La transformation des armées,
une question de budget
Les 4ème Universités d'été de la Défense qui se tenaient
à Aix-en-Provence avaient pour thème : la transformation des
armées*. Des discussions informelles sur fond de question
budgétaire.
Parce que la menace est aujourd'hui diffuse, que le contexte
géostratégique est mouvant, parce qu'il s'agit de répondre
à de nouvelles menaces comme le terrorisme ou la prolifération
des armes de destruction massive, parce que les missions de
nos militaires sont de plus en plus nombreuses, diverses et
complexes, nos armées doivent être capables de s'adapter aux
réalités actuelles. Mais pour cela, "nos armées ont besoin
d'équipements légers, mais protecteurs, adaptables et souvent
sophistiqués. Elles ne doivent pourtant pas être dépourvues
non plus des moyens leur permettant d'assurer la défense du
territoire et des populations" explique Guy Teissier
(UMP-Bouches-du-Rhône), président de la commission de la défense
et des forces armées de l'Assemblée nationale et organisateur
de ces 4ème Universités d'été de la défense. Des matériels,
des moyens... Des choix seront à faire prochainement et qui
auront des conséquences industrielles et financières lourdes.
"Cela va engager une nouvelle conception de nos forces pour
plusieurs décennies" souligne le président Teissier. Et justement,
en période électorale, cette question du choix des systèmes
d'armes et des systèmes d'hommes revêt toute son importance.
Fort opportunément, le tout nouveau Chef d'Etat-Major de l'armée
de Terre, le général d'armée Cuche a justement abordé dans
son allocution la question du renouvellement et la modernisation
des équipements. "Nos équipements majeurs sont âgés, près
de 25 ans d'âge en moyenne, ils sont prématurément usés par
un emploi intensif en Opex ; le coût de leur maintien en condition
devient prohibitif et leur disponibilité atteint des taux
préoccupants malgré tous nos efforts. Sur une année, près
de 60 000 hommes et leur matériel sont projetés pour des périodes
de 4 à 6 mois en métropole, en outre-mer et à l'étranger dans
toutes les configurations face à une menace polymorphe. La
situation de nos hommes et de nos équipements est tendue,
et les perspectives me font dire, sans risque de me tromper
que le spectre de nos missions dans l'espace terrestre continuera
dans un contexte de violence exacerbée. Le besoin en forces
terrestres disponibles et efficientes ne peut que s'accroître"
plaide-t-il.
Budget de la défense : la mise en garde du ministre
Si jusqu'à aujourd'hui le pire a pu être évité grâce au bon
déroulement - et c'est une première - de la Loi de programmation
militaire, "le véritable enjeu de la préparation et de l'adaptation
de la prochaine programmation militaire résidera dans la conciliation
des impératifs contraires : poursuite des programmes en cours,
lancement de nouveaux moyens, le tout sous une contrainte
financière forte" souligne le député des Bouches-du-Rhône.
Venue conclure ces universités d'été de la défense, Michèle
Alliot-Marie a tenu, à huit mois de la présidentielle
à marquer son terrain et à dresser le bilan de ses quatre
années passées à l'Hôtel de Brienne. Martial, le ministre
de la défense a également dénoncé les intentions avouées ou
inavouées de certains candidats à la présidentielle de vouloir
toucher au budget de la défense, rappelant au passage que
2007 sera l'année de préparation de la prochaine loi de programmation
militaire. "Ce serait une grave erreur de chercher à faire
des économies sur les grands programmes essentiels maintenant
fortement engagés. Je vais travailler pour que les efforts
soient poursuivis. J'y veillerai où que je sois" a-t-elle
lancé en guise d'avertissement. Le ministre a ensuite pris
le temps d'énoncer un certain nombre de priorités pour l'avenir
au nombre desquelles on compte l'espace et la recherche. 2007,
sera donc une année utile pour la défense aussi.