REMARQUE ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris

INFORMATIONS SUR LES COOKIES

1. Qu'est-ce qu'un cookie ?

Un cookie est un fichier texte susceptible d’être enregistré, sous réserve de vos choix, dans un espace dédié du disque dur de votre terminal, à l’occasion de la consultation d’un service en ligne grâce à votre logiciel de navigation.

Un fichier cookie permet à son émetteur d’identifier le terminal dans lequel il est enregistré, pendant la durée de validité.

2. A quoi servent les cookies émis sur notre site ?

Seul l’émetteur d’un cookie est susceptible de lire ou de modifier les informations qui y sont contenues.

Les cookies utilisés sur notre site permettent d'identifier les services et rubriques que l'utilisateur a visités, et plus généralement son comportement en matière de visites. Ces informations sont utiles pour mieux personnaliser les services, contenus, offres promotionnelles et bannières qui apparaissent sur notre site et faciliter votre navigation sur notre site. Des cookies sont également nécessaires au bon fonctionnement de certains services ou encore pour mesurer leur audience.

Des cookies sont susceptibles d’être inclus dans les espaces publicitaires de notre site. Ces espaces contribuent au financement des contenus et services que nous mettons à votre disposition.

 

3. Les cookies que nous émettons sur notre site :

Lorsque vous vous connectez à notre site, nous pouvons être amenés, sous réserve de vos choix, à installer divers cookies dans votre terminal nous permettant de reconnaître le navigateur de votre terminal pendant la durée de validité du cookie concerné.
Les cookies que nous émettons sont utilisés aux fins décrites ci-dessous, sous réserve de vos choix qui résultent des paramètres de votre logiciel de navigation utilisé lors de votre visite de notre site.

Les cookies que nous émettons nous permettent de :

4. Faciliter votre navigation sur notre site :

- en adaptant la présentation de notre site aux préférences d’affichage de votre terminal (langue utilisée, résolution d’affichage, système d’exploitation utilisé, etc) lors de vos visites sur notre site, selon les matériels et les logiciels de visualisation ou de lecture que votre terminal comporte,

- en mémorisant des informations relatives à un formulaire que vous avez rempli sur notre site (inscription ou accès à votre compte) ou à des produits, services ou informations que vous avez choisis sur notre site (service souscrit, contenu consulté, achat effectué etc …).

- en vous permettant d’accéder à des espaces réservés et personnels de notre site, tels que votre compte, grâce à des identifiants ou des données que vous nous avez éventuellement antérieurement confiés

- en mettant en œuvre des mesures de sécurité.

 

5. Améliorer nos services :

Ces cookies permettent d’établir des statistiques et volume de fréquentation et d’utilisation des divers éléments composant notre site (rubriques et contenus visité, parcours) afin d’améliorer l’intérêt et l’ergonomie de nos services.

6. Adapter la publicité proposée sur notre site :

- en comptabilisant le nombre total de publicités affichées par nos soins sur nos espaces publicitaires, d’identifier ces publicités, le nombre d’utilisateurs ayant cliqué sur chaque publicité et d’établir des statistiques,

- en adaptant nos espaces publicitaires aux préférences d’affichage de votre terminal (langue utilisée, résolution d’affichage, système d’exploitation utilisé, etc), selon les matériels et les logiciels de visualisation ou de lecture que votre terminal comporte,

- en adaptant les contenus publicitaires affichés sur votre terminal par nos espaces publicitaires, selon la navigation de votre terminal sur notre site,

- en adaptant le cas échéant les contenus publicitaires affichés sur votre terminal dans nos espaces publicitaires en fonction des données de localisation transmises par votre terminal avec votre accord préalable

- en adaptant les contenus publicitaires affichés sur votre terminal dans nos espaces publicitaires en fonction des données personnelles que vous nous avez fournies

