La moitié du Sénat sera renouvelée dimanche 27 septembre. Parmi les candidats figurent 33 députés, une ministre et plusieurs responsables locaux. Près d’un quart des sénateurs sortants ont, eux, choisi de ne pas briguer un nouveau mandat.
Dimanche 27 septembre, les élections sénatoriales vont modifier la composition de la Haute Assemblée. Au total, 178 sièges sont à pourvoir et 1 686 candidats sont en lice. Le scrutin concerne 64 circonscriptions, dont 59 départements, ainsi qu’une partie des représentants des Français établis hors de France. Le corps électoral est constitué de 93 469 grands électeurs, principalement issus des conseils municipaux.
Depuis la réforme entrée en vigueur en 2008, les sénateurs sont élus pour six ans, contre neuf auparavant, et la moitié de la Haute Assemblée est renouvelée tous les trois ans. Les territoires concernés vont pour ce scrutin de l’Ain à l’Indre (01 à 36), ainsi que plusieurs départements du Grand Est et de l’est de la France. La Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française sont également concernés la moitié des sénateurs représentant les Français de l’étranger. Les métropoles de Marseille, Toulouse, Lyon, Nice, Strasbourg ou Bordeaux sont également visées par ce scrutin mais pas l’agglomération parisienne qui sera renouvelable en 2029 avec les huit départements d’Île-de-France.
Les modalités de vote diffèrent selon le nombre de sénateurs à élire dans chaque circonscription. Dans les territoires qui désignent un ou deux sénateurs, l’élection se déroule au scrutin majoritaire à deux tours. Lorsque trois sièges ou davantage sont à pourvoir, les candidats se présentent sur des listes soumises à la représentation proportionnelle. Sur les 178 sièges concernés, 119, soit environ les deux tiers, seront ainsi attribués à la proportionnelle. Le département qui verra le renouvellement le plus important est celui des Bouches-du-Rhône avec huit sénateurs. Il est suivi de la Gironde et de la Seine-Maritime, qui en élisent chacune six.
Dans les départements où le scrutin proportionnel s’applique, les listes doivent respecter le principe de parité. Cette obligation ne se traduit toutefois pas par une proportion équivalente de femmes placées en première position : sur 232 listes recensées, 84 seulement sont conduites par une femme, soit environ un tiers.
L’âge des candidats témoigne également d’une grande diversité. Leur moyenne d’âge s’établit à 55 ans et cinq mois. Le plus jeune candidat, Clément Bellière, est âgé de 24 ans et un mois. Il figure toutefois en dernière position, donc non éligible, sur une liste du Rassemblement national dans l’Eure. À l’autre extrémité, Christiane Raust, 85 ans et deux mois, est également placée en position non éligible sur une liste de droite en Seine-Maritime.
33 députés briguent tentent le Sénat
Au-delà du résultat du scrutin, l’élection devrait se traduire par un renouvellement significatif des élus. Quarante-quatre sénateurs sortants, soit un quart des parlementaires concernés, ont décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat. Parmi eux figurent notamment l’ancien ministre Alain Joyandet et Alain Milon, ancien président de la commission des affaires sociales. En Gironde, il est à noter que quatre des six sénateurs sortants ne se représentent pas.
Autre caractéristique de cette élection : le nombre élevé de députés qui cherchent à rejoindre la Haute Assemblée. Trente-trois membres de l’Assemblée nationale sont candidats. Une forte proportion d’entre eux appartient au Rassemblement national, qui compte notamment quatre candidats dans les Bouches-du-Rhône, quatre dans le Var et trois dans le Gard. Ces candidatures s’inscrivent dans une stratégie visant à renforcer la représentation du parti au Sénat. Sept députés européens RN tentent également leur chance.
Le groupe Les Républicains, qui constitue le premier groupe de la Haute Assemblée avec 131 membres, est lui aussi particulièrement concerné par le renouvellement. Parmi ses candidats figurent notamment Bruno Retailleau, sénateur de Vendée depuis 2004 et candidat à l’élection présidentielle, ainsi que Mathieu Darnaud, président du groupe au Sénat.
Les sénatoriales concernent également plusieurs responsables d’exécutifs locaux. Deux présidents de région sont candidats : Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Jérôme Durain, à la tête de la Bourgogne-Franche-Comté. En cas d’élection, les règles relatives au cumul des mandats les conduiraient à abandonner leur fonction régionale.
Neuf présidents de conseil départemental sont également candidats, dans l’Ain, la Charente-Maritime, la Corrèze, le Doubs, l’Hérault, le Rhône, la Sarthe, la Somme et le Vaucluse.
Le gouvernement compte une candidate parmi les prétendants au Sénat : Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation. Pour elle, il s’agit d’un retour au Palais du Luxembourg. Sénatrice d’Ille-et-Vilaine de 2014 jusqu’à son entrée au gouvernement deux ans auparavant, elle conduit cette fois encore une liste dans son département. Un ancien membre du gouvernement d’Emmanuel Macron, Jean-Baptiste Lemoyne, est également candidat dans l’Yonne. ■


