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Rapport sur les syndicats : l’incroyable scénario de la commission d’enquête parlementaire
Par Pierre Laffon
Le rapport sur le financement des syndicats était très attendu.
Le 30 novembre, les députés ont pourtant, à la surprise générale, refusé sa publication. Une première à l’Assemblée nationale qui révèle que le sujet est, dans la majorité comme dans l’opposition, des plus délicats…
Du jamais-vu. Les services de l’Assemblée, contactés par nos soins, sont formels. C’est la première fois qu’un rapport issu d’une commission d’enquête n’est pas adopté. Nicolas Perruchot, le rapporteur du Nouveau Centre, n’a pas vu le coup venir… Il n’en revient pas lui-même : « Ce qui se passe est hallucinant ». Six mois qu’il menait ses auditions au sein de la commission d’enquête sur le financement des syndicats. L’idée était de franchir un pas de plus vers la transparence. Si en août 2008, une loi imposait aux syndicats la publication des comptes, Nicolas Perruchot souhaitait aller plus loin en proposant notamment la publication des comptes des comités d’entreprises. Les membres de la commission et le Gouvernement en ont décidé autrement. Selon nos informations, les députés UMP ont obéi à un mot d’ordre du Gouvernement relayé par le groupe parlementaire et ont fait ainsi basculer le vote. A l’UMP, seul Arnaud Richard a bravé la consigne de vote soulignant la qualité du travail accompli et la sérénité des débats au cours des auditions. Le président de la commission d’enquête Richard Mallié (UMP, Bouches-du-Rhône) défend la position de la majorité selon des propos rapportés par l’AFP : « A quatre mois de la présidentielle et à deux mois de la fin de la législature, ce n’est pas la peine d’adopter un tel rapport ». Pourtant, mettre sous le boisseau un tel sujet risque d’éveiller les soupçons : « L’opinion va accabler les parlementaires alors que ce sont les syndicats qui ont un système opaque » confie à la Revue Parlementaire Hervé Lambel, président du syndicat des représentants des petites entreprises qui poursuit : « La majorité dit que ça n’est pas le moment alors que François Hollande a démarré sa campagne en promettant une rénovation de la démocratie sociale ! ». Le train de la clarification du financement des syndicats ne repassera pas de sitôt. A moins que l’opinion publique en décide autrement…
Retrouvez l’interview exclusive de Nicolas Perruchot.
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le 1er décembre 2005
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