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“L’attractivité retrouvée et grandissante de notre pays”

Par Christophe Lecourtier, Directeur Général de Business France

+31 %, +52 %, +270 % : ce sont les taux de croissance respectifs en France, en 2017, du nombre de projets d’investissement étrangers et de ceux dans l’industrie et les centres de décision en particulier. Ces progressions remarquables, mises en évidence par le Baromètre EY de l’attractivité, confirment, après le Bilan 2017 des investissements étrangers établi par Business France, l’attractivité retrouvée et grandissante de notre pays. Avec 1 019 projets, la France talonne désormais ses deux grands concurrents européens, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Cette remontée spectaculaire se lit également dans la confiance que les investisseurs nous accordent puisque 55 % d’entre eux estiment que notre attractivité va encore s’améliorer d’ici trois ans – un taux deux fois supérieur à celui de l’année précédente. D’autres motifs de satisfaction apparaissent encore, quand on y regarde de plus près. J’en recense quatre, pour ma part.

Tout d’abord, les projets se déploient dans tous les domaines de notre économie, aussi bien les industries traditionnelles et de pointe que les services aux entreprises et aux consommateurs, ou encore le transport et la logistique. Le large éventail d’atouts dont nous disposons s’avère ici un avantage déterminant, quand notre manque de spécialisation stratégique nuit, au contraire, à nos performances exportatrices.

Ensuite, le score français dans l’industrie est notoire et propre à modifier le jugement que nous portons sur elle au motif de la réduction considérable de sa part dans le PIB. En vérité, depuis plus de 15 ans, nous occupons le premier rang en Europe pour l’accueil des implantations industrielles étrangères ; 2017 ne déroge pas à la règle : le nombre de projets augmente de 50 %, après avoir stagné en 2015 et 2016. N’est-ce pas là une preuve de l’excellence française dans ce secteur, malgré sa place réduite dans notre économie ? Plus des trois-quarts des investisseurs étrangers interrogés par EY estiment que l’industrie a un avenir en France. Ils plébiscitent, là encore, la diversité de nos atouts dans ce domaine – variété des filières, vigueur de l’innovation, savoir-faire réputés, infrastructures de transport optimales…

Notre capacité à innover est particulièrement appréciée. Avec 78 nouveaux projets d’implantation ou d’extension de centres de R&D, la France enregistre la plus forte progression – + 53 % – parmi le trio de tête européen. Notre attractivité est forte même dans les segments les plus en pointe de la recherche. Ainsi Facebook, Microsoft, Google, Fujitsu et Samsung ont-ils décidé d’ouvrir chez nous des laboratoires de recherche spécialisés dans l’intelligence artificielle.

De même, les projets étrangers de centre de décision se multiplient : leur nombre quadruple quasiment d’une année sur l’autre, passant de 16 en 2016 à 59 en 2017. C’est une très bonne nouvelle quand on sait l’enjeu que représentent les quartiers généraux en termes d’influence économique et de développement de projets d’investissement dans le pays où ils sont implantés. Le Brexit devrait contribuer à confirmer cette évolution dans les années à venir.

De tels succès tiennent d’abord à nos atouts structurels, bien sûr ; des atouts dont la promotion à l’international s’est nettement améliorée, selon les décideurs étrangers, qui saluent aussi le discours d’ouverture adressée par la France au monde entier. Ils tiennent évidemment aussi aux réformes engagées pour fluidifier le marché du travail, faciliter la gestion des entreprises et alléger leur fiscalité, sous l’impulsion du Président de la République. Nous partons de loin, cependant, et de nombreux chantiers restent à mener à terme – beaucoup sont en cours ou ont été lancés – pour que les attentes, ou les doutes des investisseurs s’estompent. Il est essentiel, par exemple, de stabiliser notre paysage fiscal, ce qui suppose de persévérer dans une politique volontariste de réduction des déficits publics. Il convient également de s’attaquer aux obstacles qui entravent la fluidité de l’action économique, notamment en allégeant le cadre normatif. Enfin, une politique efficace de formation s’impose pour tirer parti du vivier de demandeurs d’emploi et disposer de tous les talents dont la France a besoin pour conquérir le monde. 

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