7. Les cookies émis sur notre site par des tiers

L'émission et l'utilisation de cookies par des tiers sont soumises aux politiques de protection de la vie privée de ces tiers. Nous vous informons de l'objet des cookies dont nous avons connaissance et des moyens dont vous disposez pour effectuer des choix à l'égard de ces cookies.

a) Du fait d'applications tierces intégrées à notre site

Nous sommes susceptibles d'inclure sur notre site/application, des applications informatiques émanant de tiers, qui vous permettent de partager des contenus de notre site avec d'autres personnes ou de faire connaître à ces autres personnes votre consultation ou votre opinion concernant un contenu de notre site/application. Tel est notamment le cas des boutons "Partager", "J'aime", issus de réseaux sociaux tels que Facebook "Twitter", LinkedIn", "Viadeo", etc.

Le réseau social fournissant un tel bouton applicatif est susceptible de vous identifier grâce à ce bouton, même si vous n'avez pas utilisé ce bouton lors de votre consultation de notre site/application. En effet, ce type de bouton applicatif peut permettre au réseau social concerné de suivre votre navigation sur notre site, du seul fait que votre compte au réseau social concerné était activé sur votre terminal (session ouverte) durant votre navigation sur notre site.
Nous n'avons aucun contrôle sur le processus employé par les réseaux sociaux pour collecter des informations relatives à votre navigation sur notre site et associées aux données personnelles dont ils disposent. Nous vous invitons à consulter les politiques de protection de la vie privée de ces réseaux sociaux afin de prendre connaissance des finalités d'utilisation, notamment publicitaires, des informations de navigation qu'ils peuvent recueillir grâce à ces boutons applicatifs. Ces politiques de protection doivent notamment vous permettre d'exercer vos choix auprès de ces réseaux sociaux, notamment en paramétrant vos comptes d'utilisation de chacun de ces réseaux.

b) Via des contenus de tiers diffusés dans nos espaces publicitaires

Les contenus publicitaires sont susceptibles de contenir des cookies émis par des tiers : soit l'annonceur à l'origine du contenu publicitaire concerné, soit une société tierce à l'annonceur (agence conseil en communication, société de mesure d'audience, prestataire de publicité ciblée, etc.), qui a associé un cookie au contenu publicitaire d'un annonceur.

Le cas échéant, les cookies émis par ces tiers peuvent leur permettre, pendant la durée de validité de ces cookies :

- de comptabiliser le nombre d'affichages des contenus publicitaires diffusés via nos espaces publicitaires, d'identifier les publicités ainsi affichées, le nombre d'utilisateurs ayant cliqué sur chaque publicité, leur permettant de calculer les sommes dues de ce fait et d'établir des statistiques,

- de reconnaître votre terminal lors de sa navigation ultérieure sur tout autre site ou service sur lequel ces annonceurs ou ces tiers émettent également des cookies et, le cas échéant, d'adapter ces sites et services tiers ou les publicités qu'ils diffusent, à la navigation de votre terminal dont ils peuvent avoir connaissance.

c) Par une régie publicitaire externe exploitant nos espaces publicitaires

Les espaces publicitaires de notre site sont susceptibles d'être exploités par une ou plusieurs régie(s) publicitaire(s) externe(s) et, le cas échéant, de contenir des cookies émis par l'une d'entre elles. Le cas échéant, les cookies émis par ces régies publicitaires externes leur permettent, pendant la durée de validité de ces cookies :

- de comptabiliser le nombre total de publicités affichées par leurs soins sur nos espaces publicitaires, d'identifier ces publicités, leur nombre d'affichages respectifs, le nombre d'utilisateurs ayant cliqué sur chaque publicité et, le cas échéant, les actions ultérieures effectuées par ces utilisateurs sur les pages auxquelles mènent ces publicités, afin de calculer les sommes dues aux acteurs de la chaîne de diffusion publicitaire (annonceur, agence de communication, régie publicitaire, site/support de diffusion) et d'établir des statistiques,

