La pêche maritime française affronte de nombreux défis, notamment
la raréfaction de la ressource et la pression des cours du pétrole.
La pêche française est à l'heure des choix : au bord de la dilution
totale dans un marché du poisson mondialisé, la filière halieutique
nationale n'a pas d'identité. Elle sait s'exporter mais ne représente
plus qu'environ 15 % de la consommation française.
L'heure des choix passe par l'inéluctable recherche d'une rentabilité
par le marché. Toutefois mon postulat a été celui de garantir
une économie littorale indispensable à un aménagement équilibré
de notre territoire.
L'indépendance du pêcheur, la myriade de très petites entreprises,
l'émiettement sur le littoral, le manque de formation à la vie
du marché et surtout l'absence de dialogue sur les véritables
enjeux en font une " filière introuvable ". Demain les consommateurs,
dans leur grande majorité, pourront continuer à accroître leurs
achats sans jamais manger de poisson " français ". Il y a urgence.
L'avenir est entre les mains des hommes dont le métier est lié
à la pêche et celles des pouvoirs publics. A eux de signer un
contrat gagnant/gagnant sur la base des 59 préconisations.
1- Un projet pour l'ensemble des professionnels : celui de créer
une filière solidaire.
Une filière assise sur un produit rare. Un aliment lié à un
plaisir gustatif bien sûr mais aussi de celui porté par toutes
les images véhiculées : la beauté de la mer, les couleurs des
ports de pêche, de visages de marins.
Une production soumise à des coûts d'exploitation qui mettent
en péril l'existence de certaines flottilles. Néanmoins tous
les métiers de la pêche sont à maintenir.
Une ressource naturelle à gérer de manière plus responsable
et surtout, le faire savoir.
Une incontournable adaptation aux attentes des nouvelles générations
de consommateurs. Ils ont besoin de qualité, de praticité et
d'informations. (marques, labels). Cela a un prix et suppose
des investissements en démarches collectives et en promotion.
Une intégration urgente de l'innovation. Il faut adapter les
produits sans les banaliser et valoriser, quand cela est possible,
tous les co-produits.
Du marin au distributeur, tous les professionnels sont concernés
: il est indispensable de doter le secteur d'une véritable interprofession.
2- Un projet pour les pouvoirs publics : celui de reconnaître
la filière halieutique comme élément structurant de notre économie
et de notre territoire.
L'adaptation au marché doit être accompagnée. Il s'agit de la
recherche, des transferts de technologies, de la publicité.
Plusieurs partenaires publics sont concernés, à commencer par
l'OFIMER.
La pêche, ce sont aussi les ports. Ils en sont les lieux identitaires
et le socle d'une économie locale. Vouloir une répartition harmonieuse
de la filière halieutique sur nos 5 500 kilomètres de côtes
relève d'une vision stratégique. Cette ambition a un prix :
Etat et Régions doivent clairement en assumer les responsabilités
par la prise en charge du coût des investissements portuaires
Dans un pays européen aujourd'hui, la pêche peut vivre ou mourir,
selon le choix de ses gouvernants. Malgré les importantes décisions
budgétaires de ces derniers mois, la France peut mieux faire
encore, et doit affirmer le fait maritime, en donnant aux acteurs
du monde halieutique les moyens de maîtriser leur avenir.
*Auteur du rapport intitulé : " Les pêches maritimes françaises
: entre le défi du marché et le défi de l'aménagement du territoire
" remis au Premier ministre le 12 juin dernier.
en bref
Innovations. Une enquête de l'Insee s'appuyant sur des
données 2001 de l'Office européen du brevet affirme que la France
dépose trois fois moins de brevets que l'Allemagne (23 310 contre
7 175) et quatre fois moins que les Etats-Unis (28 515). Le
Japon est également devant la France avec 18 844 dépôts. L'Insee
dénonce enfin le manque d'effort de la France dans le domaine
de la R&D qui est jugé inférieur à la moyenne " des pays de
l'OCDE.
Développement. L'annonce a été faite à l'issue
du Comité interministériel de la coopération internationale
et du développement, la France consacrera un milliard d'euros
sur trois ans en faveur du développement du secteur privé en
Afrique. Ce plan permettra d'appuyer le développement de plus
de 5 000 entreprises africaines et améliorera les conditions
de vie de plus de sept millions de personnes, indique Matignon.
L'aide publique au développement française dépassera les 9 milliards
d'euros dans le budget 2007, soit 0,5% du revenu national brut
(RNB). L'objectif est de porter cette aide à 0,7% du RNB en
2012.
Stock-options. L'association d'entrepreneurs CroissancePlus
qui a toujours contribué aux différents dispositifs d'actionnariat
salarié déplore, dans un communiqué, " l'impact des récentes
affaires EADS et Vinci sur les stock-options et sur l'image
des entrepreneurs français ". Selon, son président Geoffroy
Roux de Bézieux, " les stockoptions sont vertueuses pour l'économie
quand elles récompensent la prise de risque des entrepreneurs
des TPE/PME et de leurs collaborateurs. Elles ne sauraient être
un outil de motivation réservé à quelques 'supers managers'
de grandes entreprises non exposés à ce type de risque ".