Cézanne et Pissarro, une exposition réalisée par le musée
d'Orsay, en collaboration avec The Museum of Modern Art de
New-York et The Los Angeles County Museum of Art. Sensations.
A la fin de sa vie, dans une lettre à son fils, Camille
Pissarro écrit : "Cézanne (…) a subi mon influence
à Pontoise et moi la sienne (…) Parbleu, nous étions toujours
ensemble ! Mais ce qu'il y a de certain, chacun gardait la
seule chose qui compte 'sa sensation'… ce serait facile à
démontrer".
C'est chose faite avec cette étonnante exposition qui rassemble
au musée d'Orsay une soixantaine de peintures et quelques
oeuvres graphiques provenant de collections publiques et privées
du monde entier. Le fil conducteur de l'exposition est de
confronter et d'étudier les relations entre l'art de Paul
Cézanne (1839-1906) et celui de Camille Pissarro
(1830-1903) sur deux décennies, du début de leur carrière
vers 1865 jusqu'en 1885. Ils s'étaient connus à Paris, à l'atelier
du peintre Suisse en 1861 et, entre les deux hommes, l'entente
allait être profonde et durable. Cézanne ne disait-il pas
" Quant aux vieux Pissarro, ce fut un père pour moi. C'était
un homme à consulter et quelque chose comme le bon Dieu
". Au cours de ces vingt années d'interférence et d'amitié,
on remarque combien la peinture des deux hommes se ressemble
tout autant qu'elle se distingue. S'ils ont arpenté les mêmes
chemins autour de Pontoise ou d'Auvers-sur-Oise, s'influençant
l'un l'autre, ils ont chacun su conserver leur propre identité.
Cela se remarque notamment dans la façon qu'avait Camille
Pissarro d'introduire dans ses peintures un personnage, un
paysan évoquant ainsi la présence humaine à la différence
de Cézanne et ses paysages toujours déserts. Une " parenté
" mais également "une identité" visible tout au long
de cette belle exposition au travers des portraits, natures
mortes et paysages de deux artistes ici réunis. Le dialogue
ainsi construit montre combien les recherches picturales qu'ils
mènent alors ont joué un rôle essentiel dans la genèse de
l'art du XXème siècle. Un très beau face à face.
En cette année du centenaire de la mort de Cézanne, " le
Maître d'Aix ", ne manquez pas " Cézanne en Provence
". Cette exposition, reconnue d'intérêt national, proposera
au public de découvrir, dans les salles rénovées du musée
Granet, le lien unique entre le peintre et son pays d'enfance
à travers 116 oeuvres.
Renaissance à Lille. Fermée depuis l'été 2000 pour
travaux, la galerie de la Renaissance du Palais des Beaux-arts
de Lille a rouvert au public le 5 mars dernier. Les visiteurs
peuvent redécouvrir sur 2 200 m2 le parcours complet des collections
de l'Antiquité, du Moyen-âge et de la Renaissance. Heureuse
surprise : 16 peintures et 30 sculptures sont sorties des
réserves pour l'occasion. Après la galerie consacrée aux Pays-Bas
des XVème et XVIème siècles, le visiteur peut s'attarder dans
deux salles entièrement réaménagées : l'une dévolue à l'Italie
du début du XVIème siècle, l'autre à l'exceptionnelle collection
allemande du XVème siècle. L'exposition " Du dessin au vitrail
" ouvrira, elle, ses portes du 8 avril au 3 juillet sur le
thème des peintres et maîtres verriers dans le Nord de la
France au XIXème.