Palmarès 2005
Prix de l'Entreprise de l'année : EADS
Prix de l'Entreprise citoyenne : AREVA
Prix de l'Entreprise européenne : PEUGEOT SA
Prix de la Fédération professionnelle de l'année
: la CGPME
"Choisis en politique le bon ordre, choisis en affaire l'efficacité,
choisis pour agir l'opportunité, ne rivalise pas, tu seras sans
reproches ". Olivier Dassault, député de l'Oise a
choisi ces mots du sage chinois Lao Tse pour clore le 3 novembre
dernier la cérémonie animée et passionnée de remise des prix
des Trophées des Relations Institutionnelles 2005. Cette manifestation
placée sous le haut patronage de Christian Poncelet,
Président du Sénat et de François Loos, ministre délégué
à l'industrie a réuni plus de trois cents personnalités du monde
politique et de l'entreprise pour mettre à l'honneur les avancées
du dialogue entre les décideurs publics et les entrepreneurs.
Si les avancées sont notables en terme d'écoute et d'entente,
les différents intervenants ont estimé qu'il restait encore
de nombreux efforts à faire " pour améliorer les échanges
permanents entre les élus et les dirigeants d'entreprise et
ainsi éviter les polémiques qui aident rarement à résoudre les
problèmes " ainsi que l'a souligné François Loos, ministre
délégué à l'industrie, dans un message inaugural.
Résultat d'une grande enquête menée pendant trois mois par la
Revue Parlementaire et Spin Partners, cette cérémonie
a récompensé les entreprises et les fédérations rofessionnelles
qui ont su, durant l'année, démontrer leur capacité à communiquer
aux parlementaires les grands enjeux de leurs activités dans
le respect des fonctions et des attentes des élus en matière
d'information sur l'entreprise*
Tout au long de cette soirée animée par Michel Grossiord,
les échanges ont été sincères et passionnés entre les différents
chefs d'entreprise et élus présents à cette manifestation. En
réponse à la critique faite à l'encontre des parlementaires
souvent perçus comme trop éloignés de la réalité d'un chef d'entreprise,
Patrick Ollier, député des Hauts-de-Seine et président
de la commission des affaires économiques, a relevé avec fermeté
que les parlementaires étaient " les amis de l'entreprise
" et que 330 000 entreprises s'étaient crées en 2004 contre
180 000 en 2002.Comme l'année dernière, la cérémonie des Trophées
des relations institutionnelles s'est tenue à la présidence
du Sénat, une maison que nombre de chefs d'entreprise salue
pour la qualité de son écoute à leur encontre. Isabelle Debré,
sénateur des Hauts de Seine, s'en est félicitée et a souligné
haut et fort, au nom de Christian Poncelet, que "l'entreprise
est bien la priorité du Gouvernement et du Sénat, n'en déplaise
à certains ".
Après s'être réjouie de la politique des pôles de compétitivité
et du vote des lois récentes concernant l'entreprise telles
que " la loi relative au développement des PME, celle sur
la confiance et la modernisation de notre économie, la loi portant
sauvegarde des entreprises " Isabelle Debré a cédé la parole
à Geoffroy Roux de Bézieux, Président directeur général de The
Phone House, et président de CroissancePlus pour une intervention
moins "politiquement correcte". " Etre à l'avant-garde
des entrepreneurs ", telle est l'ambition de CroissancePlus,
un syndicat d'entrepreneurs que Geoffroy Roux de Bézieux définit
comme " le poil à gratter " des fédérations professionnelles.
Le PDG de Phone House a en effet regretté que la politique industrielle
de la France ne soit faite depuis les années 60 et 70 que pour
les grands fleurons du CAC 40 et que le pays ne compte pas à
l'instar des Etats-Unis des entreprises telles que Dell, Google,
ou encore Ebay " qui font aujourd'hui la force des Etats-Unis
". Geoffroy Roux de Bézieux a enfin jugé que les entrepreneurs
" devaient plus s'engager afin de ne pas laisser le monopole
de la parole public à ceux qui entretiennent un discours de
désespoir vis-à-vis de l'entreprise ".