- d'adapter les espaces publicitaires qu'elles opèrent aux préférences d'affichage de votre terminal (langue utilisée, résolution d'affichage, système d'exploitation utilisé, etc), selon les matériels et les logiciels de visualisation ou de lecture que votre terminal comporte,

- d'adapter les contenus publicitaires affichés sur votre terminal via nos espaces publicitaires selon la navigation de votre terminal sur notre site,

- d'adapter les contenus publicitaires affichés sur votre terminal via nos espaces publicitaires selon la navigation antérieure ou ultérieure de votre terminal sur des sites de tiers au sein desquels la régie concernée émet également des cookies, sous réserve que ces cookies aient été enregistrés dans votre terminal conformément aux choix que vous avez exercés à l'égard de cette régie,

- d'adapter les contenus publicitaires affichés sur votre terminal via nos espaces publicitaires en fonction des données de localisation (longitude et latitude) transmises par votre terminal avec votre accord préalable

- d'adapter les contenus publicitaires affichés sur votre terminal dans nos espaces publicitaires en fonction des données personnelles que vous auriez pu fournir à cette régie publicitaire.

8. Vos choix concernant les cookies

Plusieurs possibilités vous sont offertes pour gérer les cookies. Tout paramétrage que vous pouvez entreprendre sera susceptible de modifier votre navigation sur Internet et notre site ainsi que vos conditions d'accès à certains services nécessitant l'utilisation de cookies. Vous pouvez faire le choix à tout moment d'exprimer et de modifier vos souhaits en matière de cookies, par les moyens décrits ci-dessous.

Les choix qui vous sont offerts par votre logiciel de navigation :

Vous pouvez configurer votre logiciel de navigation de manière à ce que des cookies soient enregistrés dans votre terminal ou, au contraire, qu'ils soient rejetés, soit systématiquement, soit selon leur émetteur. Vous pouvez également configurer votre logiciel de navigation de manière à ce que l'acceptation ou le refus des cookies vous soient proposés ponctuellement, avant qu'un cookie soit susceptible d'être enregistré dans votre terminal. Pour plus d'informations, consultez la rubrique "Comment exercer vos choix, selon le navigateur que vous utilisez ?"

(a) L’accord sur les Cookies

L’enregistrement d’un cookie dans un terminal est subordonné à la volonté de l’utilisateur du terminal, que celui-ci peut exprimer et modifier à tout moment et gratuitement à travers les choix qui lui sont offerts par son logiciel de navigation. Si vous avez accepté dans votre logiciel de navigation l’enregistrement de cookies dans votre Terminal, les cookies intégrés dans les pages et contenus que vous avez consultés pourront être stockés temporairement dans un espace dédié de votre terminal. Ils y seront lisibles uniquement par leur émetteur.

(b) Le refus des Cookies

Si vous refusez l'enregistrement de cookies dans votre terminal, ou si vous supprimez ceux qui y sont enregistrés, vous ne pourrez plus bénéficier d'un certain nombre de fonctionnalités nécessaires pour naviguer dans certains espaces de notre site. Tel serait le cas si vous tentiez d'accéder à nos contenus ou services qui nécessitent de vous identifier. Tel serait également le cas lorsque nous -ou nos prestataires- ne pourrions pas reconnaître, à des fins de compatibilité technique, le type de navigateur utilisé par votre terminal, ses paramètres de langue et d'affichage ou le pays depuis lequel votre terminal semble connecté à Internet. Le cas échéant, nous déclinons toute responsabilité pour les conséquences liées au fonctionnement dégradé de nos services résultant de l'impossibilité pour nous d'enregistrer ou de consulter les cookies nécessaires à leur fonctionnement et que vous auriez refusés ou supprimés.

(c) Comment exercer vos choix, selon le navigateur que vous utilisez ?

