Print this page

Faisons du recyclage de l’aluminium un enjeu national

L’aluminium est un métal inventé en France à la fin du 19ème siècle. 2 fois plus léger que l’acier, sa conductivité n’a rien à envier à celle d’autres métaux et ce à un tarif compétitif. Sa recyclabilité à l’infini sans perte de ses propriétés intrinsèques est un atout indéniable. Enfin, recycler l’aluminium permet 95 % d’économie d’énergie par rapport à l’énergie nécessaire à sa production primaire. C’est donc un matériau aux propriétés exceptionnelles que toute la filière française de l’aluminium est en mesure de produire.

Contrairement à certaines idées reçues, recycler ne se limite pas à collecter et trier des déchets. Si ces étapes préalables sont indispensables, l’opération de recyclage consiste en la transformation des déchets en aluminium en nouveaux produits. Cette opération peut être réalisée soit par recyclage direct (recyclage de déchets d’un alliage spécifique pour redevenir ce même alliage comme le recyclage des canettes) soit par affinage (recyclage à base de déchets d’alliages multiples).

Malgré l’existence d’une filière bien ancrée sur notre territoire, la France a perdu plus de 15 % de ses capacités de recyclage en 2019, au profit des importations qui représentent la moitié des besoins français.

Quel paradoxe ! D’un côté, nous produisons un métal dont les propriétés sont convoitées par plusieurs marchés (aéronautique, automobile, bâtiment, emballage, etc.) et dont la croissance mondiale est comprise entre 6 et 7 % par an depuis plus de 20 ans. D’un autre côté, notre pays perd régulièrement des acteurs de l’industrie du recyclage.

Les acteurs de l’affinage de l’aluminium se trouvent pris en étau entre le prix du déchet (prix fixé par les récupérateurs) et le prix du lingot (cours mondial) qui est parfois moins cher que le déchet lui-même. Bien qu’acteurs majeurs de l’économie circulaire, les affineurs sont confrontés à de nombreuses difficultés : des prix de l’énergie importants, un marché client de l’automobile en pleine mutation, des fournisseurs qui préfèrent exporter leurs déchets pour des raisons économiques et des taxes élaborées pour le développement de leurs secteurs clients (taxe affectée au centre technique de la fonderie de pièces moulées). Pourtant, nos recycleurs, dont 60 % sont des PME, sont en capacité de recycler ces déchets en France. Si les déchets exportés approvisionnaient nos usines, des emplois seraient conservés voire créés et de la valeur ajoutée serait produite. Cette valeur ajoutée pourrait même contribuer à la collecte de plusieurs millions d’euros de recette de TVA pour l’Etat.

Pourquoi un enjeu national ?

La COP 21 a fait de notre pays un leader des initiatives pour les enjeux relatifs au climat. Chaque projet, qu’il soit public ou privé, nous engage à prendre en compte les impacts climatiques dans toutes ses dimensions. Le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire s’inscrit également dans ce contexte. Il vise à développer de nouvelles orientations pour notre consommation et notre production afin que notre impact environnemental et climatique se réduise. Dans le cadre de ce changement de paradigme, l’aluminium, avec ses propriétés exceptionnelles, constitue une solution pertinente. La future loi devrait soutenir et valoriser de telles solutions industrielles adaptées.

Recycler les déchets d’aluminium en fin de vie permet de fabriquer des produits dont l’empreinte carbone est considérablement réduite. Produire de l’aluminium primaire en France c’est 5 fois moins d’émissions que de le produire en Chine et le recycler c’est répondre à 35 % de nos besoins nationaux.

Produire et recycler en France constitue donc un réel enjeu national pour :

• réduire notre empreinte climatique,

• favoriser la production locale française,

• créer de l’emploi,

• réindustrialiser notre pays.

Le monde de demain sera fait des choix économiques et environnementaux d’aujourd’hui, ne laissons pas la Chine choisir à notre place. 

ALUMINIUM FRANCE - www.aluminium.fr - 01 42 25 26 44 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

1768 K2_VIEWS