Députée de Moselle, présidente de la
Délégation aux droits des femmes et à l'égalité
des chances
Parmi les 67 recommandations émises à l'issue du rapport
de la délégation, laquelle d'entre elles vous semble primordiale
?
Si toutes nos recommandations me semblent importantes, à des
degrés divers, je pense que l'apprentissage de la langue française
doit être une priorité. En effet, la maîtrise de la langue est
une des clés de l'indépendance de la femme dans sa vie sociale
de tous les jours. Aussi j'attends qu'un organisme comme le
Fasild réalise plus de rapports sur son activité et qu'il soit
en mesure de nous donner l'alerte en cas de difficultés ou d'échec.
L'insertion des " femmes de l'immigration " se fait-elle
plus difficilement aujourd'hui qu'il y a quinze ans ?
Il est difficile de répondre à cette question… car les nouvelles
générations de femmes ont des problèmes différents, notamment
les enfants de la troisième génération ; je ne suis donc pas
convaincue que les femmes d'aujourd'hui aient plus de facilités
que leurs aïeules en terme d'insertion sociale. Par ailleurs,
il est clair que la condition féminine dans certains quartiers
est fragilisée. Nombre des observateurs de terrain que nous
avons auditionnés ont remarqué un retour à des cultures traditionnelles,
parfois reconstituées et qui se traduisent malheureusement par
une volonté d'enfermement des jeunes filles.
Souhaitez-vous que certaines de vos recommandations aient
un avenir législatif ?
Je ne suis pas favorable à une surcharge des lois ; cependant
certaines mesures doivent donner lieu à une modification des
lois existantes ; je pense notamment à celles qui concernent
les mariages forcés. Je me suis réjouie des annonces du Premier
Ministre qui vont dans ce sens et qui ne m'ont pas surprise
vu que les conseillers de Matignon ont souvent consulté notre
délégation sur ces sujets. Nous devons faire un grand travail
de sensibilisation auprès de l'opinion sur ces questions sensibles,
c'est un de mes soucis majeurs au risque de voir les émeutes
que nous avons connues en novembre dernier se transformer en
évènements plus graves.