Pour la gestion des cookies et de vos choix, la configuration de chaque navigateur est différente. Elle est décrite dans le menu d'aide de votre navigateur, qui vous permettra de savoir de quelle manière modifier vos souhaits en matière de cookies.
Pour Internet Explorer™
Pour Safari™
Pour Chrome™
Pour Firefox™
Pour Opera™
etc...

(d) Les cookies "Flash"© de "Adobe Flash Player"™

"Adobe Flash Player"™ est une application informatique qui permet le développement rapide des contenus dynamiques utilisant le langage informatique "Flash". Flash (et les applications de même type) mémorise les paramètres, les préférences et l'utilisation de ces contenus grâce à une technologie similaire aux cookies. Toutefois, "Adobe Flash Player"™ gère ces informations et vos choix via une interface différente de celle fournie par votre logiciel de navigation.

Dans la mesure où votre terminal serait susceptible de visualiser des contenus développés avec le langage Flash, nous vous invitons à accéder à vos outils de gestion des cookies Flash, directement depuis le site http://www.adobe.com/fr.

La Fabrique du crétin digital - Les dangers des écrans pour nos enfants

La consommation du numérique sous toutes ses formes – smartphones, tablettes, télévision, etc. – par les nouvelles générations est astronomique. Dès 2 ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque 3 heures d’écran. Entre 8 et 12 ans, ils passent à près de 4 h 45. Entre 13 et 18 ans, ils frôlent les 6 h 45. En cumuls annuels, ces usages représentent autour de 1 000 heures pour un élève de maternelle (soit davantage que le volume horaire d’une année scolaire), 1 700 heures pour un écolier de cours moyen (2 années scolaires) et 2 400 heures pour un lycéen du secondaire (2,5 années scolaires). Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risques…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…). Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire des jeunes. « Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. Ce livre, première synthèse des études scientifiques internationales sur les effets réels des écrans, est celui d’un homme en colère. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents !

Auteur : Michel Desmurget*

* Michel Desmurget est docteur en neurosciences et directeur de recherche à l’Inserm. Il est l’auteur de TV Lobotomie (Max Milo, 2011) et de L’Antirégime (Belin, 2015).

L’« enfant mutant » des armées propagandistes

Dans la vaste littérature qui lui est désormais consacrée, ce prodige évolutif connaît différents noms. Certains, vernaculaires, sont joliment évocateurs : millenials, digital natives, e-generation, app generation, net generation, touch-screen generation ou encore Google generation. D’autres, plus abstraits, se révèlent moins directement accessibles dans leur évocation quasi mystique des générations X, Y, Z, C, alpha ou lol. Et que les esprits chagrins, surtout, retiennent leurs sombres flèches. Il faudrait être diablement mesquin pour voir dans cette extrême variété lexicale l’expression d’une quelconque faiblesse conceptuelle. La bigarrure du verbe ne fait ici que refléter l’ébouriffante finesse des notions explorées. Car, soyons en sûr, les preuves de l’émergence d’une nouvelle espèce sur l’arbre généalogique des hominidés sont désormais écrasantes. Il a fallu des millions d’années pour arriver jusqu’à sapiens, mais aujourd’hui, par la grâce d’un véritable « tsunami numérique », les choses se sont grandement accélérées.

[...] Nulle terre, ici-bas, n’échappe à la coulée élogieuse ; de l’Europe, à l’Amérique, en passant par l’Asie ou l’Australie, le discours demeure partout le même : pour nos enfants, l’avènement du numérique est une bénédiction quasi divine. Le doute n’est plus permis qu’aux esprits malades et pernicieux tant « les preuves suggèrent, dans leur globalité, que cette génération est la plus intelligente de tous les temps ».