La remise de quatre prix, crées spécialement par l'artiste Bernar
Venet pour Arcelor, a mis en relief la diversité
de l'état d'avancement de la pratique des relations institutionnelles
au sein des grandes entreprises primées.
Si EADS a reçu le prix de l'entreprise de l'année,
cela ne tient pas qu'à son " travail exceptionnel de relations
institutionnelles " a souligné Denis Verret, directeur
délégué aux Affaires publiques, mais ce prix est aussi le résultat
d'une année exceptionnelle pour le fleuron aéronautique qui
fait l'objet d'un " coup de coeur pour l'Europe industrielle
qui réussit ". Un coup de coeur confirmé par Patrick Ollier
qui remettait ce prix à cette entreprise " qui travaille
en amont et qui porte haut les couleurs de la France dans le
monde entier ". Si une grande entreprise telle qu'EADS n'a
généralement pas de souci à être écoutée et entendue par les
décideurs publics comme l'a précisé Denis Verret, ce dernier
a cependant souligné qu'elle avait besoin " encore plus d'Europe,
d'une Europe de la Défense et d'un décloisonnement des marchés
" si elle veut continuer à être compétitif face au géant américain.
Hervé Pichon, délégué aux relations institutionnelles
de PSA, s'est lui félicité en recevant le prix de l'entreprise
européenne des mains de Françoise Grossetête, députée
européen, que cette récompense soit aussi la " reconnaissance
d'un choix d'entreprise fait il y a plusieurs années d'avoir
une personne qui fait les couloirs de Strasbourg et de Bruxelles
" Tout en remerciant Françoise Grossetête pour sa " présence
impliquée " au Parlement européen, Denis Verret a réaffirmé
le " souci réel des institutions communautaires d'écoute du
monde économique et de la société civile ".
Le Trophée de l'entreprise citoyenne remis par Claire Isnard,
Présidente de l'Observatoire sur la Responsabilité Sociétale
des Entreprises (ORSE) a lui constitué un honneur et même une
surprise pour Areva, représenté par Christine Gallot,
directrice des relations institutionnelles et Hervé Coupin,
directeur du développement durable. Résultat " d'une action
commune " et " d'un grand travail de concertation avec
les élus locaux ", Christine Gallot a cependant fait remarquer
qu'Areva avait le souci de se faire évaluer par l'extérieur.
Outre, les grandes entreprises primées lors de cette cérémonie,
c'est à la CGPME qu'est revenu le prix de la fédération professionnelle
de l'année. François Roubaud, président de la CGPME a demandé
aux élus " de l'oxygène pour les entreprises " afin qu'elles
puissent accroître leur croissance. De l'oxygène, c'est aussi
ce qu'Olivier Dassault, cofondateur, avec Jean-Michel
Fourgous, de Génération entreprise, a prôné face aux pesanteurs
réglementaires qui entravent l'attractivité économique de la
France. "Renouveler le lien entre le monde de l'entreprise
et la sphère publique, améliorer les connaissances économiques
des Français, restaurer la confiance et la liberté, valoriser
l'initiative et la réussite, un véritable programme de Gouvernement
! ", telles sont les volontés d'Olivier Dassault,
pour que la France aille " plus haut, plus vite et plus loin
".
* le classement est issu du dépouillement des questionnaires
envoyés à tous les parlementaires
A noter
Afin de rendre la soirée plus originale, la Revue parlementaire
a choisi de réaliser en partenariat avec l'ISCPA un film réunissant
Jacques Floch, Jean- Michel Fourgous, Philippe Vasseur, Henri
Bouvet, Yvon Gattaz, Chantal Brunel, Sir Stuart Bell, Charles
Beigbeder, Sophie de Menthon, Stéphane Desselas, François Gerin
sur le thème élus-entreprises, " je t'aime moi non plus ". Si
les deux parties se sont longtemps ignorées en France, aujourd'hui
la situation évolue à grands pas notamment sous l'influence
du modèle des institutions européennes.