Interrogé sur le vote du budget et sur le fait de savoir si son groupe voterait les motions de censure, le patron des députés de la droite républicaine, Laurent Wauquiez s’est montré déterminé. « Il est temps que ça s’arrête. Les Français ont envie qu’on tourne la page » a-t-il commencé par expliquer. Et d’ajouter : « Dans le contexte international de danger qui est celui de la France et de menaces d’une guerre commerciale, il ne serait pas sérieux de faire tomber un gouvernement et de laisser la France sans budget. Dans cette période de menace géopolitique, la France ne peut pas être un bateau ivre sans gouvernement et sans budget et donc nous en tirerons les conséquences sur nos votes de vendredi », Son groupe ne participera donc pas à la l’éventuelle chute du gouvernement Lecornu. Pour autant ne croyez pas que ce budget soit un bon budget. « On est partis avec un budget qui était un massacre fiscal » et si la version adoptée avec le 49.3 est encore à ses yeux « imparfaite », « on revient de loin quand même » grâce notamment au travail de ses députés. « Oui c’est un budget de compromis, oui ce n’est pas un bon budget, oui c’est un budget imparfait et c’est juste le produit de ce qu’est une Assemblée nationale et un Parlement où il n’y a pas de majorité » insiste-t-il. « Pour moi, le gros point noir de ce budget est qu’il n’y a pas suffisamment d’économies par rapport à ce que je voulais et il y a trop de poids mis sur les grandes entreprises ».
Un mauvais budget donc mais pas de censure. S’adressant notamment à David Lisnard, le président de l’association des maires de France et maire de Cannes qui appelle les députés LR à voter la censure, Laurent Wauquiez s’en est agacé : « Ceux qui veulent censurer ou ne pas censurer, la meilleure façon, c’est d’avoir le courage de se présenter aux élections législatives » a-t-il lancé.
Après le budget, la présidentielle. « Je rêverai qu’il y ait candidat de droite qui soit dans la course présidentielle » promet Laurent Wauquiez. Mais « la droite n’a aucune chance de gagner s’il y a des candidats de partout » reconnait celui qui avoue même avoir mis un frein à ses ambitions personnelles pour appeler à une primaire de la « droite élargie » allant de Gérald Darmanin, Édouard Philippe à Sarah Knafo. « La droite a toujours été diverse. Mais depuis 15 ans on s’est atrophiés, racornis sur ceux qui pensent exactement comme nous ». Or, « quand on est à 5 % dans les sondages, il faut rassembler, il faut s’élargir si on veut gagner » a-t-il insisté.
Pour gagner, il faut aussi un programme. Mais un programme de droite. « Si on veut redresser le pays, il y a 2 jambes : remettre du régalien et baisser la dépense pour revaloriser le travail » pointe Laurent Wauquiez qui a présenté les différentes propositions de loi présentées lors de sa niche de jeudi qui prévoient notamment d’interdire les frères musulmans et de défendre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. « Assurer l’ordre n’est pas une valeur de droite, c’est une valeur républicaine que la gauche a abandonnée ». Il est aussi proposé de permettre aux Français qui le souhaitent de travailler le 1er mai. Laurent Wauquiez veut également en finir avec la bureaucratie administrative « qui est en train de tuer la France » et cela passe « par une résolution où on s’interdit de créer une nouvelle autorité administrative ».
Misant beaucoup sur sa niche parlementaire, le chef de file des députés de la droite républicaine déplore toutefois l’obstruction parlementaire de l’extrême gauche. « LFI n’a plus de limite dans sa volonté de chaos : plus de 350 amendements ont été déposés pour la niche de demain. LFI est la première menace pour la République française » a-t-il regretté. ■
