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Pour un suivi de la sortie du glyphosate au Parlement

Par Julien Dive, Député (LR, Aisne), Membre de la Commission des Affaires économiques

Député de l’Aisne, je suis élu à dans la circonscription de Saint-Quentin, territoire ruralo-industriel, qui appartient à ce que l’on appelle la « France périphérique ». Je suis également membre de la commission des Affaires économiques depuis le début de la XVème législature. En toute logique, je me suis impliqué des heures durant dans les débats sur le Projet de loi EGALIM, que l’Assemblée nationale a adopté la semaine dernière en séance publique.

Parmi les sujets qui auront retenu l’attention de nos concitoyens sur ce texte, et qui ont même provoqué les réactions les plus vives, les plus passionnées, l’interdiction du glyphosate. Ou plutôt la non-inscription de celle-ci dans la loi.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, le glyphosate est un herbicide qui a été longtemps employé, qui est toujours utilisé aujourd’hui, mais dont les effets sur la santé et sur notre environnement sont des plus préoccupants.

Pour les pays membres de l’Union européenne, l’interdiction du glyphosate sera appliquée dans 5 ans, et si le Président de la République respecte son engagement, la France sera en avance, puisqu’il est question d’interdire l’usage de ce produit dans les 3 ans. Si de nombreux Français regrettent que cette décision n’ait pas été inscrite dans la loi, elle reste une finalité que nous visons tous. Producteurs, industriels, acteurs publics : le consensus est là. Notre agriculture doit s’adapter, innover, être plus saine pour être plus durable. Durable pour nos sols, comme pour chacun d’entre nous.

Tous les députés, quel que soit leur bord politique, quelle que soit la nature de leur engagement, sont profondément attachés à leurs territoires et animés par la volonté de ne plus nuire ni à l’environnement, ni aux consommateurs, ni aux professionnels de l’agriculture qui nous font vivre. C’est pourquoi il convient de préparer ensemble cette « sortie » du glyphosate, de ne pas agir dans l’urgence, de garder la tête froide afin de réfléchir aux solutions alternatives et de faire participer pleinement l’Assemblée nationale aux négociations à venir.

Il est temps de réaffirmer le rôle de contrôle du Parlement, sur un sujet qui nous concerne tous, qui mobilise nos concitoyens, et sur lequel nous avons été sollicités tout au long de la première lecture du projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire ».

Nous devons nous doter d’une organisation telle qu’il en existe déjà à la commission des affaires européennes du Sénat, à savoir un groupe de travail. Mieux, un observatoire. Une structure transpartisane portée par les députés de la majorité et de l’opposition, une force de proposition, qui permettra à notre institution de peser plus lourd encore sur les négociations qui auront lieu au cours des trois prochaines années entre l’exécutif et les acteurs économiques.

C’est la raison pour laquelle j’ai proposé à l’ensemble de mes collègues de rejoindre un groupe de suivi et de prospective sur le remplacement du glyphosate, ouvert à toutes les familles politiques, et dont l’activité serait évidemment et définitivement tournée vers la défense de l’intérêt général. 

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