Monique Papon, sénateur (UMP - Loire-Atlantique), président
du groupe d'information et d'échanges Sénat-République de
Chine-Taïwan
Quelle est votre réaction face à la décision du président
taïwanais?
Sans ingérence, reprenons simplement les faits auxquels vous
faites allusion. Le 27 février dernier, le Président Chen
Shui-bian a annoncé que le " Conseil pour la réunification
nationale " allait cesser ses fonctions, notamment en
raison de l'adoption par Pékin de la loi dite "anti-sécession".
Certains peuvent analyser cette décision comme un pas de plus
franchi vers une séparation plus affirmée entre les deux rives.
Pour ma part, je crois qu'au-delà de ces aléas conjoncturels,
de ce tango permanent qui agite les relations entre les deux
rives depuis plus de 50 ans, le plus important demeure, de
part et d'autre, le maintien du statu quo, que le Président
Chen a d'ailleurs soutenu avec force dans ce même discours.
Vous le voyez, les relations inter-détroit sont tout sauf
un long fleuve tranquille !
Par ailleurs, je tiens à rappeler ici que le groupe d'information
et d'échanges Sénat - République de Chine-Taïwan (GIE) a toujours
encouragé un dialogue constructif entre Pékin et Taipei afin
que la sécurité et la paix soient garanties dans cette région.
En ce sens, nous soutenons toute initiative pacifique qui
permettrait la reprise de ce dialogue et la limitation de
la course aux armements dans la zone afin de désamorcer la
tension entre les deux rives et d'assurer la nécessaire stabilité
régionale.
La seule Chine reconnue est celle dont le gouvernement
est à Pékin. Pourtant Taïwan est une réalité. Comment concevez-vous
votre rôle ?
La France reconnaît, comme la plupart des Etats membres des
Nations-Unies, une seule Chine avec laquelle elle entretient
des relations diplomatiques. Pour autant Taïwan est une réalité,
non seulement commerciale mais également humaine, culturelle
et politique. Juste quelques chiffres : 17ème puissance mondiale,
la plus haute tour du monde, 3ème réserve mondiale de devises,
1er producteur mondial de carte-mères, Taïwan avec ses 23
millions d'habitants vit un rare exemple de démocratie politique
pluraliste dans le monde chinois, marqué par un besoin incessant
de s'améliorer en s'inspirant de démocraties aînées, comme
la France.
Créé par le Bureau du Sénat en 1984, le GIE que j'ai l'honneur
de présider est aujourd'hui composé de plus de 50 sénateurs
- dont près de 30% de femmes - représentant les horizons politiques
et les territoires les plus divers. La plupart d'entre nous
sont en outre également membres du groupe sénatorial France-Chine.
Nous matérialisons ainsi notre conception particulière, à
savoir celle d'un facilitateur de dialogue entre les deux
rives. Pour mieux nous connaître : www.senat.fr/ga/ga_taiwan