Sectes : la menace persiste
La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre
les dérives sectaires (Miviludes) a rendu son rapport pour
l'année 2005. Le constat " sans être alarmant reste préoccupant
".
Dix ans après la tragédie de l'ordre du Temple solaire
soldée par la mort collective de 48 personnes, la menace sectaire
persiste. Des associations à l'appellation obscure tels Horus,
Ecoovie, l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix ou bien
d'autres internationalement connues comme la Scientologie
ou la Kinésiologie - la médecine par le touché - comportent
un risque notoire de dérive sectaire. En 2005, trois domaines
sont apparus comme " particulièrement préoccupants
" aux yeux de la Miviludes : l'enfance, les médecines alternatives
et l'aide humanitaire d'urgence. Mais le secteur de l'intelligence
économique serait lui aussi visé par les sectes. A plusieurs
titres, l'enfant est un coeur de cible idéal pour les dirigeants
de secte car il est " malléable et sans défense ".
Mauvais traitements, endoctrinement, voire abus sexuels, tel
est le sort réservé à nombre d'enfants embrigadés dans les
associations sectaires. En juin 2005, la cour d'assises du
Finistère a condamné à cinq ans de prison dont 52 mois avec
sursis les parents kinésiologues du petit Kerywan, mort à
16 mois avec le poids d'un nourrisson de quatre mois. L'enseignement
par correspondance est également l'objet de surveillance des
pouvoirs publics. Selon la cellule de prévention de l'Education
nationale, environ 10 000 enfants seraient instruits à domicile
ou dans des établissements hors contrat. L'enseignement par
correspondance qui est libre et ne présente aucune garantie
ni agrément -hormis le Cned-, et le soutien scolaire semblent
être " une des nouvelles pistes de la Scientologie
". Autre signe des temps, nombre de groupes investissent le
champ de la santé et du bien-être " profitant de l'attirance
du public pour les thérapies alternatives et les médecines
douces ". Comme le prouve la banalisation de l'ésotérisme
et de l'occultisme, ce retour à la " pensée magique "
dans notre société s'accompagne de risques divers " depuis
la simple escroquerie à la dérive thérapeutique ".