En quatre ans, nous avons pu démontrer
la cohérence de notre projet
Entretien avec Sophie Bonnaure, déléguée générale de la
fondation d'entreprise VINCI pour la cité.
En quoi les actions de la Fondation VINCI sont-elles en cohérence
avec les activités du groupe ?
La fondation est née en mai 2002 grâce à une volonté de nouer
des liens entre le monde associatif au sens large et le monde
de notre entreprise. Depuis toujours VINCI fédère des métiers
d'insertion et d'intégration. Le gros des chantiers du groupe
VINCI se trouvant dans les zones urbaines, il y avait une
réelle logique à ce que la fondation soit un apport et une
mise en réseau de personnes professionnellement tournées vers
ces métiers de l'insertion. La fondation est aussi en totale
complémentarité avec l'identité de VINCI : sur un chantier,
c'est l'humain, l'équipe qui est au centre de tout.
Les salariés de VINCI s'impliquent-ils dans les actions
de la fondation ?
Environ 50% des projets soutenus par la fondation ont été
proposés par un salarié du groupe. La fondation est une porte
d'entrée financière : chaque fois qu'il y a une demande de
financement par une structure spécialisée dans l'insertion
professionnelle dans les quartiers, cette demande doit être
assortie d'une demande de partenariat humain. Les salariés
de VINCI peuvent partager leurs compétences sur plusieurs
volets : conseil, aide à la commercialisation, ouverture de
carnet d'adresse, autant de missions que de projets aidés…
Après quatre ans d'existence votre budget a doublé : comment
l'expliquez-vous ?
En quatre ans, nous avons pu démontrer la cohérence de notre
projet et que l'apport des salariés était une plusvalue en
terme de cohésion sociale et de cohésion en interne pour le
groupe. Ce développement se situe aussi dans un mouvement
général des entreprises en Europe sur le développement durable
et la responsabilité sociale de l'entreprise. Enfin, nous
n'avons jamais dérogé au fait d'aider de petits projets locaux
avec des partenaires bien identifiés que l'on peut mettre
en lien avec nos salariés. Il est donc devenu naturel d'augmenter
notre budget (il est passé de 1 à 2 millions d'euros) et la
fondation a été prorogée jusqu'en 2012.
Quel est le code de conduite de VINCI pour éviter toute
collusion entre le mécénat et les clients du groupe ?
Comme chacun le sait, les collectivités locales font partie
des clients du groupe VINCI ; c'est pourquoi nous avons affiché
dès le début comme règle de conduite de ne pas aider une association
dont le président était un élu local connu. On essaie vraiment
de ne pas mélanger le commerce et le mécénat. Cette volonté
va plus loin car si jamais des liens commerciaux peuvent se
créer entre une association que la fondation vient d'aider
et une entreprise de VINCI, on leur demande d'y renoncer pendant
deux ans pour ne pas disqualifier l'acte de mécénat qui doit
rester désintéressé et non commercial.