La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a demandé la création d’une commission d’enquête. Le Sénat lance une mission d’information.

Les manifestations du 17 octobre contre la vie chère et autres revendications ont vite dégénéré et les pouvoirs publics ont été tout aussi dépassés par la violence qui s’est déchainée dans plusieurs grandes villes de France. Face aux nombreuses questions qui se posent après avoir constaté les dégâts – renseignement défaillant, dispositif de maintien de l’ordre sous-dimensionné, … -, le Parlement, Assemblée nationale et Sénat, n’entendent pas rester les bras croisés et veulent savoir pourquoi et comment on a pu en arriver là.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance) a ainsi proposé en conférence des présidents, la création d’une commission d’enquête « portant sur ces débordements, le mode opératoire de ces groupuscules violents et la stratégie de maintien de l’ordre face à ces nouvelles formes d’émeutes urbaines » indique le communiqué de la présidence. « Cette commission d’enquête aura vocation à faire toute la lumière sur les scènes de chaos et de pillages auxquelles nous avons assisté et sur leurs responsables, à apporter des réponses aux élus, aux commerçants et à toutes les victimes des violences d’hier, mais aussi aux citoyens qui s’interrogent sur l’ampleur des débordements et la réponse qui leur a été apportée » précise le communiqué. Il appartiendra à cette commission d’enquête d’analyser le degré d’anticipation de ces évènements, le dimensionnement et la doctrine de maintien de l’ordre qui leur a été opposée et d’en pointer les éventuels dysfonctionnements. « Ses travaux devront permettre de tirer les enseignements nécessaires afin d’éviter la répétition de tels faits, de mieux garantir l’ordre républicain et de mieux protéger les Français ainsi que le droit de chacun à manifester en liberté et en sécurité ». La présidente de l’Assemblée entend garder la main sur cette commission d’enquête ne voulant pas reproduire ce qui s’est passé avec la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Elle devra veiller à ce qu’elle ne devienne pas une tribune politique à la veille de la présidentielle. Une ambition qui semble laisser dubitatif Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons et proche Édouard Philippe cité par Le Monde : « Je ne voudrais pas ajouter du désespoir au désespoir, mais je ne crois pas au miracle de la concorde républicaine. Et plus l’on s’approche de 2027, moins cette hypothèse est envisageable ».

Sans compter que le temps est minuté. Il semble difficile de trouver un peu d’espace entre les discussions budgétaires et la fin de la session annoncée pour février. Une contrainte qui ne semble pas effrayer la présidente de l’Assemblée nationale qui, sur les ondes de France Inter, a assuré que la commission d’enquête rendrait ses travaux « à la fin de l’année ».

Lors de sa réunion du 19 octobre 2026, la commission des lois du Sénat a quant à elle décidé, à l’initiative de sa présidente Muriel Jourda, et pour répondre à la demande de plusieurs groupes politiques, de créer une mission d’information sur les événements survenus les 17 et 18 octobre 2026. « Les violences, dégradations, destructions et pillages commis au cours de ces épisodes ont en effet révélé d’importants dysfonctionnements dans l’anticipation et la préparation du dispositif de maintien de l’ordre mis en place à cette occasion, lequel a rapidement été débordé par les événements et n’a pu mettre fin suffisamment vite aux exactions » explique-t-elle. La mission d’information entend enquêter afin d’une part établir la chaîne des événements, mais aussi évaluer la pertinence du dispositif de maintien de l’ordre mis en place en amont, des actions menées pour rétablir l’ordre public et de la réponse pénale apportée et « déterminer les responsabilités administratives, institutionnelles, juridiques et politiques des événements survenus au cours de ces deux jours ». La mission d’information sera transpartisane et l’ensemble des groupes politiques du Sénat y seront représentés. Elle pourra, le cas échéant, demander à bénéficier des pouvoirs dévolus aux commissions d’enquête. ■