Profitant du dixième anniversaire de la professionnalisation
des armées, le président de la commission de la défense nationale
et des forces armées à l'Assemblée nationale, Guy Teissier
(UMP, Bouches-du-Rhône) s'est exprimé sur "cette réforme
majeure et unique dans les services de l'Etat". Il en a
d'abord rappelé les raisons qui avaient conduit le président
de la République à se lancer dans cet immense chantier. Elles
sont au nombre de trois principales : satisfaire les besoins
opérationnels, " la guerre du Golfe a démontré à quel point
il nous était indispensable d'avoir une armée professionnelle
" ; la fin de l'Union soviétique et d'un monde bipolaire
et, enfin le développement et la multiplication des crises.
Guy Teissier s'est alors félicité, qu'en si peu de temps, les
armées aient pu faire face à l'abandon de la conscription, à
la professionnalisation et à la réduction des effectifs. Pour
autant, admet-il " il y a un revers à la médaille. Une armée
professionnelle a un coût élevé avec des frais de fonctionnement
importants ". C'est pourquoi, il insiste sur la nécessité
de maintenir les efforts budgétaires en faveur de la défense.
" La réduction du budget ne doit pas être envisageable
" s'insurge-t-il, craignant visiblement le pire pour l'avenir.
" Seul le président Chirac, face à l'opposition et parfois
même contre sa propre majorité, a arbitré en faveur des armées.
Il va donc falloir une volonté forte pour continuer d'affirmer
que les crédits de la défense seront maintenus au niveau actuel.
Je suis inquiet et je doute même de l'avenir " explique,
ennuyé, Guy Teissier. Le président de la commission de la défense
s'est ensuite intéressé à la Loi de Programmation Militaire
2003-2008 qui a permis " une remontée lente mais régulière
de la pente sur laquelle les gouvernements précédents nous avaient
poussé. Mais en dépit de cette LPM, toutes les lacunes n'ont
pas été comblées. Il va y avoir des choix à faire " souligne-t-il
" Quelle politique de défense voulons-nous pour notre pays
? " finit-il par s'interroger. Seul le futur président à
la réponse, " et s'il n'est pas dans la tradition républicaine
d'auditionner les candidats, je pense que tous auront à coeur
de venir s'exprimer devant notre commission " lance à la
cantonade Guy Teissier. A suivre.