Eclipsé par l'actualité chaude des banlieues françaises, le
XVIIIème sommet franco-espagnol qui s'est tenu à Paris le 10
novembre dernier, n'en a pas moins été une étape de plus dans
l'accélération du renforcement des liens qui unissent la France
et l'Espagne. " Nous avons fait ce que nous pourrions appeler
nos devoirs européens, nous avons parlé de nos relations bilatérales
et nous avons également abordé la scène internationale "
a indiqué le chef du gouvernement espagnol.
Marquant la cinquième visite en France de José Luis Rodriguez
Zapatero en moins d'un an, ce sommet a également été l'occasion
pour les deux pays amis de réaffirmer leurs convergences de
vue sur différents problèmes de dimension mondiale. Au premier
rang desquels, la maîtrise de l'immigration clandestine, avec
l'annonce d'un renforcement des mesures sécuritaires et judiciaires
notamment avec les pays de transit tels que le Maroc et l'Algérie.
Cependant, sur la création d'une taxe sur les billets d'avion,
l'Espagne n'a pas encore annoncé de calendrier. C'est au cours
d'entretiens personnels avec leur homologue espagnol que Nicolas
Sarkozy, Michèle Alliot- Marie, Philippe Douste-Blazy, Gérard
Larcher, Catherine Colonna, François Goulard et François Loos,
ont pu discuter des nouveaux outils de la coopération bilatérale
à l'instar du Conseil franco-espagnol de défense et de sécurité.
" C'était un élément qui manquait à la coopération Allemagne-Angleterre-France-Espagne
en ce qui concerne les questions de défense " a souligné
Jacques Chirac. Nouveau moyen d'harmoniser les formations
et de faire des économies d'échelle, ce conseil constitue "
un nouvel élan donné à ce que représente la défense européenne
" a insisté le chef du gouvernement espagnol. Au service d'une
Europe de la Défense, les deux pays ont par ailleurs signé une
déclaration conjointe sur la coopération au service de l'approfondissement
de la Politique Etrangère de Sécurité Commune (PESD). Ils ont
aussi décidé d'intensifier leur collaboration dans le domaine
de la recherche scientifique à travers la création d'un fonds
d'innovation et de convergence et la mise en oeuvre de pôles
de compétitivité hispano- français. Au chapitre des liens culturels,
les deux pays amis ont décidé de créer un forum franco-espagnol
de dialogue de la société civile dont les co-présidents seront
Narcis Serra, le président du musée d'art de Catalogne
et Henri Proglio, le PDG de Veolia environnement, et
qui tiendra sa session inaugurale l'année prochaine en Espagne.