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Démocratie et Gilets jaunes

Par Pierre Rigoulot, Essayiste

On ne va pas décrire ici la situation, les blocages, les manifestations, les violences. Chacun a pu les suivre ou les vivre ces derniers jours. Attachons-nous plutôt à ce qu’ils disent, ces Gilets jaunes, même si ce n’est pas très facile car jusqu’ici, leurs messages ont été pour le moins divers, voire contradictoires.

Il est vrai aussi que les Gilets jaunes ne sont pas seuls fautifs : bien des observateurs ont perturbé les possibilités de dialogue en fabriquant une image discutable des manifestants : à côté de ces agneaux pacifiques, de ces énonciateurs de la vérité sociale et politique que seraient les Gilets jaunes, rodent les vilains casseurs, leur image inversée. La réalité n’est pas si simple. En fait parmi ceux qui manifestent toutes le nuances sont représentées : on rencontre des Gilets jaunes pacifiques et d’autres très énervés. Même parmi les casseurs, il est des politiques à la pensée métonymique qui croient affaiblir le capitalisme en vandalisant un de ses rouages, une banque par exemple, et de petits voleurs - j’en ai vu : j’y étais - plus ou moins shootés ou alcoolisés aux alentours de la rue de Tilsit et de l’avenue Kléber.

On est surpris aussi de la prégnance de vieux mythes accordant au « peuple », la justesse d’analyse qui manque à un Président qui ne connaît pas la souffrance des pauvres et qui ne sait pas ce qu’est une fin de mois difficile. Jusqu’à l’écoeurement, chacun va répétant que le Président est coupé du « Peuple », qu’il ne vit pas les mêmes choses que lui. D’où ce slogan badigeonné rue de La Boétie : « Nous voulons un président des pauvres ! ». Pensée bien limitée en fait. Comme s’il fallait que le médecin ait eu la coqueluche ou la grippe pour les soigner chez d’autres !

Pour y voir plus clair, laissons de côté les naïfs qui luttent « pour la liberté, la paix et l’amour ». Ceux-là me rappellent 1968, un autre mouvement où l’on rêvait aussi de presque tout mais certainement pas du bon fonctionnement de la démocratie.

Laissons de côté aussi les timides, qui depuis le début répètent souhaiter, sans pousser le bouchon plus loin, qu’on revoie la question des taxes sur les carburants. Ils sont désormais peu nombreux.

Laissons enfin les gentils bêtas qui « n’en peuvent plus de rouler à 80 km à l’heure » sur les petites routes.

Pour la grande majorité des Gilets jaunes, on n’en est plus là.

On en est parfois à accepter de dialoguer avec les autorités. On en est plus souvent à menacer ceux qui veulent bien rencontrer un Ministre, à demander la démission d’Emmanuel Macron et à exiger la dissolution de l’Assemblée nationale.

« A la télé » enfin, on en est à exhiber sa feuille de paie – triste, il est vrai - pour expliquer, hyperbolique, qu’on « ne vit plus » et que le « Président des riches » est la cause assurée de cette mort annoncée.

Voilà l’inquiétant ! Réclamer la démission d’un président pour lequel le pays a voté il y a 18 mois ou la dissolution d’une Chambre élue peu après, c’est rejeter l’ordre républicain, c’est mépriser le suffrage universel et ses modalités légales. C’est vouloir imposer la logique de la rue et des affrontements. Ce n’est pas acceptable, n’en déplaise aux vaincus du premier ou du second tour de cette élection qui rêvent d’un troisième tour…

C’est une démarche d’impatience, une démarche de gens qui ignorent les règles minimales du fonctionnement démocratique. C’est la foule, non le Peuple, qui s’exprime là ; une foule qui manifeste sa colère, sans prendre la mesure de sa responsabilité dans la réussite ou l’échec de projets nationaux. L’expression du Peuple implique la conscience des biens précieux qu’il porte en lui : les droits qu’il a dans la collectivité nationale mais aussi les devoirs qu’il a envers celle-ci. La foule, elle, n’a pas de devoirs. Elle croit au contraire qu’on lui doit tout et qu’elle peut tout prendre puisqu’on lui a soi-disant tout pris.

Elle demande donc. Puis très vite : elle menace et exige. Et si tu ne t’exécutes pas, je bloque, j’abime, je casse. La bourse ou la vie, en somme, version 2018.

Ah ! Les braves gens !...

J’entends les ricanements : je parle de « foule » seulement, mais 80 % des Français approuvent ce mouvement... pour le moins populaire. Sans doute l’est-il, quantitativement. En France, tout un chacun trouve qu’il paie trop d’impôts et de taxes, depuis ceux d’en bas jusqu’à ceux d’en haut qui, comme Gérard Depardieu, s’expatrient pour y échapper.

Mais tout un chacun trouve aussi que l’État doit dépenser plus dans les services publics ou pour protéger l’environnement. Tout le monde en a en effet besoin. Oui, tout le monde, car même s’ils jouent les victimes incomparables, les Gilets jaunes partagent leurs difficultés avec bien d’autres – y compris ceux, un peu plus riches qu’eux, qui paient de lourds impôts et y regardent eux aussi au moins à deux fois avant de changer de voiture ou de réparer leur chaudière. Les taxes que tous subissent et les impôts sur le revenu qui frappent une moitié des Français, servent effectivement à aider l’autre moitié, et à construire des écoles, des universités et des hôpitaux qui permettent à tous de vivre mieux et plus longtemps. L’impôt et les taxes servent à soutenir ceux qui espèrent plus. Au lieu de l’admettre, les Gilets jaunes cherchent un bouc émissaire à leurs difficultés.

