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Les objets connectés, un autre son de cloche

Nombreux sont ceux qui expliquent à longueur de journée que les objets connectés vont révolutionner notre quotidien. Pourtant, le succès tant vanté n’est semble-t-il pas encore au rendez-vous.

Présentés comme la troisième révolution numérique, après Internet et le mobile, les objets connectés patinent légèrement. Si les chiffres avancés par différents organismes laissent entrevoir de belles promesses de développement du marché – GFK parle de 30 objets connectés par foyer d’ici à 2020 -, le grand public n’est pourtant pas encore totalement acquis à la cause. L’offre toujours plus grande et des possibilités d’usages multipliés n’y suffisent pas.

Les Français sont ainsi encore nombreux à trouver que les objets connectés ne sont que des « gadgets » dont l’utilité reste à démontrer. « Ces gadgets que l’on considérait autrefois comme « the next big thing », n’ont pas connu le succès espéré par le secteur » constate d’ailleurs Kantar Worldpanel ComTech. Ainsi, la montre connectée qui a longtemps été présentée comme le produit phare des objets connectés après un succès d’estime lors de son arrivée sur le marché voit ses ventes stagner. On parle de quelque 740 000 montres vendues en France sur les 9 premiers mois de l’année 2016. Au 4ème trimestre 2016 aux Etats-Unis, les montres connectées représentaient tout juste 35 % des wearables (vêtements et accessoires intelligents) achetés contre 40 % trois mois plus tôt indique Kantar. Le taux de pénétration en France des accessoires intelligents est de 3,8 %. En Europe, seuls 12,1 % des consommateurs prévoient d’acheter un wearable en 2017 (Kantar). En France, Darty et la Fnac ont revu leurs ambitions à la baisse : Fini l’espace dédié, les objets connectés sont maintenant disséminés dans les différents rayons.

Au-delà d’une valeur d’usage qui reste encore sujette à débat, l’une des premières raisons de ce manque d’intérêt est sans conteste le prix, souvent prohibitif pour un produit qui ne répond souvent pas à un besoin évident. Les Français sont encore peu nombreux à choisir de dépenser plus cher pour avoir un frigidaire connecté qui vous alertera quand vos produits seront périmés. Le rapport coût/services rendus n’est pas forcément évident pour nombre de Français.

Enfin, il apparaît que la sécurité des objets connectés devient de plus en plus problématique et représente un frein important à l’acte d’achat. Faut-il s’inquiéter de ces objets qui captent des données personnelles, des images, des vidéos sans consentement explicite ? Oui, sans aucun doute. En 2014, une étude HP estimait que 80 % des objets connectés présentaient d’importantes failles de sécurité. Des failles qu’il fallait attribuer à un manque d’intérêt pour ces questions. Si cela a changé depuis, les progrès réalisés ne sont pas encore suffisants assurent nombre d’experts. 

 

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