Plan D comme Débat
La commission européenne vient d'adopter un Livre blanc sur
la politique de communication européenne.
"La communication est d'abord et avant tout une question
de démocratie. Les citoyens ont le droit de savoir ce que
l'UE fait et ce qu'elle représente. Ils ont le droit de participer
sans réserve au projet européen. La communication sur l'Europe
n'est pas uniquement l'affaire de Bruxelles. Les institutions
de l'UE et les Etats membres doivent unir leurs efforts. L'UE
s'est développée et est devenue un projet politique mais elle
n'a pas trouvé sa place dans le coeur et dans l'esprit des
citoyens. Dans son livre blanc, la Commission formule des
propositions afin de relever ce défi mais aussi de jeter les
bases d'une politique de communication de l'Union européenne
" a expliqué Margot Wallström, vice-présidente
de la Commission lors de la présentation du Livre blanc.
Ce document fait suite à la publication du plan d'action de
la Commission en matière de communication, adopté en juillet
2005 et qui présente dans les grandes lignes les mesures que
la Commission envisage de prendre pour réformer ses propres
activités de communication, " dans le but de se rapprocher
des citoyens et de mieux répondre à leurs préoccupations
".
" Ces vingt dernières années, l'UE s'est métamorphosée.
Un large éventail de tâches influençant la vie des citoyens
de façon très diverses lui ont été confiées. Toutefois la
communication de l'Europe avec ses citoyens n'a pas suivi
le même rythme " constate les auteurs de ce Livre blanc.
Un constat ? Une prise de conscience, - car " nul n'ignore
qu'il existe un fossé entre l'UE et ses citoyens " - qui
pousse la Commission à agir. Plan d'action, Livre blanc, campagne
de sensibilisation, la mobilisation est totale. Le Plan D
" comme Démocratie, Dialogue et Débat " est lancé.
Mais, précise la Commission, " le succès de l'entreprise
dépendra de la participation de tous les acteurs clés, à savoir
les autres institutions et organes de l'UE, les autorités
nationales, régionales et locales des Etats-membres, les partis
politiques européens et la société civile ".
Combler le fossé entre l'UE et ses citoyens
Le principal objectif de ce Livre blanc est de proposer des
orientations et d'inviter l'ensemble de ces acteurs à émettre
des suggestions quant à la meilleure manière de combler le
fossé. " Il en résultera un programme ambitieux visant
à améliorer la communication pour relancer le débat public
en Europe " souligne Margot Walleström.
Cinq domaines d'intervention ont été retenus :
- Définir des principes communs s'appliquant aux activités
de la communication sur les questions européennes.
Le Livre blanc souhaite que les normes et principes communs
qui, selon elle, devraient guider les activités d'information
et de communication relatives aux questions européennes soient
inscrits dans un document- cadre " qui pourrait prendre
l'aspect d'une charte européenne ou un code de conduite européen
sur la communication ".
- Impliquer les citoyens.
Pour porter ses fruits, une politique de communication de
l'UE doit être axée sur les besoins des citoyens. Sa priorité
doit être de fournir les outils et les ressources qui permettront
au plus grand nombre d'accéder à l'information et de faire
entendre leur voix. Trois objectifs : améliorer l'éducation
civique, établir un lien entre les citoyens et établir un
lien entre les citoyens et les institutions publiques. Pour
cela plusieurs pistes comme l'idée de faire de toutes les
bibliothèques des bibliothèques européennes reliées numériquement
qui pourraient ainsi servir de centre d'information et d'apprentissage
ou encore la création de nouveaux espaces de rencontre pour
les Européens, ouverts aux citoyens de toutes générations
et origines et destinés à accueillir des événements culturels
et politiques liés à l'Europe. Enfin, les trois grandes institutions
pourraient aussi organiser des débats ouverts communs qui
complèteraient les débats parlementaires au cours desquels
elles répondraient aux questions du public et de la presse.
- Collaborer avec les médias et utiliser les nouvelles
technologies.
Ayant fait le constat que la couverture médiatique des questions
européennes restait trop souvent limitée, le Livre blanc souhaite
fournir aux médias des informations et données d'actualité
de grande qualité tout en prenant en compte les dimensions
nationales, régionales et locales afin de donner " à l'Europe
un visage humain ". Pour cela les institutions de l'UE
devraient être équipées de meilleurs outils et capacités de
communication souligne le Livre blanc.
- Comprendre l'opinion publique européenne.
