et maire de Saint-Dizier. Membre de la Commission des Finances, il est aussi spécialiste des questions de défense et participe activement aux travaux sur la réforme de l’Etat.
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