Une délégation de 30 femmes députées et sénatrices afghanes
a été reçue à Paris du 11 au 16 juin.
Elles sont trente élues venues de toutes les régions de l'Afghanistan
à bénéficier d'une semaine de formation au métier d'élu. Une
initiative de l'association MEWA (Mobilization for Elected Women
in Afghanistan) qui a pour objectif d'aider les femmes élues
d'Afghanistan à exercer leur mandat dans les meilleures conditions
possibles et faire preuve de leur efficacité. Rappelons qu'après
être intervenue en Afghanistan en 2001, la communauté internationale
n'a eu de cesse que d'assister le peuple afghan dans l'instauration
d'une véritable démocratie. Si beaucoup de chemin reste encore
à parcourir, une nouvelle constitution a été adoptée, instaurant
un quota qui porte la représentation des femmes à l'Assemblée
nationale à une hauteur non négligeable de 25%. Alors qu'elles
n'avaient jusqu'à une période récente, pas même le droit de
vote, 68 élues siègent aujourd'hui à l'Assemblée nationale afghane.
Durant la semaine, ces femmes afghanes ont pu rencontrer les
élus français à l'Assemblée nationale et au Sénat, à la mairie
de Paris et au Conseil régional. Elles ont ainsi pu exprimer
leurs doutes mais également leurs attentes. " Après avoir
vécu dans l'espoir, nous vivons aujourd'hui dans un état de
frustration voire même de désespoir " indique l'une d'entre
elles. Les raisons de ce profond malaise : les lenteurs dans
la reconstruction de leur pays et le fait de ne souvent pas
voir arriver les aides là où elles devraient légitimement aller.
" De nombreuses aides affluent en Afghanistan mais elles
n'atteignent souvent pas leur objectif. Le peuple afghan, celui
des provinces reculées n'en voit que rarement la couleur
" déplore une autre élue. " Ceux qui nous font des dons le
font pour des projets spécifiques qui ne correspondent pas à
nos besoins. Que faire d'une salle de sport alors que nous ne
pouvons même pas nourrir nos enfants ? " ajoute cette autre
femme. Une remarque qui n'a évidemment pas du faire plaisir
au représentant du Conseil régional d'Ile-de-France qui venait
d'annoncer quelques minutes auparavant le financement d'une
salle de sport dans une région afghane reculée… Aujourd'hui,
les élues afghanes aimeraient voir ces dons passer plus directement
par le gouvernement afin que celui-ci les redistribue à bon
escient.
en bref
MIGRATION. Selon le rapport onusien " Migrations internationales
et développement ", le monde compte près de 191 millions d'immigrés,
soit 3% de la population globale. " Nous sommes au beau milieu
d'une nouvelle ère de migrations qui représentent désormais
un phénomène mondial ", a déclaré le secrétaire général de l'Onu,
Kofi Annan. En 2005, l'Europe abritait 34% des populations migrantes,
l'Amérique du Nord 23% et l'Asie 28%. Seulement 9% d'entre eux
vivent dans des pays d'Amérique latine et des Caraïbes et 3%
en Océanie.
Allemagne. Angela Merkel explique sa politique sur Internet.
Un message préenregistré de trois minutes environ sera accessible
chaque samedi à partir de 16 heures. www.bundeskanzlerin.de
Irak. L'Europe souhaite s'engager davantage en faveur
de l'Irak en l'aidant notamment à consolider la démocratie et
à développer l'économie. L'UE entend " encourager l'état de
droit et les droits de l'homme ". Elle envisage également "
d'ouvrir des négociations en vue de la conclusion d'un accord
de commerce et de coopération dans un proche avenir ". Pour
2006, ce plan devra être approuvé par les Etats membres et le
Parlement. Il est assorti d'une enveloppe budgétaire de 200
millions d'euros, déjà débloquée.
Chine. Les autorités chinoises décideront d'ici la fin
de l'année si elles revoient le niveau de participation accordé
aux investisseurs étrangers dans les établissements bancaires
chinois. Aujourd'hui, un groupe étranger ne peut détenir à lui
seul plus de 20% du capital d'un tel établissement. Ce taux
pourrait être relevé. RUSSIE. Le G8 qui se tiendra à Saint-Pétersbourg
à la mi-juillet traitera principalement des questions énergétiques.
Un G8 qui s'annonce tendu. Allant à l'encontre des demandes
de l'UE de libéralisation du marché, deux députés russes ont
déposé à la Douma un texte qui vise à établir juridiquement
le monopole de Gazprom sur les exportations de gaz russe.