Préserver l'environnement
De l'Europe à nos communes
Par Denis Merville, Député-Maire de Sainneville-sur-Seine,
Président de la Commission Environnement et Développement
durable de l'Association des Maires de France
Chacun le sait, la flambée du prix du pétrole est un phénomène
préoccupant. Hélas, celle-ci va très certainement se poursuivre,
selon l'avis des experts, et ce, parallèlement à l'épuisement
des réserves de pétrole. Pour nous, cette situation implique
des adaptations mais également de nouvelles habitudes, de
nouveaux modes de vie et des changements de comportements.
C'est vrai pour le monde économique, c'est vrai pour l'Etat
et pour les collectivités locales.
Selon de nombreuses études scientifiques, l'Union européenne
pourrait économiser au moins 20 % de sa consommation d'énergie
actuelle, équivalent à 60 milliards d'euros par an, ou la
consommation d'énergie actuelle cumulée de l'Allemagne et
de la Finlande.
Bien que des investissements considérables, en termes de nouveaux
équipements et de services économes en énergie, soient nécessaires
pour exploiter ces économies potentielles, l'Union est leader
mondial dans ce domaine. Les services énergétiques ayant en
grande partie un caractère local, cela signifie aussi la création
de nouveaux emplois qualifiés en Europe.
Sur la base de plusieurs études, on estime que cette initiative
pourrait potentiellement créer directement et indirectement
un million de nouveaux emplois en Europe. Ce n'est pas rien
!
Une politique d'efficacité énergétique pourrait donc apporter
une contribution importante à la compétitivité et à l'emploi
dans l'Union européenne, et d'abord dans notre pays la France.
D'autres études démontrent que les prix élevés du pétrole
ont un impact négatif sur le produit national brut (PNB).
Une dépendance moindre aux produits pétroliers bénéficierait
donc immédiatement à l'économie.
Dès la première crise pétrolière du début des années 70, des
politiques publiques et des programmes de promotion de l'efficacité
énergétique ont été mis en place. Ils eurent des résultats
probants.
Aujourd'hui, la technologie européenne est en première ligne
et occupe une place stratégique dans la concurrence mondiale
dans la plupart des secteurs liés à l'énergie, notamment les
technologies de chauffage urbain, les appareils domestiques
et les matériaux de construction. A cet égard, l'Etat et les
collectivités locales ont un rôle d'exemplarité à jouer.
Ils peuvent notamment proposer et soutenir des projets de
constructions durables, de bâtiments HQE, d'équipements innovants
(solaire, géothermie, cogénération et autres).
La promotion de l'inter-modalité constitue une autre mesure
qui contribuerait à d'importantes économies d'énergie. Les
alternatives au transport routier ont été stimulées par un
ensemble d'actions, tel que la création d'un programme communautaire
" Marco Polo " spécialement consacré à la promotion de solutions
de remplacement : rail, navigation intérieure et maritime
à courte distance.
Economiser l'énergie, c'est, outre une meilleure utilisation
de l'énergie, un changement des comportements des consommateurs
qu'il nous faut développer.
Ainsi des politiques visant à rendre plus attractifs les transports
publics, qui encouragent ceux qui, aujourd'hui, utilisent
leur voiture pour de courts trajets à prendre le bus, le train
voire à marcher, sont à développer. Il nous faut aussi informer
davantage nos concitoyens sur les comportements qui évitent
le chauffage inutile des logements. Des réglages judicieux,
une meilleure isolation, ce sont des voies à suivre.
Enfin, la consommation d'énergie contribue grandement au changement
climatique. Il faut savoir que le secteur énergétique produit
les quatre cinquièmes (78 %) des émissions totales de gaz
à effet de serre de l'Union européenne. Membre de la Mission
parlementaire d'information sur l'effet de serre, j'entends
beaucoup de choses qui montrent qu'il nous faut changer bien
des habitudes, et ce, dans notre intérêt à tous.
En effet, comment oublier qu'économiser l'énergie, c'est réduire
nos dépenses, qu'il s'agisse des usagers ou des collectivités
territoriales. Qui s'en plaindra à un moment où les budgets
sont souvent serrés ?
Le moment est donc venu de prendre conscience que l'efficacité
énergétique est un impératif pour l'environnement, l'économie,
le bien-être et la santé. C'est en unissant nos efforts que
nous parviendrons à des résultats probants. Il en va de notre
avenir et de celui de nos enfants.