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Espaces “No kids” : une proposition de loi

A la suite de la polémique autour de la classe business de la SNCF interdite aux enfants de moins de 12 ans, la députée Liot Constance de Pélichy a déposé une proposition de loi contre les espaces réservés aux adultes*.

Quelle histoire ! La SNCF n’aurait jamais imaginé devoir à faire face à une telle bronca en dégainant son offre commerciale de classe Optimum interdite aux enfants. Et son rétropédalage (interdite seulement aux enfants de moins de 12 ans) n’a pas été jugé convaincant par la députée Liot Constance de Pélichy qui voit dans l’interdiction d’accès à certains espaces et lieux aux enfants bien plus qu’une faute de communication un vrai sujet de société. « Ce n’est pas un sujet SNCF, ce n’est pas un sujet technique. C’est un sujet de société » explique-t-elle. « Dire C’est interdit, c’est pointer du doigt une partie de la population et dire : par définition, ils vont nous gêner. Ce n’est pas juste. Et ce n’est pas vrai ». Alors que la France connaît depuis plusieurs années une baisse continue de la natalité, marquée par un recul du nombre de naissances et un taux de fécondité au plus bas, depuis la Seconde guerre mondiale, « ce phénomène, désormais structurel, interroge profondément notre modèle social, notre rapport aux familles et, plus largement, notre capacité collective à intégrer les enfants dans notre société » écrit-elle. « Dans ce contexte, il apparaît essentiel d’envoyer un signal clair : une société qui accueille les enfants est une société qui se donne les moyens de durer. Les enfants ne constituent ni une contrainte ni un désordre à gérer, mais une source de vie, de lien social et de vitalité. Ils participent pleinement à l’animation des espaces publics, à la transmission entre générations et à la construction du vivre ensemble » insiste cette mère de deux enfants (1). Pourtant, la députée et d’autres avec elle observent que la tendance « No kids » tend à s’installer, à infuser « en dehors de toute justification objective liée à leur sécurité ou à leur protection ». Or, poursuit-elle « ces exclusions, même ponctuelles ou marginales, contribuent à installer l’idée que la présence des enfants serait indésirable, voire problématique. Une telle évolution va à l’encontre des valeurs de la République et du principe d’égalité » s’emporte l’ex-maire de La Ferté-Saint-Aubin.

C’est ce constat (colère ?) qui a déterminé le dépôt de cette proposition de loi*. Elle vise notamment « à clarifier le droit en reconnaissant explicitement l’exclusion de mineurs dans les lieux de vie, dans l’espace public, dans les espaces commerciaux ou dans les transports comme un motif de discrimination, afin de garantir aux enfants un accès égal aux espaces de la vie collective ». Le second objectif de ce dépôt est de demander au Gouvernement la remise d’un rapport afin d’évaluer la loi notamment les mesures prises pour favoriser l’accueil des enfants, l’efficacité des politiques publiques existantes ainsi que les actions à mener pour promouvoir une culture positive de l’accueil des enfants dans l’ensemble des espaces sociaux, culturels et économiques. « Face à la dénatalité croissante, il apparaît nécessaire d’inverser les représentations et de réaffirmer que les enfants apportent de la vie à la vie. Car une société sans enfants est une société sans avenir. Accueillir les enfants, les rendre visibles et pleinement légitimes dans l’espace social, c’est faire le choix de la continuité, de la confiance et de l’avenir » conclut la députée. 


*Proposition de loi n°2441 visant à promouvoir une société accueillante pour les enfants

(1) Constance de Pélichy demande la création d’une crèche à l’Assemblée « pas pour la députée que je suis » mais « pour les 2 000 collaborateurs qui travaillent ici ».

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