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Le BREXIT va réussir

L’Angleterre est en train de gagner la bataille du Brexit ! À rebours de ses amis du vieux continent, Marc Roche, correspondant du Monde à Londres pendant vingt-cinq ans, aujourd’hui commentateur à la BBC et chroniqueur au Point, en est désormais persuadé. Mettant à rude épreuve les nerfs des négociateurs de Bruxelles, mobilisant toutes les ressources de sa diplomatie qui opère dans les coulisses de la Commission européenne, maniant le bluff comme au temps glorieux de la reine Victoria, les Anglais se révèlent d’un cynisme admirable. Plate-forme off-shore à nos portes, acceptation totale des inégalités, immigration à la carte, le pays est désormais libre de se forger un nouveau destin planétaire, avec le soutien discret de la reine Elizabeth II en personne. Marc Roche révèle une autre vision que celle, catastrophiste, selon laquelle il n’y aurait point de salut hors de l’Union européenne. Il existe au contraire une alternative : le choix d’une nation de rester maître de sa destinée. Entre récit personnel et décryptage d’une transition apparemment chaotique, une enquête qui bouscule les idées reçues.

Auteur : Marc Roche

© Albin-Michel

Bataille perdue pour gagner la guerre

“Étant la Grande-Bretagne, nous allons être à la hauteur de ce défi. En quittant l’Union européenne, nous allons nous forger un rôle à la fois neuf et audacieux dans le monde” : le 13 juillet 2016, sur le seuil du 10 Downing Street, Theresa May s’est drapée dans Kipling, l’un de ses auteurs favoris pour qui « les principes sont les principes, dussent les rivières ruisseler de sang ». Et on va voir ce qu’on va voir. […]

Bruxelles, cour des miracles

[…] Dans l’affaire du Brexit, la connaissance qu’a acquise Barnier de la machinerie administrative européenne au fil de ses deux postes de commissaire a fait merveille. Les bonnes relations tissées avec les gouvernements et les parlementaires nationaux des Vingt-Sept constamment tenus au courant de l’évolution des pourparlers lui ont permis de s’imposer dans son propre camp. « Michel Barnier n’est ni l’ami ni l’ennemi des Britanniques, c’est un Européen convaincu qui regrette le Brexit. Il comprend les sujets et leur complexité », dit un haut fonctionnaire européen qui le connaît bien.

Mais au-delà des éloges, l’homme n’a rien du génie de la haute diplomatie tant vanté par les correspondants des journaux des Vingt-Sept à Bruxelles déterminés eux aussi à faire payer son infidélité au Royaume-Uni. Il ne faut pas être un Kissinger de haut vol quand on a toutes les cartes de la négociation entre les mains. En effet, alors que les pays membres étalent en temps normal leurs divisions, la vieille Europe pour une fois a fait bloc comme un seul homme derrière lui sur le dossier du Brexit.

La patrie européenne est en danger ! Les Européens se rangent immédiatement en ordre de bataille. Le Conseil, la Commission et le Parlement européen donnent l’impression de travailler en totale symbiose. La ligne est claire : l’intégrité du marché unique et l’indivisibilité des quatre libertés – libre circulation des personnes, marchandises, capitaux et services – ne sont pas négociables. Ni Europe à la carte ni concurrence déloyale : tels sont les deux mots d’ordre intangibles.

Les soutiens traditionnels de Londres au sein de l’UE, à l’instar des pays de l’Est, de la Scandinavie ou des Pays-Bas, se sont alignés sur la position dure franco-allemande. La montée des populistes eurosceptiques a également poussé Bruxelles à la fermeté. Il n’est pas question d’offrir des cadeaux au Royaume-Uni en vue de décourager d’autres aspirants potentiels à la sortie. Un pays en dehors de l’Union européenne ne peut pas disposer d’un statut équivalent, voire meilleur, à celui d’un pays membre.

Résultat, dès le départ, les Britanniques ont été confrontés à un mur. L’Union européenne a également bénéficié de sa maîtrise du temps alors que Theresa May était pressée d’en finir avec le Brexit pour lancer ses ambitieuses réformes de politique intérieure.

Cette unité est d’autant plus ancrée dans les chancelleries des Vingt-Sept qu’au fil des années, les Européens n’ont eu de cesse d’accommoder les innombrables exigences britanniques. Pour ne prendre qu’un exemple, dans le domaine économique, l’idéologie libérale venue d’outre-Manche est devenue la pensée unique alors que les pères fondateurs étaient partisans de l’intervention étatique, du protectionnisme et de la politique industrielle.

[…] Mais si la Commission n’est pas porteuse de tous les péchés de l’Europe, ses dysfonctionnements – népotisme, manque de transparence, impunité – doivent être montrés du doigt.

