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Red Bull : la taxe qui fait pschitt

Votée fin 2013, la « taxe Red Bull » devait rapporter autour de 60 millions d’euros. Ce seront finalement 3 millions sur l’année 2014 que les services de Bercy auront encaissés. Vive déconvenue.

Fin 2012, le gouvernement décide de taxer les boissons énergisantes fortes en caféine et/ou taurine, et distribuées par Red Bull, Monster ou Burn, au motif qu’elles favoriseraient l’ivresse des jeunes en étant mélangées à des boissons alcoolisées tout en masquant leur effet. Votée fin 2012, la loi, dont le rapporteur était le député socialiste et médecin Gérard Bapt, instaure une taxe de 50 euros par hectolitre sur les boissons contenant au moins 0,22 g de caféine ou 0,30 g de taurine par litre. Cette nouvelle taxe devait selon les estimations rapporter près de 65 millions d’euros par an. Mais c’était sans compter le Conseil constitutionnel qui décidait de censurer le texte jugeant que rien ne prouvait que ces boissons non alcoolisées puissent pousser à une surconsommation d’alcool. Ni une, ni deux, le Gouvernement revenait à la charge en 2013 avec une nouvelle mouture de la loi qui passait la taxe à 100 euros par hectolitre, soit 1 euro par litre ou 25 centimes pour une canette de 25 centilitres. Et pour ce nouveau texte, le Ministère de la Santé ne basait plus son argumentaire sur la lutte contre la surconsommation d’alcool mais plutôt sur la lutte contre les effets néfastes de la caféine ou de la taurine sur la santé. Cette fois-ci le Conseil constitutionnel n’y voyait rien à redire. La loi était adoptée en 2014. Bercy se frottait déjà les mains. Mais en lieu et place des 65 millions d’euros de rentrée fiscale tant attendus, ce ne sont finalement que 3 millions qui ont été récoltés. La raison en est toute simple, les canettes Red Bull n’ont jamais pu être taxées, Red Bull s’étant adapté à la nouvelle législation française en déplaçant ses stocks vers d’autres pays moins regardants et en fournissant à la France des boissons ne contenant que… 0,21 g de caféine, soit 0,01 g de moins que le seuil taxable.

Ainsi donc, si la « taxe Red Bull » est « un échec sur le plan de la rentabilité financière, c’est un succès pour la santé publique » s’est tout de même réjouit Gérard Bapt, les fabricants des energy drinks ayant baissé leur taux de caféine dans leur production française. 

 

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