Print this page

Les Français restent attachés aux espèces

Selon une étude Ifop pour La Monnaie de Paris*, 83 % des Français restent très attachés aux espèces.

“Le paiement en espèces est une pratique qui reste profondément ancrée dans les usages des Français y compris depuis le déclenchement de la crise sanitaire” indique la Monnaie de Paris dans un communiqué. Selon les résultats de l’étude, ils sont en effet, 83 % à se dire « attachés » aux espèces. Un attachement qui est similaire quel que soit le profil des répondants. Ils sont d’ailleurs 91 % à déclarer qui leur arrive d’avoir recours régulièrement aux espèces. Ils sont même 70 % à déclarer les utiliser « au quotidien ». Un usage régulier qui, constate l’Ifop, n’est pas l’apanage d’une cible particulière mais qui concerne l’ensemble des profils socio-démographique. Seuls 9 % d’entre eux déclarent ne pas avoir recours aux espèces. Il apparait que le cash est alors le mode de paiement privilégié pour les transactions du quotidien (87 % les utilisent pour les paiements chez un petit commerçant, 72 % pour des achats dans un distributeur automatique) et les donations en tous genres.

Alors même que le paiement dématérialisé ne cesse de croître, et encore plus avec la pandémie, « le recours aux espèces n’est pas un choix par défaut puisque dans plus de 70 % des cas, les personnes ayant payé en espèces n’auraient pas souhaité le faire de manière dématérialisée » souligne la Monnaie de Paris.

L’attachement des Français aux espèces s’expliquent par différentes raisons qui sont tout autant d’ordre pratique que symbolique. Au nombre des avantages fonctionnels, les sondés citent l’absence de frais additionnels (95 %), la facilitation des échanges entre particuliers, « c’est direct et pratique » (94 %), son aspect « universel », « c’est accessible à tous et permet de payer en toutes circonstances » (93 %), une garantie de respect de la vie privée (92 %) et de sécurité, « pas de possibilité de se faire pirater son compte » (91 %), et « cela permet de mieux se rendre compte de ce qu’on dépense » (86 %).

Mais à lire les résultats, il apparaît clairement que l’aspect sécurité du cash est perçu comme un atout apprécié des Français. Ils sont 61 % à déclarer avoir « très confiance » dans les espèces contre 47 % pour la carte bancaire, 29 % pour les chèques et seulement 8 % par les paiements par smartphone (Applepay, Gpay, Lydia, Orange Money...).

Au-delà, la matérialité des espèces en fait un moyen de transmission de la valeur de l’argent aux plus jeunes (92 %) mais aussi d’une culture, d’un pays, d’un patrimoine et de valeurs communes (80 %). Elles ont également un rôle central pour garantir l’intérêt général face aux modes de paiement numériques qui relèvent d’intérêts privés (90 % dont 52 % de tout à fait d’accord).

Alors l’idée d’un monde sans espèces suscite, semble-t-il, plus d’inquiétudes que d’enthousiasme comprend-t-on à la lecture des résultats de l’étude Ifop, et même aussi chez les « plus férus des modes de paiement dématérialisés ». « La perte de contrôle de sa vie privée apparaît comme la première crainte des Français » note notamment l’Ifop (89 % des utilisateurs d’espèces au quotidien et 83 % des personnes qui payent très majoritairement en dématérialisé). « Les Français sont attachés au respect de la vie privée, et sont conscients que seul le paiement en espèces reste totalement confidentiel et sans commission. Une liberté essentielle à leurs yeux » analyse Patrice Galiana, directeur de Pôle Quali Ifop.

L’autre crainte est celle de vivre alors dans un monde avec « moins de solidarité entre les gens » (80 %), « moins convivial » (80 %) et « avec plus d’inégalités » (81 %).

Aussi, conscients des avantages et des inconvénients d’un monde sans espèces, plus de 80 % des Français se disent finalement inquiets de voir disparaître ce mode de paiement dans les prochaines années (87 % chez les utilisateurs au quotidien des espèces et 73 % des personnes qui payent très majoritairement en dématérialisé).

L’idée de l’Union européenne qui consisterait à supprimer les pièces de 1 et 2 euros est très mal perçue par l’ensemble des Français. A 89 %, ils estiment notamment que les prix seraient arrondis et que cela risquerait d’entraîner une augmentation des prix des produits achetés quotidiennement. Et pour 74 % d’entre eux, cela annoncerait, à terme, la suppression du reste des pièces et du paiement en espèces. Les sondés déclarent cependant que la suppression des pièces de 1 et 2 euros serait plus écologique (60 %) et que cela rendrait le quotidien plus facile (57 %).

« La liberté de choix entre les moyens de paiement demeure, plus que jamais, un pilier de la confiance dans la monnaie. L’étude montre aussi que la monnaie fiduciaire est perçue non seulement comme pratique et facile à utiliser, mais comme vecteur de lien social. Au-delà de son usage au quotidien, l’argent liquide continue à jouer un rôle dans notre société, pour la transmission entre générations, la pédagogie, et la solidarité » conclut Marc Schwartz, Président-Directeur Général de la Monnaie de Paris. 


* Étude qualitative réalisée en février 2021 sur la base de focus groups online menés les 20 et 21 janvier 2021, sur une cibles Cash addicts, une cible no cash et une cible mixeurs, avec un zoom sur la cible des petits commerçants de proximité. Étude quantitative réalisée en avril 2021 avec pour méthodologie un mode de recueil online via des sollicitations les 24 et 31 mars 2021, auprès d’un échantillon de 1001 individus âgés de 18 ans et plus, représentatif de la population nationale.

473 K2_VIEWS