Europe
Gibraltar, minuscule bout de territoire anglais situé à la pointe sud de la péninsule ibérique n’a jamais cessé d’être revendiqué par les Espagnols. Et le Brexit est venu rebattre les cartes tout en cristallisant les tensions. Le Royaume-Uni refuse de lâcher Gibraltar dont l’intérêt stratégique est évident et l’Espagne veut profiter de cette nouvelle donne pour y imposer (enfin) sa souveraineté. Tout ça sous le regard de négociateurs européens qui s’arrachent les cheveux.
Par Hippolyte d’Albis, Ecole d’économie de Paris, CNRS, Ekrame Boubtane, CERDI – CNRS, Université Clermont Auvergne, et Dramane Coulibaly, EconomiX – CNRS, Université Paris Nanterre
Les questions migratoires conduisent le plus souvent à des points de vue divergents et à des divisions. Mais, concernant leur impact sur les finances publiques, le consensus semble l’emporter. Certains répètent inlassablement que les personnes immigrées appauvrissent les pays d’accueil et, en particulier, coûtent chers aux systèmes de protection sociale. D’autres répondent en plaçant le débat à un autre niveau, où l’on parle d’humanité et de vivre ensemble, qui dédaigne ces vils calculs comptables mais qui, de fait, les valide. La « crise » migratoire de 2015 et son flot ininterrompu d’images dramatiques, laissant penser que l’Europe allait être submergée, ont naturellement conduit certains à croire qu’accueillir des demandeurs d’asile conduirait à une catastrophe économique.
Depuis le 1er janvier 2018, 67306 dossiers ont été présentés à l’Office français pour la protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra).
Alors que les citoyens européens ne cachent plus leurs inquiétudes face à la pression migratoire qui se fait de plus en plus forte, les dirigeants européens ont fait de cette question migratoire le sujet principal du dernier sommet européen sans obtenir de réelles avancées, tant les divergences sont nombreuses et les approches différentes selon les pays.
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Par Philippe Maze-Sencier, Managing Director, McLarty Europe
Vu de Berlin, de Bruxelles ou de Washington, la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017 a surpris, interrogé mais aussi enthousiasmé, offrant une réponse ferme à un populisme mondial que personne ne semblait pouvoir endiguer ainsi qu’une vision positive du changement à un pays considéré sclérosé et à un continent déboussolé. Il est vrai qu’après avoir inquiété nos partenaires et alliés, les quinquennats de MM. Sarkozy et Hollande avaient fini par faire désespérer de la France : un pays manquant à ses engagements, s’affranchissant de la règle commune, incapable de se réformer et de s’adapter à un monde en pleine mutation. Hormis son action résolue au Sahel, la voix de Paris avait fini non seulement par ne plus être audible, mais surtout par ne plus être crédible.

