“En 2026, mon souhait est que l’on puisse tirer les enseignements de ce qui s’est passé en 2025”. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a expliqué aux journalistes présents qu’elle voulait également faire de 2026, « une année d’action ».
Indiquant avoir d’ores et déjà apporté quelques modifications au fonctionnement de l’Assemblée, la présidente souhaite aller beaucoup plus loin « pour moderniser les règles qui ne sont plus adaptées à la situation qui est la nôtre : l’absence totale de majorité absolue ». En octobre dernier Yaël Braun-Pivet a notamment rappelé s’être lancée dans une réforme du règlement avec l’ensemble des groupes politiques de l’Assemblée. Elle estime d’ailleurs que sur un certains nombre de sujets techniques (organisation, rationalisation du débat, …), « il sera possible d’avancer » - de petites modifications ont déjà été adoptées -. Sur les aspects touchant aux droits des oppositions, « il faudra avoir une discussion politique ». Mais pour la présidente, « il y a des questions intéressantes qui méritent réflexion comme le champ de compétence des commissions permanentes, la taille des groupes et même les commissions d’enquête qui font débat ». « Tout le monde sait bien qu’il y a des choses à améliorer souffle-t-elle pleine d’espoir. Mais aujourd’hui, je suis incapable de vous dire si ce sera une petite, une moyenne ou une grande réforme du règlement ». Les travaux devraient s’achever fin avril pour, espère-telle, une discussion avant l’été.
Interrogée également sur la tenue du vote du budget, la présidente a dénoncé « des règles budgétaires très insatisfaisantes qui ont conduit à ce que nous avons tous assisté depuis des mois : une assemblée qui ne parle que de recettes et donc que de taxes, qui ne parle jamais de politiques publiques et de dépenses », ce qu’elle déplore. Elle a donc demandé aux présidents des commissions des finances et des affaires sociales et aux deux rapporteurs d’entamer une réflexion sur une modification de nos règles budgétaires. « Je suis convaincue que ces règles ne facilitent pas l’émergence d’un compromis. Il faut donc les modifier » a déclaré la présidente. « Ce débat budgétaire n’a donné satisfaction à personne, ni aux Français qui n’ont rien compris, ni à nous-mêmes : à chaque fois nous avons débattu avec des tombereaux d’amendements et surtout on a vu que l’on est incapables d’avoir une vision globale du budget. Ce n’est pas possible. On ne peut pas travailler comme ça » s’est agacée Yaël Braun-Pivet. La présidente esquisse alors plusieurs pistes comme la fusion entre la parti 1 et la partie 2 du budget. Nous pourrions décider aussi de dédier un temps d’examen parlementaire pour chaque partie. Une réflexion déjà menée par Éric Conquerel.
« Il y a plusieurs choses que nous pouvons donc aborder. Il ne faut rien s’interdire. Aujourd’hui tout le monde est insatisfait, il faut donc changer les choses. Et je dis on va changer. Je propose une méthode, un calendrier et des propositions de réformes » conclut optimiste la présidente de l’Assemblée. ■
