Une proposition de loi cosignée par une soixantaine de parlementaires
entend célébrer la mémoire des victimes du communisme.
Forts d'une maxime qui veut que " l'oubli asservit et que
la mémoire libère ", soixante parlementaires* issus de la
majorité viennent de cosigner, sous l'égide de Bruno Gilles
(UMP, Bouches-du-Rhône), une proposition de loi dérangeante.
En un article unique, ils demandent qu'une journée nationale
d'hommage aux victimes des régimes communistes soit fixée le
9 novembre, jour anniversaire de la chute du Mur de Berlin.
Pour Bruno Gilles, ce texte, qui entend " briser un tabou
" se justifie aisément. " Le grand public est encore très
peu conscient des crimes commis par les régimes communistes
totalitaires. À cela, il y a plusieurs raisons. Jamais les crimes
commis au nom du communisme n'ont fait l'objet d'enquêtes ou
de condamnations internationales, contrairement à ce qui a été
le cas pour les crimes commis par l'autre régime totalitaire
du XXème siècle, le nazisme " explique-t-il avant d'ajouter
que cette "absence de condamnation s'explique aussi en partie
par l'existence de pays dont les gouvernements adhèrent toujours
à l'idéologie communiste".
Pour autant, le député des Bouches-du-Rhône n'entend nullement
réécrire l'histoire mais il fait le constat que " les régimes
communistes historiques quels que soient le pays, la culture
ou la période ont été marqués sans exception par des violations
massives des droits de l'homme ". Bruno Gilles imagine également
sa proposition comme pouvant faire oeuvre pédagogique. "
Une prise de conscience de l'histoire est une des conditions
à remplir pour éviter que des crimes similaires ne se produisent
à l'avenir. Le jugement moral et la condamnation des crimes
commis jouent un rôle important dans l'éducation donnée aux
jeunes générations. Une position claire de la communauté internationale
sur ce passé pourrait leur servir de référence pour leur action
future " insiste-t-il. Justement, le 25 janvier dernier,
l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui
rassemble des parlementaires de 46 états européens, condamnait
dans une résolution les violations massives des droits de l'homme
commises par les régimes communistes totalitaires et rendait
hommage aux victimes de ces crimes. Reste qu'aborder ce thème
là n'est pas de tout repos. La polémique enfle vite. On se souvient
en 1997 de l'interpellation par un député UDF de Lionel Jospin,
après la parution du Livre noir du communisme. Le Premier ministre
avait alors expliqué " que la révolution de 1917 avait été
l'un des grands événements de ce siècle ".
Alors même que l'Europe est dans un processus de réunification
politique, économique, juridique, Bruno Gilles estime que le
15ème anniversaire de la chute des régimes communistes dans
de nombreux pays offre une occasion favorable à sa démarche.
Parmi lesquels : Patrick Beaudouin, Bruno Bourg-Broc, Bernard
Carayon, Olivier Dassault, Jean-Pierre Gorges, Jean-Jacques
Guillet, Didier Julia, Laurent Hénart, Marc Le Fur, Lionnel
Luca, Thierry Mariani, Alain Marleix, Alain Marsaud, Philippe
Pemezec, Éric Raoult, Guy Teissier, Dominique Tian, Christian
Vanneste…