Aujourd’hui, je partage le sentiment d’une majorité de Britanniques que l’Europe à vingt-huit n’était pas viable à long terme. […]

Autre dysfonctionnement, le marché unique défendu sans lâcher-prise par les Vingt-Sept dans leur foire d’empoigne avec Londres. C’est un leurre. Il ne s’agit pas d’un marché de 500 millions de consommateurs mais d’une juxtaposition de marchés de 50 à 60 millions de consommateurs. […]

Sur le papier, le Royaume-Uni souffre de deux handicaps substantiels. Tout d’abord, le marché britannique représente 10 % des exportations des Vingt-Sept alors que ces derniers pèsent 45 % des ventes d’Albion à l’étranger. […]

Ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (2005-2013), Pascal Lamy souligne la difficulté de négocier de nouveaux accords commerciaux séparés. « En apparence, la tâche est plus facile quand on est seul qu’à vingt-huit. En réalité, aucun pays ne va donner au Royaume-Uni, qui dispose d’un marché de quelque 60 millions de consommateurs, les mêmes avantages qu’à l’UE qui en a presque dix fois plus. En matière d’échanges, ce qui compte, c’est la taille », affirme celui qui préside aujourd’hui la Fondation Jacques-Delors.

À court terme, Pascal Lamy a raison. Mais à long terme, il a tort.

[…] À court terme, le Royaume-Uni souffrira. Mais dans l’avenir, il sera libre de se forger un nouveau destin, à la fois plus britannique et plus planétaire.

Un paradis fiscal aux portes de l’Europe

Qu’importe la perte, provoquée par la sortie du marché unique, du « passeport financier européen » autorisant une institution financière installée dans un pays membre à vendre des produits financiers à travers toute l’UE ! Les combines permettant de court-circuiter l’interdit des Vingt-Sept foisonnent. […] De plus, le « bain de sang » que prédisaient quelques esprits chagrins après le référendum du 23 juin 2016 ne s’est pas produit. Les délocalisations attendues d’effectifs bancaires européens de Londres vers Paris, Francfort, Dublin ou Amsterdam n’ont pas eu lieu. La perspective du Brexit n’a pas fait fuir du royaume, avec bagages et bas de laine, les expatriés de la City pour demander asile sous des cieux censés être plus cléments. Paris ou Francfort, les deux cités financières théoriquement en pole position pour exploiter le départ du Royaume-Uni, n’ont pas écorné la suprématie du poumon financier de l’Europe. Ubi bene, ibi patria.

[…] Une chose est claire, le largage des amarres permettra à Londres de décupler ses atouts traditionnels que sont l’avantage des fuseaux horaires, la langue anglaise, le droit coutumier ainsi que le savoir-faire en ingénierie financière. « La première place financière européenne est tout bonnement incontournable, explique Miles Celic, directeur général du lobby TheCityUK […] ».

Bien sûr, Bruxelles répète à l’envi qu’après le Brexit, le Royaume-Uni sera contraint de respecter la législation bancaire européenne. L’Union européenne s’est engagée à torpiller toute tentative de créer un paradis sauvage aux portes de l’Europe. Si la City veut conserver sa position de poumon financier de la zone euro après 2020, elle devra passer sous les fourches caudines des diktats européens. Sinon, ce sera la guerre.

L’économie du savoir est anglaise

L’argumentaire est imparable. Brexit ou pas, les meilleures parmi les 130 universités que compte le Royaume-Uni continueront à truster les premières places des classements internationaux.

Les faits sont têtus. Trois établissements (Cambridge, Oxford, Imperial College) figurent dans le dernier top 10 de l’incontournable index Shanghai des plus prestigieuses universités mondiales et vingt dans le top 100. La première française, Paris-VI, est quarantième, la première allemande est juste derrière, et le numéro un belge est à la 69ème place de ce classement qui fait référence.

Il en est de même des business schools (1). Le Royaume-Uni a placé six écoles de commerce parmi les vingt plus réputées en Europe. Aussi, malgré le coût élevé de la vie, Londres peut se targuer d’être la ville étudiante la plus attirante du monde devant Tokyo, Melbourne, Montréal et Paris (2). […]

Brexit avec croissance

A moyen terme, la sixième économie du monde en 2018 devrait même en profiter. C’est en tout cas ce qu’affirme Lord King. L’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre entre 2003 et 2013 est une intelligence aiguë qui a l’art de peser ses mots et ne s’abandonne jamais aux grandes démonstrations ou aux idées déconcertantes.

L’ex-banquier central défend le Brexit sans états d’âme : « Personne ne prétend que ce sera rose, mais en même temps ce ne sera pas la fin du monde. La sortie va créer des opportunités réelles que nous devrons saisir. Le Royaume-Uni pourrait être dans une meilleure position hors de l’UE qu’à l’intérieur. »

Lord King était un oiseau rare dans la campagne référendaire dans la mesure où il s’était ouvertement prononcé en faveur du mouvement leave. Son successeur à la tête de l’institut d’émission, Mike Carney, s’était, pour sa part, joint aux milieux d’affaires et à l’immense majorité des économistes comme aux banques de la City pour brandir les graves menaces économiques qu’aurait constituées un vote en faveur du départ.

Les remainers étaient formels. Les sujets de la Reine seraient plus pauvres, leurs salaires chuteraient, les prix s’envoleraient dans les supermarchés et le marché immobilier s’effondrerait, avec le spectre d’une récession à la clé.

