Avec les PPP, nous sommes au début
d'une nouvelle ère
Hervé Novelli, Député d'Indre-et-Loire,
président du groupe d'études parlementaires
sur les PPP
La création d'un groupe d'études sur les partenariats public-privé
part du constat que la situation dégradée des finances publiques
nous impose de trouver de nouvelles solutions afin de maintenir
la compétitivité de la France. Nous sommes convaincus qu'il
faut en terminer avec la règle en vertu de laquelle le règlement
d'un problème passe par toujours plus de dépenses publiques.
Les PPP ont vocation de placer, au coeur de la démarche publique,
la notion de résultats. Nous sommes, en effet, convaincus
que la réforme de l'Etat passe par une refonte des modes de
gestion et par une remise à plat de ses domaines d'intervention.
En France, il est d'usage d'opposer droit public au droit
privé, le service public au secteur concurrentiel, le droit
du travail au droit de la fonction publique... D'un côté,
les missions de service public, la recherche de l'égalité,
de la solidarité ; de l'autre la recherche du profit, la culture
du résultat, la réactivité... La gestion publique est considérée
comme peu efficace pendant que la gestion privée ne se préoccupe
que du court terme. Certes, des passerelles ont toujours existé
entre les deux mondes. Ainsi, pour assurer certaines missions,
l'Etat ou les collectivités locales ont créé des établissements
à vocation industrielle et commerciale ; de même pour construire
des ponts, des autoroutes ou construire les réseaux d'assainissement,
les pouvoirs publics recourent au régime des concessions.
Dans le premier cas, ce sont les pouvoirs publics qui utilisent
les règles du privé jugées plus souples afin de produire des
biens et services ; de l'autre, ils concèdent au secteur privé
le soin de réaliser des équipements en contrepartie de quoi
le concessionnaire se rémunère à travers un péage ; ils se
déchargent ainsi du coût de la construction et des risques
inhérents. Force est de constater que la gestion directe est
bien souvent jugée peu performante ; les concessions ont fait
l'objet de contestations du fait que les pouvoirs publics
se déchargeaient de leurs responsabilités sur les concessionnaires
au détriment des consommateurs.
Depuis quelques années, avec les partenariats public-privé,
des expériences intéressantes sont menées. Ils prouvent, en
effet, que des objectifs publics peuvent être atteints en
utilisant les avantages de la gestion privée, gestion qui
a pour principe de base, l'utilisation maximale de ressources
rares. Or, aujourd'hui avec une dette de plus de 1000 milliards
d'euros et des déficits avoisinant les 40 milliards d'euros,
les pouvoirs publics découvrent que l'argent est une valeur
rare. Ils permettent aux gouvernements d'atteindre à moindre
frais les objectifs qu'ils fixent. Ainsi, à titre d'exemple,
la suppression du monopole de l'ANPE pour le placement des
demandeurs d'emplois a permis de confier à des entreprises
privées le soin de s'occuper de chômeurs. Ces entreprises
sont rémunérées en fonction du nombre d'objectifs préalablement
définis par l'Etat. L'expérience a été concluante tant pour
les demandeurs d'emplois, pour les finances de l'Etat que
pour les entreprises de placement.
Le groupe d'études que nous avons mis en place a pour mission
d'analyser les résultats des PPP existants mais aussi d'explorer
les domaines dans lesquels les PPP pourraient se développer.
Les députés membres de ce groupe sont convaincus que nous
sommes au début d'une nouvelle ère. Il y a de très nombreux
domaines où l'Etat peut confier la réalisation de certaines
missions au secteur privé sur la base d'un contrat clair.
L'Etat doit cesser de tout vouloir faire et tout gérer en
direct, il doit redevenir une puissance normative et être
un donneur d'ordre afin de faire jouer la concurrence et ainsi
obtenir les meilleurs résultats aux moindres coûts. L'Etat
est efficace non pas parce qu'il emploie plusieurs millions
de personnes mais parce que les objectifs qui lui sont assignés
ont été remplis. Si l'Etat n'est pas satisfait d'une entreprise
dans le cadre d'un PPP, si cette dernière ne respecte pas
le contrat, il peut décider d'y mettre fin.
Ces partenariats publics-privés peuvent être déclinés dans
de très nombreux secteurs, social, éducatif, recherche, infrastructures...
Le poids de la dette ne doit pas avoir comme conséquence l'arrêt
des investissements publics, l'arrêt des dépenses de recherche
; bien au contraire, il est indispensable de maintenir et
de développer ces dépenses afin de générer de la croissance,
seule capable de réduire le montant des déficits et de créer
des emplois marchands. Par ailleurs, je suis persuadé que
les PPP insuffleront de nouveaux comportements dans l'administration.