Colloque parlementaire pour un changement
démocratique en Iran
Plusieurs députés français de divers partis politiques ont
pris la parole sur l'Iran le mercredi 7 juin dernier à Paris
au cours d'un colloque organisé par Pascal Terrasse, député
PS de l'Ardèche et Marc Reymann, député UMP du Bas-Rhin et en
présence de l'ancien Premier ministre Edith Cresson. Maryam
Radjavi, présidente de la République, élue par le Conseil national
de la Résistance iranienne a évoqué les derniers événements
politiques iraniens.
Dans un communiqué publié à la fin du colloque plusieurs parlementaires
ont déploré la " détérioration flagrante de la situation des
droits de l'homme " et ont partagé le voeux de Maryam Radjavi
de voir la France se doter d'une " nouvelle politique vis-à-vis
du peuple iranien et de sa résistance pour un changement démocratique
".
Pascal Terrasse, député et Président du Conseil Général de l'Ardèche,
et principal organisateur du colloque ouvre le débat : "Le
sujet du nucléaire iranien, notamment la menace que la détention
prochaine de l'arme atomique par le régime en place fait peser
sur les relations internationales, est de plus en plus préoccupante
(…) Aujourd'hui, chacun se pose des questions sur les perspectives
et les solutions à envisager vis-à-vis de l'Iran. Nous sommes
de plus en plus nombreux à penser que d'autres alternatives
à la posture actuelle à l'égard de Téhéran sont possibles. En
la matière, toute perspective permettant au peuple iranien d'accéder
à un régime démocratique mérite d'être étudiée".
Selon ce député, le blocage des discussions, notamment au Conseil
de Sécurité de l'ONU, "profite avant tout aux dirigeants
iraniens qui ont besoin de temps pour mettre au point l'arme
nucléaire".
En faisant allusion à la situation des droits de l'homme en
Iran et aux récentes déclarations " inadmissibles " de
Ahmadinejad, président iranien à l'encontre d'Israël il poursuit
: " Le problème iranien est ainsi multiforme. Economique,
au regard des ressources importantes de ce pays. C'est pourquoi
nous avons souhaité inviter Mme. Maryam Radjavi qui symbolise
l'opposition au régime actuel et dont nous espérons qu'elle
nous fera profiter de son éclairage de ses propositions. Ses
idées font l'objet d'une attention toujours plus grande que
ce soit au Parlement européen ou au Conseil de l'Europe. Face
à des obstacles bien connus, et au-delà des réponses traditionnelles,
une troisième voie semble aujourd'hui s'esquisser. Une troisième
voie qui réside ailleurs et qui pourrait s'inspirer notamment
de l'exemple sud-africain qui a conduit à l'effondrement du
régime d'apartheid. Elle consiste principalement en un soutien
fort aux forces démocratiques intérieures, afin que le changement
ne se fasse pas au détriment mais au profit du peuple iranien
".
Après avoir décrit une situation interne critique, notamment
des soulèvements dans plusieurs provinces iraniennes qui ont
fait de nombreux morts, Maryam Radjavi, insiste sur la volonté
de changement des Iraniens. Dans ces conditions, avec la montée
de la répression interne, le régime a de plus en plus besoin
de créer des crises et d'exporter l'intégrisme et le terrorisme
à l'étranger pour couvrir ses difficultés internes.
Selon Maryam Radjavi, " l'ampleur de la crise dépasse de
loin le fait qu'un pays devienne ou non nucléaire. Ce que le
monde doit décider, c'est si une dictature religieuse intégriste
peut s'armer de la bombe atomique ou non. Un régime qui veut
instaurer un empire islamiste et qui prétend diriger un milliard
et demi de musulmans. Imaginez un instant, qu'un régime dont
le président appelle à rayer de la carte Israël, possède la
bombe atomique ".
Elle critique l'Occident, dont " les concessions aux mollahs
pendant vingt ans ont eu l'effet inverse ". Une politique
de complaisance qui a conduit, d'après elle, à " l'arrivée
d'Ahmadinejad au pouvoir, à une ingérence plus poussée des mollahs
en Irak et à accélérer la course à l'arme atomique par le régime
" .
" L'Europe doit tirer une leçon de son histoire " ajoute-elle.
" Céder une partie de la Tchécoslovaquie, n'a pas satisfait
l'appétit d'Hitler et l'a encouragé dans son expansionnisme.
Aujourd'hui, les dirigeants européens négocient dans le même
esprit et sous le même prétexte avec les représentants du fascisme
religieux pour empêcher la guerre. On ne peut l'empêcher avec
une politique de complaisance, ni en sacrifiant la Résistance
iranienne. Au contraire la seule solution, c'est un changement
démocratique par cette résistance. Aujourd'hui, la communauté
internationale doit choisir entre la guerre et un changement
démocratique en Iran ".
Au coeur de cette politique se trouve la marque de terroriste
collée à l'organisation des Moudjahidine du peuple, la force
principale du changement en Iran. C'est cette politique, qui
selon la dirigeante de la Résistance iranienne, a bloqué le
potentiel de la résistance pour un changement.