Dans ce domaine, des efforts ont déjà été déployés afin d'améliorer
la qualité des sondages Eurobaromètre mis en place par la
Commission. Mais l'UE veut aller plus loin, notamment en faisant
en sorte que ses institutions collaborent plus étroitement
les unes avec les autres afin de concevoir et planifier ces
sondages et d'en diffuser les résultats. Elles pourraient
également créer un Observatoire indépendant de l'opinion publique
européenne qui recenserait les tendances en matière d'opinion
publique et les analyserait en profondeur.
- Agir ensemble.
Pour qu'une " sphère publique européenne " efficace
puisse voir le jour, tous les acteurs (Etats membres, institutions
de l'UE, échelon local et régional, partis politiques et société
civile) doivent agir en partenariat. Comment ? Une coopération
entre les niveaux national et européen pourrait par exemple
passer par de nouvelles initiatives prises à l'échelon national
(débat public et parlementaire, contacts directs entre les
ministres nationaux et les commissaires européens…). Les institutions
européennes pourraient également adopter une approche mieux
coordonnées et plus axée sur les citoyens. Le champ de coopération
entre la Commission et le Parlement européen pourrait être
élargi. Les partis politiques pourraient impliquer davantage
leurs membres dans les questions de politiques européennes
et contribuer au débat au moyen de groupes de réflexion transnationaux
européens…
Le défi est grand. La Commission souhaite à présent recueillir
le point de vue des institutions européennes, des Etats-membres,
des pouvoirs publics aux niveaux local et régional, des ONG,
des partis, des citoyens d'Europe avec toujours comme point
d'orgue la volonté de mieux communiquer et de mieux se faire
comprendre.
Livre blanc : Mode d'emploi La période de consultation sur
le livre blanc durera six mois. A l'issue de cette période,
la Commission fera part de ses réactions et oeuvrera avec
les parties intéressées à l'élaboration de plans d'action
spécifiques pour chaque domaine d'action. Les citoyens européens
et les parties intéressées sont invités à répondre en se connectant
à un site Internet créé spécialement à cet effet : http://europa.eu.int/comm/communication_white_paper/index_fr.htm
en bref
Multilinguisme
La commission européenne vient de rendre public une note sur
les compétences linguistiques des commissaires européens et
de leurs porte-parole. Edifiant. Le commissaire le plus polyglotte
est le Letton Andris Pieblag qui parle en plus de la
sienne, cinq langues (anglais, allemand, français, russe,
estonien). Dernier de la classe, l'Irlandais Charlie McGreevy
qui se contente de parler l'anglais. Il est suivi de près
par le Britannique Peter Mandelson qui outre sa langue
maternelle admet des notions de base en Français. Côté Français,
ce n'est guère plus brillant, Jacques Barrot déclare
parler uniquement l'anglais. Le président de la commission
José Manuel Barroso se situe, quant à lui, dans la
moyenne avec trois langues pratiquées en plus de la sienne
(anglais, français, espagnol). Sur vingt cinq commissaires,
vingt parlent le français dont cinq ont seulement des notions
de base. Langue universelle : l'anglais.
Biocarburants
"C'est l'occasion ou jamais de marquer des points dans
le dossier des biocarburants" a déclaré le 8 février dernier
Mariann Fisher Boel, Commissaire européen chargée de
l'agriculture et du développement rural, en présentant la
stratégie de la Commission sur les biocarburants. Le document
communautaire s'appuie sur le plan d'action relatif à la biomasse
adopté en décembre dernier et définit trois objectifs : action
en faveur des biocarburants tant au sein de l'UE que dans
les pays en développement; préparation de l'utilisation à
grande échelle des biocarburants grâce à l'amélioration de
leur compétitivité en termes de coût et grâce aux efforts
de recherche sur les carburants de "deuxième génération";
enfin, aide aux pays en développement dans lesquels la production
de biocarburants pourrait stimuler une croissance économique
durable.
Planète PME
PPlanète PME, le seul événement entièrement dédié aux patrons
des PME tiendra sa quatrième édition le 13 juin prochain à
Paris. 5 000 chefs d'entreprise sont attendus, parmi lesquels
une délégation de chefs d'entreprises européens. Jean-François
Roubaud, président de la CGPME a souhaité placer cette nouvelle
édition sous le signe de l'Europe, indispensable au développement
des PME françaises. Cette rencontre sera clôturée par le Premier
ministre. En savoir plus : www.cgpme.fr