“Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen” s’est exprimé Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat et chef des armées a notamment présenté la « mise en place progressive d’une dissuasion avancée » sur le continent européen. L’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark « ont accepté » d’y participer. Ces partenaires pourront accueillir sur leur sol des éléments de nos forces aériennes stratégiques, qui, « à la manière d’un archipel de forces, compliquera le calcul [des] adversaires et donnera à cette dissuasion avancée beaucoup de valeur (…). Elle renforcera [la] défense [des forces alliées] en lui accordant du champ ». La coopération sera encore plus étroite avec le Royaume-Uni et l’Allemagne qui participeront aux exercices nucléaires français notamment. Cette coopération « viendra compléter, et non remplacer » la dissuasion nucléaire de l’OTAN a précisé le président. Pour autant, la dissuasion demeure « un intangible français ». Il n’y aura pas « de partage de la définition des intérêts vitaux, qui restera d’appréciation souveraine pour notre pays » a rappelé le chef de l’Etat assurant également que « la chaîne de commandement est d’une clarté totale et la décision ultime » de déclencher le feu nucléaire « revient au seul président de la République ».
Face aux risques, Emmanuel Macron juge aussi « indispensable » un « rehaussement de notre arsenal » nucléaire. Une vision que se concrétisera par la mise à l’eau d’un nouveau sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE), « L’Invincible » en 2036. Est aussi ordonnée l’augmentation du nombre de têtes nucléaires de notre arsenal (290 aujourd’hui). « Nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire, contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé » a ajouté le Chef des armées. ■
Le coût de l’augmentation du nombre de têtes nucléaires sera financé par le budget supplémentaire prévu dans le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), « ce qu’on appelle une surmarche, c’est-à-dire une augmentation de budget sur le sujet puisque le président de la République a souhaité que nous renouvelions des têtes » a précisé Catherine Vautrin sur France Inter au lendemain de la déclaration du président. La dissuasion nucléaire représente actuellement « 13 % du budget de la défense » qui s’élève à 57,1 milliards d’euros en 2026 a ajouté la ministre des armées. Le projet d’actualisation de la LPM prévoit d’ajouter 36 milliards d’euros aux 413 milliards déjà prévus sur la période 2024-2030.
