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Le gouvernement le “plus cher de la Vème République”

« Le coût salarial du gouvernement Castex est le plus élevé de la Vème République, avec une dépense de 185 millions d’euros, en augmentation de 46,7 % par rapport au gouvernement Philippe de 2019 ». Cette sentence n’est que le résultat analytique du travail acharné de l’ancien député René Dosière. Fidèle à sa réputation, le président de l’Observatoire de l’éthique publique a pris un malin plaisir à éplucher les « jaunes budgétaires », ces documents officiels qui recensent l’ensemble des effectifs et des rémunérations des membres de cabinet ministériel.

Pour expliquer cette glissade budgétaire, René Dosière voit trois explications. La première est le plus grand nombre de membres du gouvernement. Aux 34 ministres (dont 15 secrétaires d’Etat) de 2019, ont succédé 43 ministres (dont 13 secrétaires d’Etat). « Ce qui dans l’histoire de la Vème République met le gouvernement Castex au troisième rang des gouvernements derrière ceux de Rocard (49 ministres en 1988) et Cresson (45 en 1991) et à égalité avec ceux de Mauroy 2 (1981) et Raffarin 3 (2004) » souligne l’ancien député. Ensuite vient le nombre en hausse de collaborateurs que chaque ministre peut recruter : De 10 par ministre (et 5 par secrétaire d’Etat) en 2019, il est passé à 15 par ministre de plein exercice (au nombre de 16) à 13 par ministre délégué (au nombre de 14) et à 8 par secrétaire d’Etat (au nombre de 13) soit un effectif global de 526 détaille la note. Pour le gouvernement Castex, René Dosière recense 574 collaborateurs ministériels, Matignon compris (61), contre 313 un an plus tôt, « soit une hausse de plus de 83 % ». Au-delà des « têtes pensantes » (les membres de cabinets dont la nomination figure au JO), l’on trouve les « petites mains » (chauffeurs, huissiers, secrétaires,...). Là aussi la note révèle une inflation de ce « personnel support ». En 2020, on recense 3 341 personnes, « en progression de 1 003 (+42,9 %) par rapport à 2019, et encore, il ne s’agit là que d’une hypothèse basse ».

Enfin, René Dosière pointe la rémunération moyenne d’un membre de cabinet, qui a certes connu une « légère baisse depuis deux ans » concède le président de l’Observatoire de l’éthique publique mais qui demeure « à un niveau élevé ». « En 2020, cette rémunération moyenne brute mensuelle s’élève à 9 737 euros, pour un membre de cabinet ministériel, et à 10 864 euros pour un membre du Cabinet du Premier ministre ».

René Dosière constate aussi pour le regretter aussitôt que dans dix ministères régaliens, les fonctionnaires sont mieux payés que leur ministre (10 135 euros brut mensuel), « une situation curieuse » qu’il considère « anormale ». Si depuis François Hollande – la mesure a été maintenue par Emmanuel Macron - aucune rémunération d’un collaborateur de cabinet n’est supérieure à celle du président (13 000 euros), « il serait opportun d’adopter le même principe dans les cabinets ministériels » propose-t-il « il conviendrait également pour éviter les disparités, toujours étonnantes voire choquantes, de fixer par type de fonctions exercées une grille de rémunération ».

« Ce qui surprend et choque, c’est la taille de ce Gouvernement en nombre de ministres et d’effectifs. Etait-ce bien opportun et nécessaire ? [...] Aujourd’hui c’est plus de collaborateurs toujours bien payés ! On comprend pourquoi le Gouvernement est devenu le plus cher de la Vème République, ce qui ne saurait constituer un motif de satisfaction » conclut René Dosière. 

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