Début mars, le président taïwanais Chen Sui-bian a aboli
le Conseil pour l'Unification Nationale, l'institution chargée
de préparer un éventuel rapprochement avec Pékin.
A l'annonce inattendue et spectaculaire du président taïwanais,
la réponse chinoise n'a pas tardé. Cette décision a été qualifiée
" de pas dangereux vers l'indépendance " par le président
chinois Hu Jintao. Il voit là " une provocation
sérieuse contre le principe d'une seule Chine, sur lequel
insiste la communauté internationale, et contre la paix et
la stabilité dans le détroit de Taïwan " et ajoute : "
Nous continuerons d'oeuvrer en vue d'une réunification
pacifique, mais nous n'accepterons en aucun cas que Taïwan
quitte la mère patrie ".
Créé en 1990, le Conseil pour l'Unification Nationale (NUC)
est un organe "fantôme" mais à haute valeur symbolique.
Sans personnel, doté d'un budget réduit, le NUC ne s'était
pas réuni depuis l'élection du président Chen en 2000. Reste
que ce geste a été très mal interprété par la Chine continentale.
L'idée même de réunification, à laquelle tient fermement la
Chine ayant été mise à bas par cette décision. Washington
s'en est même inquiété. George W. Bush a délégué plusieurs
émissaires pour tenter d'infléchir la décision du président
Chen, sans succès. Dans le détroit, le ton monte. A plusieurs
reprises déjà, la Chine avait promis de lutter contre toute
volonté sécessionniste de Taïwan. Par la force même s'il le
fallait. Rappelons que plus de 700 missiles balistiques chinois
sont pointés sur l'Ile.