Des inaptitudes techniques surprenantes

Une autre objection essentielle, régulièrement soulevée par la communauté scientifique au sujet du concept de digital natives, porte sur la supposée supériorité technologique des nouvelles générations. Immergées dans le numérique, celles-ci auraient acquis un degré de maîtrise à jamais inaccessible aux fossiles des âges prédigitaux. Jolie fable ; qui malheureusement ne va pas sans poser, elle aussi, quelques problèmes majeurs. D’abord, ce sont bien, jusqu’à preuve du contraire, ces braves fossiles prédigitaux qui « ont été [et souvent restent !] les créateurs de ces systèmes et environnements ». Ensuite, contrairement aux belles croyances populaires, l’écrasante majorité de nos geeks en herbe présente, au-delà des usages récréatifs les plus outrageusement basiques, un niveau de maîtrise des outils numériques pour le moins chancelant. Le problème est si marqué qu’un récent rapport de la Commission européenne listait « la faible compétence digitale des étudiants » en tête de liste des facteurs susceptibles d’entraver la numérisation du système éducatif.

[...] Assurément, cet état d’incompétence généralisée est peu surprenant tant les digital natives présentent, en matière de numérique, une liste d’usages aussi « limitée36 » que « peu spectaculaire ». Le menu de nos petits génies s’articule ainsi prioritairement autour d’activités récréatives pour le moins basiques : réseaux sociaux, jeux vidéo, fréquentation de sites marchands, échanges de SMS, visionnage de clips musicaux, vidéos, films et séries, etc. En moyenne, selon les termes d’une étude récente, « seulement 3 % du temps consacré par les enfants et adolescents aux médias digitaux est utilisé à la création de contenus » (tenir un blog, écrire des programmes informatiques, créer des vidéos ou autres contenus « artistiques », etc.). Plus de 80 % des ados et préados déclarent ne « jamais » ou « quasiment jamais » utiliser leurs outils numériques pour faire oeuvre créative. Même chose pour les usages académiques censément ubiquistes. Ceux-ci représentent, en moyenne, une fraction mineure du temps total d’écran : à peu près 5 % chez les enfants (8-12 ans) et 10 % chez les ados (13-18 ans). [...] Dans ce contexte, croire que les digital natives sont des ténors du bit, c’est prendre ma charrette à pédale pour une roquette interstellaire ; c’est croire que le simple fait de maîtriser une application informatique permet à l’utilisateur de comprendre quoi que ce soit aux éléments physiques et logiciels engagés. [...]

« Les écrans, c’est formidable ! »

Au-delà des mythes fondateurs du digital native et de l’enfant mutant se trouvent évidemment toutes sortes d’autres histoires, moins universelles, mais dont la multiplicité fournit au prosélytisme numériste un large terreau nourricier. Le lancement du fameux programme « One laptop per child » (Traduisez « Un ordinateur portable par enfant » qui deviendra ensuite « Une tablette par enfant ») dans certains pays économiquement défavorisés en offre un excellent exemple. L’objectif consistait à offrir aux enfants de ces pays des ordinateurs (puis des tablettes) low cost en espérant que cela aurait un impact positif sur leurs compétences scolaires et intellectuelles. Partout à travers le monde, les médias louèrent cette formidable initiative lancée par une ONG américaine et dont les premières retombées furent souvent décrites avec moult exaltation. Malheureusement, les résultats objectivement mesurés ne furent là encore pas vraiment à la hauteur des éclatantes promesses initiales. Évaluation après évaluation, les chercheurs durent bien reconnaître l’inanité de ce coûteux programme sur les compétences scolaires et cognitives des enfants. Dans bien des cas, le bilan se révéla même négatif, les bénéficiaires préférant (qui en sera surpris !) utiliser leurs ordinateurs pour s’amuser (jeux, musique, télé, etc.) plutôt que travailler. Conclusion d’un article de synthèse : « One laptop per child est la dernière d’une longue liste d’approches technologiques utopiques ayant cherché à résoudre des problèmes sociaux complexes sur la base de solutions outrageusement simplistes […]. Il n’y a pas d’ordinateur magique capable de résoudre les problèmes éducatifs du monde en développement. » Un bien sombre constat qui, doit-on le souligner, n’eut que bien peu d’écho dans les médias, notamment ceux qui se révélèrent initialement les plus fervents défenseurs du projet. Un « oubli » qui explique sans doute pourquoi autant de gens croient encore aujourd’hui – comme cela fut initialement clamé haut et fort sans le moindre recul, sur la base d’anecdotes savamment distillées par les promoteurs de l’opération – qu’il suffit de donner un ordinateur à des gamins illettrés pour que ceux-ci « s’éduquent seuls » et « apprennent à lire par eux-mêmes sans enseignant ». [...]

