Assemblée
Le 19 juin sur RMC et BFM/TV, le Premier Ministre, Edouard Philippe est revenu sur l'une des promesses du programme d'Emmanuel Macron d'une réduction d'un tiers du nombre de parlementaires (577 députés, 348 sénateurs). « Il y a des gens ambitieux qui disent que l'on peut descendre à 350. Moi, je pense que c'est un peu ambitieux » a expliqué le Premier Ministre qui penche plutôt pour « 400-420 ». « En tout état de cause, même si on passait à 450, ce serait déjà une bonne chose » a-t-il admis. Quant à l'introduction d'une dose de proportionnelle, même si Edouard Philippe confesse avoir toujours préféré le scrutin majoritaire, « pour une raison simple : il a des défauts mais sa grande vertu est de permettre l'expression de majorités stables », il reconnaît que « l'on ne peut pas durablement mettre à l'extérieur de l'Assemblée des courants politiques puissants ». « Un bon mode de scrutin, c'est un scrutin qui permet la représentation des territoires et la représentation des idées » concède le Premier Ministre qui parle alors d'une dose « de 10 à 20 % ». ■
Après plusieurs jours de tractation, l'Assemblée nationale sera composée de sept groupes. Premier par son nombre d'affiliés (309 +4 apparentés) évidement le groupe La République en marche dont la présidence est assurée par Richard Ferrand, député du Finistère. Le groupe Les Républicains (LR), son président Christian Jacob, député de Seine-et-Marne (président sortant) sera flanqué de deux vice-présidents : Virginie Duby-Muller et Damien Abad. Le groupe compte 95 membres et 5 apparentés. Le groupe MoDem dont la présidence avait été un temps promise à Marielle de Sarnez exfiltré du gouvernement sera finalement présidé par Marc Fesneau, député de Loir-et-Cher. Il compte 43 membres et 4 apparentés. Les constructifs : LR, UDI et indépendants, groupe dissident LR est composé de 34 membres et 1 apparenté macrocompatibles,. La co-présidence est assurée par Franck Riester (Seine-et-Marne, issu de LR) et Stéphane Demilly (Somme, UDI). Pour tenter de rebondir, les socialistes ont choisi un nouveau nom de groupe : Nouvelle gauche dont le président est Olivier Faure (Seine-et-Marne). Il compte 28 membres et 3 apparentés. La France insoumise (LFI) avec son président Jean-Luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône compte 17 membres dont des élus de La France insoumise, du Parti de gauche, du Parti communiste français, de Ensemble ! et de Rézistans Égalité 974 (La Réunion). Le groupe Gauche démocrate et républicaine (communistes) a reconduit son président André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme. Le groupe se compose de 11 députés communistes et de 5 députés ultramarins. Quant au Front national (huit députés) qui n'a pas atteint le seuil fatidique des 15 élus, nécessaire pour la formation d'un groupe parlementaire, il poursuit sa quête de ralliements. ■
Prolongation de l'Etat d'urgence, moralisation de la vie politique et l'habilitation à réformer par ordonnances le code du travail vont être les sujets à l'ordre du jour de la session extraordinaire qui s'est ouverte le 4 juillet. Le communiqué du 28 juin du secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement Christophe Castaner indique que le gouvernement souhaite que tous ces projets de loi « soient adoptés définitivement avant la suspension des travaux du Parlement au mois d'août ». La session extraordinaire, convoquée par un décret du président de la République « permettra également de commencer l'examen, par le Sénat, d'un autre texte essentiel, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme ». Seront également à l'ordre du jour « des points dont l'examen découle d'exigences fixées par la loi organique relative aux lois de finances : le débat d'orientation des finances publiques, qui prépare l'examen du projet de loi de finances de l'automne ; - la loi de règlement et d'approbation des comptes de l'année 2016 ». ■
Entre les deux tours des législatives, le Centre de recherches politiques de Science Po s'est penché sur le profil des candidats aux législatives investis par la République En Marche !*. Alors que le parti d'Emmanuel Macron a pour credo le renouveau, l'étude du CEVIPOF relativise la réalité du renouvellement de ces profils. Beaucoup, en dépit des apparences ont déjà eu dans le passé un engagement de type politique.
Par Alexandre Malafaye, Président du Think tank Synopia
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