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La performance des trains régionaux dans la ligne de mire

L’association UFC-Que Choisir épingle, chiffres à l’appui, la ponctualité, la qualité et le coût des trains régionaux (TER, RER et Transiliens).

 

En 2014, seulement 89,5% des TER sont arrivés à destination avec un retard inférieur à 6 minutes dénonce l’association de consommateurs qui, dans son étude porte les plaintes des 4,3 millions de voyageurs quotidiens des transports régionaux. En dépit des plus de 7 milliards d’euros investis par les Régions dans le renouvellement des TER depuis 2002, UFC-Que Choisir constate « une dégradation inacceptable de la ponctualité », qui était meilleure, il y a dix ans (90,4%). Des statistiques qui mettent la France bien loin des performances de nos voisins européens comme l’Allemagne, les Pays-Bas (94,9%) ou l’Autriche (95,4%).
Dans le détail et en région, si l’Alsace (95,2% de ponctualité), et dans une moindre mesure la Champagne- Ardenne ou la Bretagne, affichent une ponctualité satisfaisante, les régions du Sud de la France présentent une qualité désastreuse, notamment en Provence- Alpes-Côte d’Azur (seulement 77,3% de ponctualité).
En Ile-de-France, « la situation n’est pas plus brillante, avec 550 000 usagers des RER et Transiliens qui subissent chaque jour un retard » note l’association.
Mais pour UFC-Que Choisir, ces chiffres officiels sont loin de refléter « fidèlement » les difficultés quotidiennes des voyageurs. « Les retards inférieurs à 6 minutes ne sont pas comptabilisés, et les heures de pointe ne sont pas distinguées des heures creuses.
Pire, les données officielles masquent une grande partie des trains annulés, puisque sortent totalement des statistiques tous les trains supprimés au plus tard la veille avant 16h. C’est ainsi jusqu’à 10% des TER chaque mois, et même 25% en juin 2014, qui ne roulent pas mais ne sont pas comptabilisés comme des trains annulés » explique l’étude qui précise que « les abonnés qui subissent ces retards ne sont, sauf rares exceptions encore embryonnaires, pas indemnisés par les transporteurs ».
« Ces médiocres performances ont pourtant un coût considérable » poursuit l’association qui donne la somme de 10,3 milliards d’euros qui a été consacrée en 2013 aux trains régionaux. Les subventions atteignent quant à elles l’équivalent, hors investissements, de 7 800 € par abonné au TER et par an, et de 1 500 € en Ile-de-France. L’association en profite pour souligner que l’exploitation des TER est aujourd’hui 50% plus coûteuse en France qu’en Allemagne, « où la mise en concurrence des exploitants ferroviaires existe de longue date ».

 

 

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