Écrans domestiques et résultats scolaires ne font pas bon ménage

Au-delà de quelques études ineptes et/ou iconoclastes, [...] la littérature scientifique démontre de façon claire et convergente un effet délétère significatif des écrans domestiques sur la réussite scolaire : indépendamment du sexe, de l’âge, du milieu d’origine et/ou des protocoles d’analyses, la durée de consommation se révèle associée de manière négative à la performance académique.

Autrement dit, plus les enfants, adolescents et étudiants passent de temps avec leurs doudous numériques, plus leurs notes chutent. Les recherches les plus générales considèrent le temps d’écrans dans son ensemble. Cela inclut typiquement la télévision, les jeux vidéo, le téléphone portable, la tablette et l’ordinateur. Tous ces supports sont essentiellement utilisés à des fins récréatives. L’usage cumulé prédit alors, sans surprise, une diminution significative de la performance scolaire. [...]

Des notes en berne avec le smartphone

Récemment, les chercheurs ont aussi commencé à s’intéresser aux outils mobiles dont, évidemment, l’omniprésent smartphone. Cette plate-forme de distraction massive concentre l’intégralité (ou presque) des fonctions numériques récréatives. Elle permet d’accéder à toutes sortes de contenus audiovisuels, de jouer aux jeux vidéo, de surfer sur Internet, d’échanger photos, images et messages, de se connecter aux réseaux sociaux, etc. ; et elle permet tout cela sans la moindre contrainte ni de temps ni de lieu. Le smartphone (littéralement « téléphone intelligent ») nous suit partout, sans faiblesse ni répit. Il est le graal des suceurs de cerveaux, l’ultime cheval de Troie de notre décérébration. Plus ses applications deviennent « intelligentes », plus elles se substituent à notre réflexion et plus elles nous permettent de devenir idiots. [...]

L’impact négatif de l’usage du smartphone s’exprime avec clarté sur la réussite scolaire : plus la consommation augmente, plus les résultats chutent. [...]

[...] les écrans domestiques. En ce domaine, la littérature scientifique est claire, cohérente et indiscutable : plus les élèves regardent la télévision, plus ils jouent aux jeux vidéo, plus ils utilisent leur smartphone, plus ils sont actifs sur les réseaux sociaux et plus leurs notes s’effondrent. Même l’ordinateur domestique, dont on nous vante sans fin la puissance éducative, n’exerce aucune action positive sur la performance scolaire. Cela ne veut pas dire que l’outil est dépourvu de vertus potentielles. Cela signifie simplement que, quand vous offrez un ordinateur à un enfant (ou un adolescent), les utilisations ludiques défavorables l’emportent très rapidement sur les usages éducatifs formateurs.

[...] les écrans à usage scolaire. Là encore la littérature scientifique est sans appel. Plus les États investissent dans les « technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement » (les fameuses TICE), plus la performance des élèves chute. En parallèle, plus les élèves passent de temps avec ces technologies et plus leurs notes baissent. Collectivement, ces données suggèrent que l’actuel mouvement de numérisation du système scolaire relève d’une logique bien plus économique que pédagogique. Dans les faits, contrairement à la doxa officielle, le « numérique » n’est pas une simple ressource éducative mise à la disposition d’enseignants qualifiés et utilisable par ces derniers, s’ils le jugent pertinent, dans le cadre de projets pédagogiques ciblés (personne n’aurait rien à redire à cela et le seul axe possible de divergence concernerait alors, éventuellement, la possibilité d’utiliser plus efficacement les subsides investis). Non ; dans les faits le numérique est avant tout un moyen de résorber l’ampleur des dépenses éducatives. Il projette l’enseignant qualifié sur la longue liste des espèces menacées. Cet enseignant coûte cher, très cher, trop (?) cher. Par ailleurs, il est dur à former et, du fait de la pression concurrentielle de secteurs économiques plus favorisés, il s’avère très difficile à recruter. Le numérique apporte au problème une fort élégante solution. Bien sûr, le fait que cette solution se fasse au détriment de la qualité éducative rend le point inflammable et, donc, difficilement avouable.[...]

