Passé inaperçu dans les médias, Christian Blanc a lancé le
1er juin dernier " Energies 2007 " une plateforme citoyenne
destinée à peser dans le débat présidentiel. Le député des Yvelines
n'exclut pas sa propre candidature.
"Serai-je candidat ? Cela dépendra de vous !". Plus
de 600 personnes sont venues entendre Christian Blanc
lancer sa " révolution positive démocratique " et mobiliser
l'" intelligence collective " des Français un an avant
l'élection présidentielle, " l'enjeu le plus important depuis
1958 " estimet- il. Son objectif : mobiliser avant la fin
de l'année, un maximum de " vulgarisateurs et non des militants
" capables de diffuser ses propositions de réforme, grâce à
" la bataille du net ".
Après les interventions de Gérard Tobelem, professeur
d'hématologie et directeur scientifique de l'Institut des Vaisseaux
et du Sang (IVS) et de François Dupuy, président de Mercer
Delta Consulting France, cabinet spécialisé dans le conseil
aux dirigeants " pour la conduite du changement ", Christian
Blanc prend la parole pour un discours programmatique.
Si réformer la France est une question de méthode, c'est aussi
et surtout une question de " vision, de stratégie à moyen
et long terme " rappelle l'ancien PDG d'Air France, soucieux
d'en finir avec la " tactique du dos rond " qui aura
marqué selon lui les campagnes de 1995 et 2002. " Aucun président
depuis de Gaulle n'a eu le courage ni l'ampleur de dire : voilà
ma vision pour la France " tranche celui qui a demandé publiquement
en janvier dernier la démission de Jacques Chirac. Après
le constat, place aux " choix fondamentaux ".
" Sortir de la tenaille économique ", " renouveler la classe
politique " et " alléger le poids excessif de l'action
publique ", telles sont les trois priorités que préconise
Christian Blanc tout en proposant des voies pour y parvenir.
Reprenant des thèmes qui lui sont chers, l'ancien PDG d'Air
France et de la RATP prône une redéfinition des missions de
l'Etat et un accroissement de la régionalisation des compétences.
" Pourquoi ne pas régionaliser l'éducation à partir du cycle
secondaire " s'interroge-t-il avant de s'attaquer de front
au statut de la fonction publique. Le nombre de fonctionnaires
ayant plus que doublé en 40 ans, ne pas remplacer les 800 000
départs à la retraite des dix prochaines années " s'impose
à un gouvernement responsable ". Rappelant non sans plaisir
qu'" en Italie, ce fut un gouvernement socialiste qui supprima
le statut de la fonction publique ", Christian Blanc propose
également une " suppression des 1500 corps " de la fonction
publique. Energies 2007 saura-t-il mobiliser 100 000 personnes
d'ici la fin de l'année, condition pour que le député des Yvelines
se présente à la magistrature suprême ? A suivre.
Médicaments
Comment restaurer la confiance du grand public à l'égard du
médicament ? C'est la question à laquelle tente de répondre
une mission d'information sur les conditions de mise sur le
marché et de suivi des médicaments (créée le 8 juin 2005) en
publiant un volumineux rapport intitulé " Médicament : restaurer
la confiance ".
Après sept mois d'enquête, la mission présidée par Gilbert
Barbier (Jura - RDSE) et ses deux rapporteures Marie-Thérèse
Hermange (UMP - Paris) et Anne-Marie Payet (UC-UDF - La
Réunion) énonce vingt-cinq recommandations destinées à restaurer
la confiance des patients, dans les domaines institutionnels,
de la formation et de l'information des professionnels de santé
et du grand public, de l'expertise en matière de médicament
et de sécurité sanitaire.
Deux grands thèmes ont plus particulièrement retenu l'attention
de la mission : la nécessité d'améliorer la lisibilité et la
transparence du système et l'insuffisante indépendance des acteurs
à l'égard de l'industrie pharmaceutique.
Après avoir analysé le rôle des différentes structures en charge
de la politique du médicament, la mission préconise que l'on
revoit leurs modalités de financement afin d'assurer leur indépendance
financière, notamment à l'égard des laboratoires pharmaceutiques
qui financent aujourd'hui 80 % du budget de l'Afssaps. Enfin,
pour exercer leurs compétences, les agences sanitaires françaises
font le choix de recourir à des experts qui ont également des
liens avec l'industrie pharmaceutique. Il est donc indispensable
qu'ils soient indépendants et désignés selon une procédure incontestable
et que les conditions soient réunies pour assurer la pérennité
d'une expertise de haut niveau. La mission considère que trois
actions doivent être entreprises sans tarder : la valorisation
du travail des experts intervenant pour le compte des agences,
le développement de la recherche publique en matière de sécurité
sanitaire et la définition d'un statut de l'expert.
D'autres mesures sont préconisées par la mission pour adapter
la formation initiale et la formation continue des médecins
à cette exigence d'indépendance, par exemple en renforçant l'enseignement
de la thérapeutique dans les facultés de médecine. Arpès en
avoir pris connaisance, le Ministre de la Santé et des Solidarités
Xavier Bertrand note que les 25 propositions de la mission
"confortent pour l'essentiel la politique engagée par son ministère". http://www.senat.fr/rap/r05-382/r05-382.html