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Une journée de l’agriculture !

Trois sénateurs ont déposé une proposition de résolution parlementaire visant à organiser une Journée Nationale de l’Agriculture qui précèderait le Salon de l’agriculture.

Didier Mandelli, Sénateur de la Vendée, Catherine Dumas, Sénatrice de Paris, et Sophie Primas, Sénatrice des Yvelines, Présidente de la Commission des Affaires économiques, ont déposé en mars dernier une Proposition de Résolution visant à organiser une Journée Nationale de l’Agriculture.

Et selon les 177 sénateurs cosignataires de sensibilités différentes, cette proposition « marquerait de façon forte la reconnaissance de la Nation aux agriculteurs et agricultrices, ainsi qu’à l’ensemble des professionnels du monde agricole, pour la qualité de leur travail, leur volonté de faire progresser leur modèle de production via l’innovation, l’ensemble des externalités qu’ils apportent à notre pays sur le plan alimentaire, énergétique, pharmaceutique, environnemental, sans oublier le façonnage des paysages et des territoires ».

Le texte des sénateurs rappellent à quel point le secteur agricole et agroalimentaire est une « fierté » pour notre pays qui se classe au premier rang de l’Union européenne des exportateurs agricoles. L’industrie agroalimentaire offre près de 430 000 emplois directs et plus de 2 millions d’emplois indirects, en faisant ainsi un secteur économique de premier plan pour nos concitoyens.

Pour justifier cette Journée, ils insistent aussi sur les attentes croissantes des consommateurs à l’égard de « la qualité, de la traçabilité et de la sécurité sanitaire des aliments » sans oublier de pointer « l’intérêt croissant des consommateurs pour les filières de proximité, le soutien aux producteurs français et pour l’agriculture responsable ».

Pourtant ajoutent-ils, ce secteur souffre de conditions économiques « très difficiles ». « Le monde agricole est, en effet, exposé aux fluctuations permanentes des prix des marchés mondiaux, aux aléas climatiques de plus en plus nombreux, à une concurrence intra et extra européenne de plus en plus déloyale sur le plan social et environnemental, à des négociations commerciales tendues et déflationnistes et à une évolution constante des normes sanitaires » écrivent-ils évoquant alors « le sentiment d’abandon de nombreux agriculteurs et l’urgence de reconnaître et de valoriser leurs professions ».

Avec cette proposition de résolution, les Sénateurs souhaitent promouvoir le modèle agricole et agroalimentaire français, en offrant une visibilité tant aux productions des agriculteurs qu’aux métiers et enjeux du secteur.

Cette journée nationale pour l’agriculture qui pourrait précéder le Salon de l’agriculture, permettrait finalement de mettre en valeur la spécificité et la diversité de nos territoires, de promouvoir les filières locales et de renforcer l’attractivité des métiers de l’agriculture.

Enfin, on n’est pas surpris d’apprendre que la durée de travail des agriculteurs est élevée et étalée sur tous les jours de la semaine. Ainsi, la très grande majorité des agriculteurs travaillent le week-end : en 2019, 88 % d’entre eux ont travaillé au moins un samedi au cours des quatre dernières semaines (contre 39 % de l’ensemble des personnes en emploi) et 71 % au moins un dimanche (contre 22 %). 15 % des agriculteurs ont, au cours des quatre dernières semaines, travaillé au moins une fois la nuit, entre minuit et 5 heures du matin, contre 10 % pour l’ensemble des personnes en emploi. « Les agriculteurs déclarent en fin de compte un temps de travail hebdomadaire bien supérieur à celui de l’ensemble des personnes en emploi ». En 2019, pour leur emploi principal, ils ont déclaré une durée habituelle hebdomadaire de travail de 55 heures en moyenne, contre 37 heures pour l’ensemble des personnes en emploi (+ 49 %). Ne prenant pas ou peu de congés, « leur durée annuelle effective excède encore plus celle de l’ensemble des personnes en emploi (+ 65 %) »

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