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Au chevet des monuments en péril

Le 11 mars dernier, le Ministre de la Culture, Franck Riester et Stéphane Bern étaient à l’ancien Hôtel-Dieu de Château-Thierry - qui deviendra un musée grâce aux joueurs de la FDJ -, pour annoncer la liste des 18 sites emblématiques sur les 118 sélectionnés qui bénéficieront d’une partie de la future manne du Loto du Patrimoine édition 2019.

Gros succès. En 2018, notre « monsieur patrimoine », Stéphane Bern avait lancé la première édition du loto du patrimoine sur le site de « France miniature », un parc d’attractions insolite, imaginatif et récréatif réunissant sur une surface de 5 hectares dont 1,5 de mer 117 monuments emblématiques de notre patrimoine (voir encadré). Avec 192 Me de mises, soit 22 Me en faveur de la Fondation du Patrimoine, cette première édition avait rencontré un succès sans pareil auprès des Français visiblement attachés à leur patrimoine et soucieux de venir en aide à des monuments publics et privés en péril. La première édition des Jeux Mission Patrimoine avait débuté le 3 septembre 2018 avec, pour une mise de 3 euros, un Super loto qui proposait un jackpot de 13 Me. 14 Me de mises ont été réalisées, « soit plus de 30 % par rapport à un tirage loto classique » se félicite la Française des Jeux (FDJ). Plus de 2 millions de Français ont participé à ce tirage et ont joué environ 2 grilles chacun, « une mise moyenne comparable à celle d’un vendredi 13, ce qui montre la mobilisation nationale pour la cause du Patrimoine ». Parallèlement, le jeu de grattage événementiel Mission patrimoine, qui proposait un gain maximum de 1,5 Me pour une mise inédite de 15 e a également connu un bel engouement. La commercialisation des 12 millions de tickets déclinés en trois versions et adoptant un grand format inédit s’est achevée avec plus de 178 Me de mises. « Jamais un tel gain maximum n’avait été proposé par FDJ sur un ticket à gratter » précise encore la Française des Jeux. Chacune des versions mettait en avant, sur le haut du ticket, un monument notoire pour les Français (château de Chambord, Abbaye du Mont-Saint-Michel et le château et remparts de la cité de Carcassonne) ainsi que sur le bas du ticket, 13 des 18 sites emblématiques choisis par la Mission Bern (5 par ticket, dont un site commun à tous : la maison d’Aimé Césaire en Martinique). Près de 3 millions de clients (2,8) ont joué aux tickets de grattage dont près de 200 000 nouveaux clients FDJ.

Pour cette nouvelle édition et forte de la réussite incontestable de la première, FDJ a décidé de lancer une offre de Jeux Mission Patrimoine « encore plus ambitieuse », avec un super loto le 14 juillet et une gamme élargie de tickets à gratter au moment des Journées du patrimoine (deux billets à gratter, l’un à 3 e, l’autre à 15 e).

Un tirage exceptionnel le 14 juillet

« L’an 2 des jeux Mission Patrimoine est synonyme pour FDJ d’une ambition nouvelle encore plus forte, à la hauteur de l’engouement des Français et de la mobilisation pour le patrimoine français en péril. FDJ souhaite s’appuyer sur les facteurs qui ont fait le succès de l’offre en 2018, tout en continuant à insuffler de l’innovation et de la nouveauté afin de maintenir et développer l’intérêt du grand public. En 2019, au-delà des Journées Européennes du patrimoine, FDJ a choisi la fête nationale comme moment de rassemblement partout en France pour mobiliser le plus grand nombre en faveur du patrimoine en péril dans nos territoires » commente Stéphane Pallez, présidente-directrice générale de FDJ. Et de poursuivre : « La commercialisation des jeux Mission Patrimoine fut un succès en 2018, avec 22 Me récoltés au profit de la Fondation du Patrimoine, dépassant l’objectif initial de 15 Me à 20 Me et permettant de contribuer à la sauvegarde de projets locaux, en particulier 18 monuments emblématiques. FDJ se fixe comme objectif en 2019 de réitérer ce succès ». Pour sa part, Stéphane Bern espère « faire mieux pour cette deuxième édition, avec 25 millions d’euros ». Une ambition qui devra donc faire fi de ses propres critiques et de celles des joueurs qui avaient découvert le poids des taxes sociales applicables aux jeux (près de 7 % des mises). En octobre 2018, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin déclarait que sur les 200 millions d’euros escomptés du Loto du Patrimoine, l’Etat prélèverait 14 millions d’euros de taxes. Une information qui avait immédiatement fait bondir Stéphane Bern qui avait alors twitté : « Ne pourriez-vous faire un geste et renoncer à ce prélèvement pour que tout soit destiné à sauver le patrimoine en péril qui, de toutes façons, est à la charge de l’État ? ». « Sur 200 millions d’euros de recettes du Loto du Patrimoine l’essentiel va aux joueurs (144 millions), à la Française des Jeux (22 millions) et à la Fondation du Patrimoine (20 millions) ! 14 millions de taxes sont prélevés » lui avait répondu, le Ministre de la Culture, Franck Riester. Il est aussi à noter qu’au-delà des 22 millions d’euros de la FDJ, 21 millions d’euros ont été versés par l’Etat pour compenser les taxes prélevées sur les jeux.

