Le 7ème Colloque international des anciens élèves de l'ENA,
HEC et Polytechnique s'est tenu le 30 mars sur le thème : "
acteurs publics et entreprises - le capitalisme a-t-il de l'avenir
? ". Compte-rendu.
Les trois présidents des associations d'anciens élèves, Mercedes
Erra pour HEC, Pierre-Henri Gourgeon pour Polytechnique et Arnaud
Teyssier pour l'ENA ont ouvert ce colloque en présentant leur
collaboration comme un moyen de traiter les questions chères
aux sphères publiques et privées, trop souvent confrontées à
une persistante incompréhension, en y associant des partenaires
et des intervenants des deux camps.
Les acteurs publics et privés sont aujourd'hui confrontés aux
évolutions d'un capitalisme qui, depuis quinze ans, n'a plus
aucun contre-modèle, et doivent envisager ensemble une régulation
susceptible de contrôler ses déséquilibres. Jean Peyrelevade,
ancien Président du Crédit Lyonnais, a lancé le débat sur la
question du partage de la valeur ajoutée, plus favorable depuis
vingt ans au capital. Il a mis en garde contre la vision marxiste
qui oppose capital et travail, sans prise en compte du consommateur.
Alain Leclair, Président de l'Association française de la gestion
financière, a appuyé ce propos en rappelant que cette croissance
de la part du capital a nourri un fort investissement des entreprises,
indirectement favorable au travailleur consommateur. Edouard
Tétreau, directeur général de Mediafin, a appelé de ses voeux
une plus grande participation des travailleurs, à trois niveaux,
résultats, capital et organes de direction, regrettant que les
syndicats ne soient pas encore prêts à accepter le principe
même de l'actionnariat.
La deuxième table ronde s'est intéressée à l'apparition de "
nouveaux riches " et de " nouveaux pauvres. " Jean- Claude Bailly,
Président de La Poste, a donné l'exemple du rôle de service
public que peut remplir un groupe tel que le sien, notamment
dans le domaine bancaire, et permettre à ceux qui sont en dehors
du système d'y rentrer. Philippe Lagayette, Président de JP
Morgan France, a regretté la spécificité française selon laquelle
les jeunes sont les premiers " nouveaux pauvres ". Le philosophe
Patrick Viveret a clos ce débat en soulignant la nécessaire
distinction entre marché et capitalisme, et le besoin de réguler
le premier pour préserver le second.
La troisième table ronde était consacrée à la fracture du sacrifice
du Nord Sud. Kiyotaka Akasaka, Secrétaire général adjoint de
l'OCDE a néanmoins rappelé les projections favorables sur l'évolution
de l'Asie. L'Afrique reste le grand exclu de la croissance,
et peine à attirer les nécessaires investissements, ne présentant
pas la triple stabilité économique, politique et sociale. Jean-Cyril
Spinetta, Président d'Air France, a attiré l'attention sur l'opposition
entre les règles économiques du Nord, comme par exemple le droit
à la propriété pour les médicaments, et les règles morales vis-à-vis
des pays pauvres. La question de l'eau, abordée par Jean-Louis
Chaussade, directeur général de Suez environnement, sera assurément
au coeur des préoccupations futures.
Le colloque s'est achevé sur la question de ce que pourrait
être un nouveau capitalisme. Denis Ranque, Président de Thalès,
a appelé de ses voeux de nouvelles boucles de régulation entre
actionnaires, salariés et clients, mais aussi une meilleure
compréhension des enjeux du capitalisme par les Français.
Thierry Breton, Ministre des Finances, a clos cette journée
en recommandant la refonte du modèle français, encore conforme
aux besoins des années 50. Il a profité de la tribune pour annoncer,
un jour avant les medias, le déficit budgetaire contenu sous
la barre des 3%.
en bref
Energie. La facture énergétique de la France s'est alourdie
l'an dernier de 34,7% par rapport à 2004 pour atteindre 38,26
milliards d'euros, soit 2,26% du Produit intérieur brut (PIB)
en 2005, a annoncé le ministre délégué à l'Industrie François
Loos. Cette facture représente l'équivalent d'une semaine de
travail pour l'ensemble des Français, selon Bercy. "La hausse
de la facture tient surtout à celle des cours internationaux
des énergies fossiles," a indiqué François Loos. Le pétrole
et le gaz ont pesé lourd dans la facture globale, avec une progression
de 33% sur 2004 à 39,23 milliards d'euros.
Doléance. Bertrand Delanoë s'est plaint le mois
dernier dans un courrier à Jean-Louis Borloo de la mise en place
à Paris du plan de Cohésion sociale qu'il juge décevante. La
convention signée en juillet 2005 entre l'Etat et la capitale
prévoyait que la majorité des contrats aidés prévus dans le
plan s'adressent en priorité aux bénéficiaires du RMI. L'objectif
était que 6 200 d'entre eux retrouvent un emploi mais ils n'ont
été que 2 216 à être recrutés. Le nombre de Rmistes ne cesse
de progresser à Paris; fin 2005, ils étaient 62 574 soit une
hausse de 16% en deux ans.
Contrefaçon. Dans un discours prononcé, le 19
avril 2006, à l'occasion de son voyage officiel aux Etats-Unis,
le Président chinois Hu Jintao a clairement assuré que la Chine
renforcerait la protection des droits de propriété intellectuelle.
Une décision saluée par l'Union des Fabricants (UNIFAB) et son
Président Marc-Antoine Jamet.