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Quand Vienne rend hommage à François-Joseph

Après un long règne, l’empereur François-Joseph s’éteint au château de Schönbrunn le 21 novembre 1916. Cent ans après, Vienne, à travers plusieurs expositions, se souvient de ce souverain qui a marqué les esprits et l’histoire de son empire.

“Me réveiller à 4 heures, je n’ai pas encore complètement fini mon travail”. Ce sont les dernières paroles de l’empereur rapportées par son majordome. Le 21 novembre 1916, L’empereur François Joseph s’éteint après 68 années passées à la tête de l’empire d’Autriche-Hongrie. Né en 1830, monté sur le trône en 1848, à la suite de l’abdication de son oncle Ferdinand 1er, poussé dehors par la révolution, François-Joseph est l’héritier des Habsbourg, une dynastie vieille de 600 ans ; il est aussi le petit-fils de François 1er, ennemi intime (et beau-père) de Napoléon 1er. Au cours de son règne, François-Joseph croisera la route de pas moins de 150 souverains européens et devra affronter les soubresauts de l’histoire, comme la rébellion en Lombardie, la guerre perdue contre Napoléon III (Solferino) et surtout les débuts de la Première Guerre mondiale dont il sera accusé d’en être à l’origine. Il ne sera pas non plus épargné par les drames familiaux, exécution de son frère Maximilien, éphémère empereur du Mexique, suicide de son fils unique Rodolphe, assassinats de sa chère Sissi, de François-Ferdinand et de sa femme à Sarajevo. Pour maintenir son empire, François-Joseph ne tremble pas. Il impose un régime autoritaire tout en répondant aux aspirations libérales de ses peuples. Sous son règne, Vienne se transforme en une métropole moderne. Il ordonne la destruction de la vieille enceinte qui cercle la ville et qui l’a protégée contre les Ottomans en 1529 et 1683. Une nouvelle artère est née, la Ringstrass, inaugurée en 1865. De nombreux et nouveaux édifices sortent de terre : l’Opéra, l’Hôtel de Ville, le Parlement, des musées… « François-Joseph incarne un pan de l’Histoire de l’Europe, de l’Histoire de l’Autriche et de lHistoire de Vienne. Son nom est un mythe historique, culturel et cinématographique » écrit l’historien Jean Sévillia (Le Figaro).

Pour le centenaire de sa mort, Vienne a organisé une année François-Joseph. Pas moins de cinq grandes expositions lui rendent hommage. Au Château de Schônbrunn vous découvrirez « l’homme et le souverain » à travers son histoire, celle de sa dynastie, de sa famille. Au Musée des Carrosses impériaux, c’’est « Représentation et simplicité » avec les carrosses et les habits qui montrent les aspects fastueux de la Cour comme la simplicité dans sa vie personnelle. A voir tout particulièrement le carrosse impérial et le corbillard. Avec « Fête et quotidien », le Hofmobiliendepot (Musée du meuble) montre les fêtes somptueuses à la Cour, les anniversaires impériaux et le quotidien personnel du monarque. Une quatrième exposition « Chasse et temps libre », au Château Niederweiden (Basse-Autriche) est dédiée au passe-temps favori de l’empereur, la chasse. C’est aussi l’occasion de voir un François-Joseph plus intimiste. Enfin, la Bibliothèque nationale, à la Hofburg dévoile des photos, des dessins de l’empereur et des lettres inédites (lettres d’adieu de Mary Vetseras, la maîtresse de l’archiduc Rodolphe, qui se suicidera avec lui).

Cent ans après la mort de François-Joseph, le mythe perdure. Dans la crypte des Capucins où il est enterré, son cercueil est depuis, toujours fleuri. 

 

En savoir plus : www.franzjoseph2016.at

 

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