Iran : un imbroglio politique, économique
et religieux
Parce que l'Iran ne se résume pas à la question nucléaire,
la Fondation pour la Recherche Stratégique s'est intéressée
aux aspects politiques et économiques du pays. Aperçu.
""C'est à en perdre son persan !" lâche amusé Michel
Makinsky, conférencier à l'ESCEM de Poitiers pour décrire
la situation politique iranienne. Pour ce spécialiste de l'Iran,
les errements iraniens du moment sur les questions internationales
et notamment sur le nucléaire ne sont que le reflet des luttes
internes intenses entre les différentes factions : conservateurs,
religieux, militaires, services secrets, gardiens de la Révolution
pour s'emparer de tous les pouvoirs... Si aujourd'hui les
conservateurs occupent l'ensemble des postes clés, cela ne
s'est pas fait avec la seule élection du président Ahmadinejad
mais bien par paliers successifs. La première étape a été
la prise des conseils municipaux par les Pasdarans en 2003
suivie par les élections législatives et enfin l'élection
présidentielle en 2004. " Après les municipales, les réformateurs
n'ont pas tiré les conséquences de leur échec. Rien n'a été
fait pour s'opposer aux conservateurs " regrette Michel Makinsky.
Aujourd'hui les Pasdarans ou gardiens de la révolution " ont
un poids politique à part entière. Ce pouvoir qui s'est installé
n'est pas seulement politique, il est aussi économique et
religieux " précise-t-il. Mais le conférencier rappelle
que l'ultime maillon du pouvoir réside dans l'Assemblée des
experts. Une assemblée composée de 86 religieux extrêmement
puissants qui ont la haute main sur le régime jusqu'à un pouvoir
de contrôle sur le Guide suprême. " Ils ont tous les yeux
rivés sur novembre 2006, date de l'élection, au suffrage universel,
de cette assemblée " note-t-il.
Invité par la FRS pour traiter de la question économique,
Thierry Coville, professeur associé parle " d'un environnement
macro économique extrêmement favorable ". Il est vrai
que l'Iran, grâce à ses exportations de pétrole connaît une
croissance annuelle de près de 6% " et qui n'est pas prêt
de s'arrêter vu la hausse du prix du baril " souligne-t-il.
Mais, " car il y a un mais ", l'Iran reste économiquement
fragile. Le secteur privé n'est pas en confiance - il investit
ailleurs-, les choix économiques " populistes " du
président n'ont pas bonne presse auprès des experts, la politique
de subvention massive de certains secteurs, la volonté de
baisser les taux d'intérêts en dépit d'un risque d'inflation
font qu'il y a de réels risques de déstabilisation. La crise
économique est latente. Or, aujourd'hui sanctionner économiquement
l'Iran serait sans doute contreproductif estime Thierry Coville.
" Cela n'aurait pour conséquences qu'un raidissement nationaliste
du régime ".
en bref
Russie
" J'estime quand même avoir le droit d'exprimer mon avis
sur un candidat ou un autre " a indiqué dernièrement Vladimir
Poutine, bien résolu à désigner son successeur pour l'élection
présidentielle de 2008. Sergueï Ivanov, le ministre de la
défense et vice-premier ministre et Dmitri Medvedev, premier
vice-premier ministre sont favoris.
Mali
L'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF)
a été retenue pour contribuer à la modernisation et à la consolidation
de l'état civil malien en participant à l'informatisation
de l'état civil dans le district de Bamako et dans les 8 régions
du Mali. Ce projet de plus de 3 millions d'euros est étalé
sur 3 ans.
France à l'étranger
Le plan de relance de l'action culturelle internationale présenté
par Philippe Douste-Blazy prévoit des partenariats entre l'Etat
et le secteur privé dans la construction de nouveaux lycées
français à l'étranger. Il est également prévu la création
d'une agence internationale, CulturesFrance, fédérant les
moyens du ministère des Affaires étrangères et de la Culture.
"Cet organisme, doté d'un budget consolidé de 30 millions
d'euros, doit devenir un acteur incontournable du rayonnement
culturel de la France à l'international" a expliqué le ministre.
Le Quai veut enfin développer le PPP dans le domaine de l'aide
au développement, afin de "renforcer la visibilité de la 'Maison
France' dans le domaine de la solidarité internationale".
Turquie
Pour faire face à une possible pénurie d'énergie et afin de
rompre sa dépendance, la Turquie a fait appel à la Russie
pour la construction de centrales nucléaires sur son territoire.
Les travaux d'une première centrale devraient débuter en 2007
pour une mise en exploitation en 2012. La Turquie prévoit
la construction de trois centrales nucléaires d'une puissante
totale de 5 000 mégawatts.
Pologne
Placée 70ème dans le dernier classement (2005) des pays les
plus corrompus publié par l'organisation Transparency International,
la Pologne a voté une loi créant un Office gouvernemental
anticorruption.