L’enfant a besoin qu’on lui parle !

[...] il existe aujourd’hui un grand nombre d’études montrant que la consommation d’écrans interfère fortement avec le développement du langage. Par exemple, chez des enfants de 18 mois, il a été montré que chaque demi-heure quotidienne supplémentaire passée avec un appareil mobile multipliait par presque 2,5 la probabilité d’observer des retards de langage. De la même manière, chez des enfants de 24 à 30 mois, il a été rapporté que le risque de déficit langagier augmentait proportionnellement à la durée d’exposition télévisuelle. [...]

Santé : une agression silencieuse

La communauté scientifique affirme depuis des années que « les médias [électroniques] doivent être reconnus comme un problème majeur de santé publique ». Il faut dire que le corpus de recherche associant consommations numériques récréatives et risques sanitaires est exorbitant. La liste des champs touchés paraît sans fin : obésité, comportement alimentaire (anorexie / boulimie), tabagisme, alcoolisme, toxicomanie, violence, sexualité non protégée, dépression, sédentarité, etc. À l’aune de ces données, on peut affirmer, sans ciller, que les écrans sont parmi les pires faiseurs de maladies de notre temps (les médecins diraient les pires « morbifiques »). Or, le sujet reste encore largement ignoré des articles et ouvrages de vulgarisation. [...]

[...] la consommation d’écrans récréatifs a un impact très négatif sur la santé de nos enfants et adolescents. Trois leviers se révèlent alors particulièrement délétères.

Premièrement, les écrans affectent lourdement le sommeil. Or, celui-ci est un pilier essentiel, pour ne pas dire vital, du développement. Lorsqu’il déraille, c’est toute l’intégrité individuelle qui est affectée, dans ses dimensions physiques, émotionnelles et intellectuelles. Il est assez surprenant (et inquiétant) de voir à quel point l’ampleur de ce problème est aujourd’hui sous-estimée. Deuxièmement, les écrans augmentent fortement le degré de sédentarité tout en diminuant significativement le niveau d’activité physique. Or, pour évoluer de manière optimale et pour rester en bonne santé, l’organisme a besoin d’être abondamment et activement sollicité. Rester assis nous tue ! Faire de l’exercice nous construit ! ; et pas seulement dans nos dimensions physiques.

Bouger a un impact majeur sur notre fonctionnement émotionnel et intellectuel. Là encore, le problème est inexplicablement oublié des débats relatifs aux usages du numérique par nos progénitures. Troisièmement, les contenus dits « à risque » (sexuels, tabagiques, alcooliques, alimentaires, violents, etc.) saturent l’espace numérique. Aucun support n’est épargné. Or, pour l’enfant et l’adolescent, ces contenus sont d’importants prescripteurs de normes (souvent inconsciemment). Ils disent ce qui doit être (par exemple, un lycéen « normal » ça fume et ça couche – sans se soucier des problèmes de préservatifs). Une fois assimilées, ces normes ont un effet considérable sur le comportement (par exemple, la probabilité qu’un lycéen se mette à fumer ou ait des relations sexuelles non protégées). [...] 


La Fabrique du crétin digital - Les dangers des écrans pour nos enfants - Michel Desmurget


© Avec l’aimable autorisation des éditions du Seuil

845 K2_VIEWS