Elle assure : " Notre objectif, n'est pas de prendre le pouvoir
à n'importe quel prix. Notre objectif est de garantir que le
pouvoir soit remis entre les mains du peuple. Nous sommes partisans
d'une république pluraliste, fondée sur la séparation de la
religion et de l'Etat, l'égalité totale entre les femmes et
les hommes, le respect des libertés individuelles, politiques
et sociales (…) "
L'annonce était accueillie avec chaleur par Edith Cresson, qui
n'a pas hésité à affirmer : " je crois qu'il faut vous remercier
et vous féliciter de l'action que vous menez, les parlementaires
qui sont ici, vous le diront, le soutien des Français dans cette
affaire vous sera certainement acquis de façon qu'on puisse
instaurer en Iran un régime démocratique ".
Jean-Pierre Michel, sénateur de Haute Saône s'indigne des difficultés
créées depuis juin 2003 en France à la Résistance iranienne
et précise : "Cette situation aujourd'hui est encore plus
préoccupante, plus catastrophique qu'elle ne l'était il y a
encore un an. Nous avons la volonté les uns et les autres, de
briser le mur qu'il faut bien dire existe au moins dans notre
pays. Nous devons briser ce mur qui est un mur de non-dit, un
mur de contre-vérité, un mur de fantasme".
Gérard Charasse, député PRG de l'Allier insiste : " Il est
temps de réagir beaucoup plus vivement que nous ne l'avons fait
jusque-là même s'il y a eu effectivement dans le monde entier
des réactions enfin intéressantes grâce à vous Madame la Présidente
et grâce à votre mouvement. Dans votre action nous serons toujours
à vos côtés, comme j'ai pu l'être lors de la fête du Nouvel
An iranien il y a quelques mois et où j'ai vu, combien vous
étiez suivie, combien votre mouvement était représentatif et
combien il était l'espoir de la paix en Iran, de la démocratie
en Iran et aussi de la paix dans cette région du monde ".
René André, député UMP de la Manche s'est adressé à Maryam Radjavi
: " Je ne suis pas de ceux qui se sont engagés fortement
à vos côtés. J'avais une certaine réticence à m'engager souhaitant
être mieux informé. L'évolution judiciaire et l'aggravation
de la situation dans votre pays m'ont convaincu qu'il convenait
maintenant de témoigner et de s'engager. Voyez mon engagement
et ma présence à vos côtés comme un symbole, comme une prise
de conscience plus éclairée de nombreux parlementaires et je
suis sûr que les malheureuses et regrettables déclarations de
l'actuel président iranien sur la nécessité de radier l'Etat
d'Israël de la carte sont inadmissibles et inciteront beaucoup
de nos parlementaires à rejoindre votre mouvement d'autant que
vous soutenez, nous soutenons, les objectifs d'une république
laïque, pluraliste, respectueuse d'égalité des droits entre
les femmes et les hommes et garante des minorités ethniques
et religieuses ".
Parmi les nombreux intervenants, on trouvait notamment Isabelle
Debré, sénatrice UMP des Hauts-de-Seine, Michel Terrot, UMP,
Rhône, François Loncle, député PS de l'Eure ; Jean-Paul Benoit,
Responsable des relations internationales du PRG; Jacques Desmoulins,
suppléant de Georges Hage, CR, ex-député du Nord, Pierre Bercis,
Président du Nouveau Droit de l'Homme, Jean-Paul Ney, Secrétaire
Général du CIRET-AVT.
La Déclaration
Des parlementaires appartenant à différents groupes politiques
de l'Assemblée Nationale et du Sénat ont assisté à une séance
portant sur la situation en Iran en présence de Mme Maryam Radjavi,
Présidente de la République, élue par le Conseil National de
la Résistance Iranienne.
Déplorant la détérioration flagrante de la situation des droits
de l'Homme figurée par une augmentation du nombre des pendaisons
publiques dont des adolescents ;
Préoccupés par les ingérences de plus en plus indéniables de
la dictature intégriste au pouvoir en Iran dans les affaires
intérieures de l'Irak ; Alarmé par la persistance des autorités
iraniennes dans la continuation d'un programme nucléaire avec
des objectifs militaires ;
Conscients des soulèvements récents des étudiants dans les universités
à Téhéran et plusieurs villes de province, ainsi que les protestations
des ethnies azéris, kurdes, béloutches et arabes iraniens violemment
réprimées;
Nous déclarons partager les positions de Mme Radjavi tant dans
son opposition à une intervention militaire extérieure en Iran
que dans son appel à la France dans le cadre de l'Union européenne
pour adopter un langage de fermeté à l'égard du régime iranien
suivie d'une nouvelle politique vis-à-vis du peuple iranien
et de sa résistance pour un changement démocratique et les libertés
fondamentales;
Nous soutenons les objectifs du peuple iranien quant à l'instauration
d'un Etat laïque et pluraliste en Iran, respectueux de l'égalité
des droits entre les femmes et les hommes et garant des droits
des minorités ethniques et religieuses.
Le temps est venu pour que les élus de la République encouragent
et soutiennent le peuple iranien et sa résistance qui ont fait
tant de sacrifices pour les valeurs de la liberté, de l'égalité
et de la fraternité.
Les premiers signataires : Pascal Terrasse, PS, Ardèche
Marc Reyman, UMP, Bas Rhin Georges Hage, PC, Nord François Loncle,
PS, Eure Philippe Cochet, UMP, Rhône Michel Terrot, UMP, Rhône
René André, UMP, Manche Gérard Charasse, PRG, Allier Isabelle
Debré, Sénatrice UMP, Hauts-de-Seine Jean-Pierre Michel, Sénateur
PS, Haute Saône