Et le trouvent, évidemment. C’est le Président élu.

Pas question pour eux de se serrer la ceinture quelques temps. De rouler un peu moins vite pour consommer moins de carburant ou de pratiquer un peu plus le co-voiturage. Ils préfèrent se juger abandonnés, voire méprisés, eux qui veulent tout et tout de suite (on demandait déjà cela en mai 68). Pas question d’apporter par un travail et des efforts accrus des richesses supplémentaires au pays pour qu’il s’en sorte. On préfère évidemment donner moins et recevoir plus.

Solution simpliste et impossible.

Je n’ai pas seulement honte comme Emmanuel Macron, du spectacle donné par des vandales mettant le feu à des engins de chantier, frappant des policiers, taguant l’Arc de Triomphe ou brisant des abris - bus. J’ai honte de la bonne conscience avec laquelle on ignore les lois, on entrave la liberté d’autrui et on nuit à la santé économique du pays.

Ces grandes manifestations offrent un autre avantage. Je croyais, moi aussi, en mai 1968 qu’on survivait dans une société invivable qu’il fallait renverser au plus vite. Et je me souviens aussi du souffle de liberté qu’on pouvait éprouver à faire ce qu’on voulait. Occuper hier le boulevard Saint-Michel. Bloquer aujourd’hui les Champs-Elysées, une autoroute ou un rond-point et y défier l’autorité, voilà qui donne, le temps d’un soir, l’impression de vivre en grand, et libre. Comme l’écrivait récemment Jacques Julliard dans Le Figaro du 3 décembre, « le mouvement des gilets jaunes, pour beaucoup de gens qui n’avaient jamais manifesté de leur vie, restera une parenthèse dans la monotonie des jours » …Mais nul besoin de se donner comme prétexte qu’on est méprisé ou qu’« on ne peut plus vivre » - alors qu’on constate en fait qu’après les dépenses fixes, il n’est pas possible de faire des économies ! C’est très ennuyeux, c’est vrai mais contrairement à l’inflation verbale dont on aime user avec la meilleure conscience du monde, ce n’est pas cela être dépouillé de tout.

La situation n’est pas pire que ce qu’elle était il y a 3 ou 4 ans ; le pouvoir d’achat a même bien progressé depuis la mise en place de l’euro il y a une vingtaine d’années. L’espérance de vie a de son côté progressé de deux ans pendant la dernière décennie.

Certes, ce qui compte, comme à la météo, c’est souvent moins la réalité que le ressenti. Et face à cette « souffrance » ressentie et à cette « colère » manifestée, le rôle de nos hommes politiques est capital. Il y a ceux qui soufflent la haine et qui incitent à violer les règles. Ils mettent en danger notre bien le plus précieux : l’État de droit au service de nos libertés. Quiconque a entendu François Ruffin devant L’Elysée ou lu sa lettre haineuse à Emmanuel Macron, sait de quoi je parle.

Dans ce genre de crise, nos dirigeants politiques et leurs opposants loyaux ont aussi leurs responsabilités. Eux doivent dire, quand la société civile exprime, même maladroitement, même dangereusement, les problèmes et les sentiments de ceux qui ne votent même plus : « Trouvons des solutions ensemble mais ne touchez pas au système démocratique ! ». L’expression des doléances de la société civile à l’Etat est évidemment légitime mais sa dimension insurrectionnelle et populiste peut faire courir un sérieux danger à la démocratie si les responsables politiques se couchent devant elle.

Le « dégagisme » colérique, perceptible chez de nombreux Gilets jaunes qui s’en prennent aux institutions de la République et à la légitimité démocratique n’indigne pas assez. Il m’indigne, moi, même si je reconnais que l’État-providence à l’ancienne ne maintient plus la cohésion sociale. Et qu’il faut réinventer l’exercice de la démocratie, sans détruire celle-ci, et lui trouver de nouvelles modalités – ce qui ne passe certainement pas par une « Assemblée dite citoyenne » qui, inévitablement, délégitimerait celle pour laquelle nous avons votée, mais par un débat national sur les changements qu’impliquent le développement des nouvelles technologies et l’expression du point de vue de chacun à tout propos. Comme le disait récemment Jean Kaspar, un ancien dirigeant de la CFDT, « ces évolutions bousculent et transforment en profondeur le rapport entre les personnes, entre les acteurs traditionnels (gouvernants, partis politiques, organisations syndicales, institutions nationales ou locales). Elles re-questionnent la conception de l’emploi, des qualifications, la nature de la formation, les systèmes de protection et les règles du vivre ensemble. »

Certes, c’est de tout cela qu’il faut discuter, sans oublier que les corps intermédiaires n’ont pas été associés aux décisions politiques parce que, précisément, ils n’existent plus ou si peu qu’il sont devenus souvent pour des militants extrémistes des lieux pour rêver d’en découdre avec le « pouvoir » en bénéficiant du nom d’un ex-grand syndicat.

Mais les solutions ne seront pas trouvées rapidement. Plusieurs semaines, voire plusieurs mois seront nécessaires, et encore : à condition d’établir un climat de confiance qui n’existe pas encore. On ne peut exclure la possibilité d’un échec. Certains l’espèrent d’ailleurs, au nom du mirage « révolutionnaire »