En octobre 2005, Thierry Breton et Christine Lagarde présentaient
les premières mesures de "Cap Export". Mesures qui visaient
à mobiliser les moyens les plus incitatifs pour favoriser
le développement des PME à l'exportation. Qu'en est-il un
an après ?
A l'occasion de la publication des résultats semestriels du
Commerce extérieur, Christine Lagarde, ministre déléguée
au Commerce extérieur s'est félicitée des chiffres en hausse
de nos exportations. "Au premier semestre 2006, les entreprises
françaises sont très dynamiques à l'international. Elles ont
exporté pour 194 Mds d'euros de marchandises, ce qui est un
nouveau record" a-t-elle déclaré. Pour autant, aux yeux du
ministre, si ces chiffres sont encourageants, cela n'est pas
suffisant. Aujourd'hui, le commerce mondial augmente de 7%
par an. Cette intensification des échanges est beaucoup plus
rapide que la croissance économique européenne et mondiale.
"Le commerce mondial offre donc des débouchés nouveaux pour
les entreprises qui savent tirer profit de ces opportunités"
rappelle-t-on au ministère. Les entreprises établies en France
réalisent 5% des exportations mondiales, chiffre à rapprocher
de la part de la France dans la population mondiale (1%).
Ce commerce est réalisé par 11 000 entreprises et soutient
20% des emplois dans notre pays. Des statistiques qui permette
à Christine Lagarde de dire qu'il existe encore "un gisement
important de petites et moyennes entreprises qui n'exportent
pas ou qui exportent seulement occasionnellement".
Cinq pays pilotes
En lançant en octobre dernier avec Thierry Breton,
Cap Export, Christine Lagarde a souhaité réformer le dispositif
de soutien à l'exportation "avec pour objectif de cibler les
PME" et plutôt que de créer par la loi de nouvelles aides
venant s'ajouter à celles existantes, le ministre délégué
au Commerce extérieur a choisi de simplifier les soutiens
et de les rendre plus efficaces et lisibles. En concentrant
les moyens sur cinq pays pilotes (Etats-Unis, Japon, Russie,
Chine, Inde) parmi les vingt-cinq pays cibles du commerce
extérieur, un signal fort est adressé aux entreprises, aux
partenaires du commerce extérieur et à nos partenaires étrangers.
"Ces cinq marchés sont par leur taille ou leur potentiel des
cibles incontournables du commerce extérieur car notre présence
économique dans ces pays est encore trop faible" souligne
le ministère. Le premier semestre 2006 a ainsi été l'occasion
pour Christine Lagarde d'inaugurer Cap export en Inde mais
également au Japon. A cette occasion, elle a ainsi pu déclarer
que "le Japon est un marché mature, solvable, avec des niches
très dynamiques qui exige persévérance et préparation. La
technologie et la création françaises y sont particulièrement
appréciées. Cap Export Japon a deux objectifs : montrer à
nos PME que le Japon est un marché rigoureux mais accessible
et sûr ; faire travailler ensemble les partenaires privés
et publics pour le grand bénéfice de nos entreprises". Quelques
semaines plus tard, même enthousiasme aux Etats-Unis (premier
client de la France en dehors de l'UE). 1 250 entreprises
nouvelles devraient, grâce à Cap Export intégrer le marché
américain.
A chaque fois Cap Export mobilise tous les partenaires publics
et privés en charge de l'appui au développement international
des entreprises, notamment les agences Ubifrance, l'agence
française pour les investissements internationaux (AFII),
le réseau des missions économiques, les chambres de commerce,
les fédérations professionnelles, les régions, les pôles de
compétitivité français et les conseillers du commerce extérieur
de la France.
Depuis 2005, les exportations de nos entreprises vers les
pays pilotes ont augmenté de 15%.
Parmi les mesures de "Cap Export", une augmentation de
50 à 70% des taux de contre-garantie permet de faciliter l'obtention
de financements bancaires (achat de matières premières, équipements,
frais liés au service des clients et à la fabrication de produits
commandés...). Cette mesure, répond à des difficultés récurrentes
des entreprises pour le financement de l'activité export dont
les modes de paiement exigent des fonds de roulement importants.
Coface intervient pour rehausser la garantie offerte par OSEO
sofaris aux PME. Les actions de portage collectif des grands
groupes seront subventionnées dans le cadre de la labellisation
par Ubifrance. Toute opération comptant au moins cinq entreprises
sera considérée comme collective et sera donc éligible. Les
groupes actifs dans le portage pourront aussi parrainer les
PME impliquées dans les pôles de compétitivité.
Le gouvernement va également favoriser le groupement de PME
à l'exportation à travers des appels à projets. www.exporter.gouv.fr