Le Project Fear, le « projet Peur », mis au point par le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, était destiné à effrayer l’électorat. Le grand argentier avait sans cesse agité la menace d’une catastrophe si les électeurs votaient en faveur de la rupture avec le projet européen. Il ne manquait pas une occasion de dire que les entreprises britanniques, les agriculteurs, les services de sécurité perdraient en cas de Brexit.

De leur côté, comme ils ne croyaient pas la victoire possible, les brexiters n’avaient pas jugé bon de développer un argumentaire économique pour répondre à tous ceux qui prédisaient l’apocalypse.

Devant les cris d’orfraie des économistes, le coprésident du camp du leave, Michael Gove, s’était contenté de proclamer que « le peuple britannique en a ras-le-bol des experts ». Dans le climat populiste de la consultation, Gove avait fait mouche, comme l’explique Paul Romer, ancien chef économiste de la Banque mondiale : « Le Brexit a été un vote contre l’avis des économistes… Les électeurs ont réagi négativement en percevant leur hypocrisie. Ils se comportaient comme des militants tout en invoquant l’autorité scientifique. »

« Le Brexit n’offre aucun avantage sur le plan économique », affirme aujourd’hui, sur un ton péremptoire, Paul Johnson, directeur de l’Institute for Fiscal Studies, un centre de recherche indépendant qui évalue les politiques publiques sur les effets d’une sortie conjuguée du marché unique et de l’union douanière.

Quoi qu’en disent les oiseaux de mauvais augure, l’économie britannique a bien résisté au choc de la rupture future avec l’UE, même si le Brexit a déjà coûté quelque 1 000 euros par foyer sur deux ans, à en croire la Banque d’Angleterre.

En dépit de l’affaiblissement de l’activité, le cataclysme ne s’est pas produit. Au contraire, l’économie britannique s’est montrée plus résiliente que prévu.

Certes, un léger ralentissement de la conjoncture est à l’ordre du jour. La croissance annuelle est légèrement inférieure à l’activité escomptée avant le vote. Il n’en demeure pas moins que si le Royaume-Uni est tombé de la première place du podium des pays du G7 (3) à la dernière en termes de croissance, l’activité est restée positive trimestre après trimestre. La consommation des ménages a bien résisté. Quant à l’immobilier, bon indicateur de l’activité économique, il n’a pas été vraiment affecté en raison de la persistance de l’écart entre la demande et l’offre de logements, surtout dans la capitale et les grandes villes. Les primo-accédants ont toujours autant de difficultés à devenir propriétaires. Et l’arrêt de la spéculation folle des années ayant précédé le référendum a été une bonne chose.

La faiblesse de la livre sterling depuis le verdict des urnes a favorisé les exportations sans provoquer de flambée inflationniste due au renchérissement des importations. La dépréciation de la devise nationale a tout naturellement dopé les ventes à l’étranger des entreprises qui ont su tirer profit d’une conjoncture mondiale meilleure qu’anticipé.

La progression du salaire moyen a été moins forte que prévu mais constante. Le pouvoir d’achat a évolué pianissimo.

Par ailleurs, le Royaume-Uni est avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne l’un des rares pays européens pouvant se targuer de connaître le plein-emploi. En dépit du Brexit, la flexibilité du marché du travail, la réduction du pouvoir syndical et la refonte des aides sociales en vue de favoriser le retour des sans-emploi au travail ont permis de garantir un taux de chômage nul en termes réels.

Même la productivité, le point noir de l’économie britannique, s’est améliorée. « Même s’ils sont précaires, l’économie britannique sait créer des emplois non ou peu qualifiés facilement accessibles aux jeunes », reconnaît John Springford, directeur de recherche économique auprès du Centre for European Reform, un think tank europhile.

Le déficit budgétaire s’est contracté. Le Royaume-Uni est parvenu à ralentir le ratio de sa dette en pourcentage du PIB, ce qui était impératif. Les finances publiques s’améliorent d’année en année, une embellie mesurée par le déficit budgétaire le plus bas depuis dix ans. La baisse est due à la poursuite, mais sur un mode moins draconien, de la politique d’austérité.

Même si elle sera réduite par les compensations de la perte des fonds structurels de l’UE, l’économie faite sur la contribution nette permettra de neutraliser, en partie, l’effet de la diminution attendue des rentrées fiscales. La baisse de l’impôt, notamment sur les sociétés, doit permettre au Royaume-Uni d’attirer des multinationales et des grosses fortunes.

N’en déplaise aux critiques, je suis un libéral qui a toujours respecté la libre entreprise. Mais même si, depuis la crise financière de 2008, je suis un « libéral qui doute », un prosélyte du capitalisme qui s’interroge, la philosophie des brexiters n’a rien d’absurde, contrairement à ce qu’affirme le camp d’en face. 

Le Brexit va réussir, Marc Roche - © Editions Albin Michel, 2018

1. CFT Business Education, 4 décembre 2017.

2. QS World Education Rankings 2018.

3. Le G7 est le groupe de discussion et de partenariat économique regroupant en fait les huit plus grandes puissances économiques du monde : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada. La Russie est suspendue depuis 2014.

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