Et même si, assure Bercy, le poids des taxes n’a jamais été dissimulé, la polémique a pourtant perduré un certain temps. Le Sénat avait cherché à faire annuler ces taxes avec un amendement de la Commission des Finances adopté à l’unanimité par le Sénat qui prévoyait d’exonérer les jeux dédiés au patrimoine, organisés par La Française des Jeux, des contributions qui pèsent habituellement sur ce type de produits (CSG, CRDS, prélèvement au profit du financement du Centre national pour le développement du sport et TVA). Sans succès puisque l’Assemblée les a rétablies. Finalement, les taxes sur le loto et les jeux de grattage ont été maintenues pour cette deuxième édition. Mais la polémique a laissé des traces. Dans son communiqué, FDJ se veut donc très précise en indiquant que pour le super loto, « pour une mise de 3 e, 075 e iront au patrimoine, 1,65 e aux joueurs, 0,38 e à FDJ (dont 0,17 e de rémunération des détaillants) et 0,22 e aux prélèvements obligatoires et sociaux ». Pour le jeu à gratter événementiel Mission Patrimoine, qui proposera toujours un gain de 1,5 Me pour une mise de 15 e, « 1,52 e iront au patrimoine, 10,80 e aux joueurs, 1,64 e à FDJ (dont 0,78 e de rémunération des détaillants) et 1,04 e aux prélèvements obligatoires et sociaux ». Même ligne de conduite et de transparence pour l’autre série de jeux à gratter (mise à 3 e, 30 000 e de gain), « 0,50 e iront au patrimoine, 1,95 e aux joueurs, 0,34 e à FDJ (dont 0,18 e de rémunération des détaillants) et 0,21 e aux prélèvements obligatoires et sociaux ».

Pour éteindre l’incendie, au-delà des 22 millions d’euros de la FDJ, 21 millions d’euros ont été versés par l’Etat pour compenser les taxes prélevées sur les jeux a tenu à ajouter le Ministère de la Culture. « Il y a également eu environ six millions d’euros de financements privés collectés dans ce contexte-là, ce qui fait près de 50 millions d’euros supplémentaires pour le patrimoine » a encore souligné Stéphane Pallez.

« Un euro pour un euro »

Après avoir salué à l’occasion du lancement de la deuxième édition à Château-Thierry, ce Loto du Patrimoine comme « un véhicule, facile, agréable, ludique » pour collecter de l’argent, le Ministre de la Culture a confirmé que pour cette année, il y aurait à nouveau « un abondement de l’Etat pour encourager » le succès de l’opération, selon le principe « un euro pour un euro ». Une annonce faite en accord avec le Premier ministre Edouard Philippe et le Président Emmanuel Macron a assuré le Ministre. « Si 25 millions d’euros sont générés, l’Etat mettra 25 millions d’euros » à disposition de la Fondation du Patrimoine a confirmé Franck Riester.

Pour cette deuxième édition se sont 18 sites qui ont été sélectionnés comme l’amphithéâtre gallo-romain de Saintes, la bibliothèque Fesch d’Ajaccio, le phare de l’île aux marins à Saint-Pierre-et-Miquelon et l’abbaye Notre-Dame de Sénanque dans le Vaucluse. Au final, l’édition 2019 du Loto du Patrimoine distinguera cent sites, moins que l’an dernier pour qu’ils soient mieux aidés. Ces sites « seront dévoilés en juin, un site par département, conformément à notre volonté de maillage du territoire » a précisé la présidente de la Fondation, Célia Vérot


France Miniature, une grande idée
Ouvert depuis 1991, France Miniature, plus grand parc miniature d’Europe situé à Elancourt dans les Yvelines, a déjà accueilli plus de 4 millions huit cent mille visiteurs. Un succès qui ne se dément pas d’année en année. Sur une surface de 5 hectares dont 1,5 de mer, 117 répliques exactes des plus beaux monuments français, soit 2000 maquettes au 1/30ème sont rassemblées. « Pour ne pas perdre le Nord lors de la visite », le parc reproduit la forme de la carte de France avec les mers, fleuves, océans et massifs montagneux correctement situés. Le parc veille aussi à respecter majoritairement les 4 points cardinaux. Autant d’éléments qui permettent aux visiteurs du parc d’apprécier la diversité architecturale et paysagère française (150 paysages sont représentés avec 20 000 arbres nains). En moins d’une journée, grands et petits parcourront ainsi la France pour découvrir ou redécouvrir le Pont du Gard, la Basilique du Sacré Cœur mais aussi le phare de Cordouan, le château de Versailles, sans oublier la Tour Eiffel et ses 10 mètres de haut ! Loin d’être statique, le parc est animé par 4 km de voies ferrées empruntées par 15 trains miniatures ; 50 bateaux naviguent en mer et 80 en rivière et 60 000 personnages sont présents sur l’ensemble du parc. France Miniature, c’est aussi 8 attractions pour les enfants. Les plus grands et les plus curieux ne sont pas oubliés avec les commentaires audios de Stéphane Bern, accessibles via un smartphone sur 12 lieux emblématiques de sa sélection.
www.franceminiature.fr

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