A la lecture du document intitulé " Combien nous coûtent
vraiment nos Elus " publié par les Contribuables Associés,
l'Elu national et local que je suis ne peut que ressentir
un certain effarement non devant les chiffres bruts, qui sont
la plupart du temps exacts. Mais devant le ton délibérément
soupçonneux pour ne pas dire insidieux avec lesquels ils sont
compilés, confondus ou interprétés.
Exemples :
Lire en exergue que " la politique est toujours plus rentable
pour les élus " et en fin que " pour augmenter leurs revenus
", les Maires cherchent à se faire élire Conseiller Général,
Régional ou Parlementaire !! Le désir de servir plus largement
serait donc de cette seule nature ? C'est passer sous silence
les sacrifices professionnels, familiaux… et pécuniaires qu'imposent
l'exercice honnête de ces mandats. Ceux qui ne le font que
" pour… " sont rapidement repérés par les électeurs, et battus
!
C'est d'ailleurs en considération des carrières privées rompues
par l'exercice des mandats nationaux qu'a été conçu le régime
de retraite des Sénateurs, dont le régime de capitalisation
fait faire de notables économies aux contribuables, puisque,
remontant à 1905, il permet de servir les retraites sans appel
au Budget classique de l'Etat.
Les Crédits affectés aux Parlementaires pour recruter des
assistants sont froidement considérés comme une manne tombant
dans leur poche, alors qu'au Sénat tout au moins, le recrutement
est encadré en qualité et nature (un seul assistant issu de
la famille, à la rémunération limitée). Accepter cette thèse
équivaudrait à considérer comme faisant partie de sa rémunération
personnelle le salaire de la secrétaire ou des collaborateurs
de tout notaire ou industriel ! Et qui peut mieux juger de
l'organisation de son travail, avec collaborateurs directs
ou par l'appui de son Groupe Parlementaire que l'intéressé
lui-même ? (Ce qui explique l'affectation éventuelle à celui-ci
d'une part des crédits prévus pour ceux-là).
Est considéré comme scandaleux le caractère forfaitaire des
indemnisations pour frais de mandat. C'est d'une part oublier
que la diversité des styles d'action et leurs variété en rendrait
le contrôle impossible et d'un coût exorbitant, mais surtout
le fait que l'exercice d'un mandat entraîne des contraintes
et donc des frais de déplacement, de logement et de vie, physiquement
dédoublée entre Paris et la circonscription. Ils sont là d'autant
plus coûteux que les Français ont tendance à considérer leur
Parlementaire comme un intercesseur qui se doit d'être en
permanence à portée de main. Qui devrait donc régler les frais
de la Permanence locale, les kilomètres dans la circonscription
(souvent plus de 60.000 par an), le compte-rendu de mandat
pour prendre des exemples simples ? Ajoutons qu'il s'agit
en tout état de cause d'une indemnité soumise à CSG, mais
exonérée d'impôt dans le cadre de l'article 81-1 du CGI, comme
le sont les allocations pour frais d'emploi dont bénéficient
toutes les professions, journalistes inclus.
Si une réflexion sur le nombre d'élus nationaux, serait probablement
opportune, il est plus délicat d'envisager au seul niveau
du slogan celui des Elus locaux, en particulier concernant
ceux qui font vivre le milieu rural et dont le dévouement
économise bien des interventions administratives, il faut
rappeler que nombre d'entre eux ne perçoivent pas les indemnités
auxquelles ils pourraient prétendre, mais aussi, contrairement
à ce qui est affirmé, que 72% n'ont droit à rien ! (Cf. Le
Cri du Contribuable, même origine, N° 12, p19).
Tout ce qui est excessif devient vite insignifiant.