Le Rendez-vous Climat 2005 qui s'est tenu à la Maison de
la RATP les 14 et 15 novembre a réuni ministres et experts pour
établir un bilan complet du Plan Climat et se pencher sur les
perspectives de la lutte contre le réchauffement climatique.
"C'est par l'innovation industrielle que nous saurons relever
le double défi énergétique et écologique de ce siècle que constituent
l'épuisement progressif des ressources fossiles et le réchauffement
climatique". Lors du Rendez-vous Climat qui s'est tenu les
14 et 15 novembre derniers, François Loos, ministre délégué
à l'Industrie, a réaffirmé les actions du gouvernement en terme
de réduction des gaz à effet de serre. L'objectif est ambitieux
: au-delà des engagements pris dans le cadre du protocole de
Kyoto, à savoir la stabilisation à l'horizon 2008-2012, des
émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990, la
France a décidé de diviser par quatre le volume de ses émissions
de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. En aura-t-elle les
moyens technologiques et économiques dans un contexte de forte
concurrence internationale ? Pour y répondre, un groupe de travail
dit groupe " facteur 4 " doit explorer d'ici avril 2006
les différentes voies qui peuvent permettre d'atteindre l'objectif
de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre.
Ce groupe présidé par l'économiste Christian de Boissieu
et mis en place le 8 septembre dernier par Nelly Olin,
Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable (MEDD) et
François Loos, ministre délégué à l'Industrie, regroupe
une trentaine de personnalités. Lors d'une table ronde consacrée
au sujet " facteur 4 et nouvelles technologies de l'énergie
" à l'occasion du Rendez- vous Climat 2005, Thierry Chambolle,
président du Comité changement climatique au Medef, et auteur
d'un rapport sur les nouvelles technologies de l'énergie a jugé
qu'il fallait " arrêter d'opposer une solution face à une
autre " en terme de politique énergétique. Philippe Quirion
président du Réseau Action Climat, a lui annoncé que si les
objectifs sont clairs et que " les solutions techniques et
organisationnelles existent " c'est au niveau des politiques
publiques " que le bât blesse ". La loi de programme
du 13 juillet dernier fixant les orientations de la politique
énergétique, prévoit cependant la production de 10% des besoins
énergétiques français à partir de sources d'énergies renouvelables
à l'horizon 2010 ainsi qu'une production intérieure d'électricité
d'origine renouvelable à hauteur de 21% contre 14% aujourd'hui.
Philippe Quirion a par ailleurs regretté que les crédits
de recherche aient été en priorité attribués au nucléaire ces
dernières années de sorte que la France a pris du retard dans
la recherche sur les énergies renouvelables notamment dans des
secteurs où elle a été leader tel que celui de l'énergie photovoltaïque.
Claude Jeandron, directeur adjoint du Développement
durable et de l'environnement du Groupe EDF, a lui souligné
le fait que le nucléaire était une énergie propre étant donné
qu'elle ne produit ni dioxyde de carbone, ni autres gaz à effet
de serre. Cependant, demeure l'épineuse question de la gestion
des déchets nucléaires, une question qui est aujourd'hui l'objet
d'un débat public dans la continuité de la loi Bataille du 30
décembre 1991. Cette loi donnait quinze ans aux pouvoirs publics
pour trouver une solution à ce problème. L'échéance de 2006
approchant à grands pas, les pouvoirs publics préparent un nouveau
projet de loi sur la gestion durable des déchets radioactifs.
" La solution adoptée sera un choix de société ", a insisté
Claude Jeandron.
La taxe sur le billet d'avion, " Un principe acquis "
Dite " taxe de solidarité ", la taxe sur le transport
aérien en faveur de l'aide au développement des pays pauvres,
défendue par Jacques Chirac, devrait se concrétiser en
France début 2006. Bien que la quasi-totalité des professionnels
du secteur aérien y soient opposés, le ministre des transports,
Dominique Perben a déclaré le 2 novembre que le principe était
" acquis ". Examiné en Conseil des ministres du 23 novembre,
le principe de la taxe de solidarité devrait être bientôt voté
par le biais d'un amendement au projet de loi de Finances Rectificative.
Son montant pourrait osciller de 20 à 40€ pour les billets en
classe affaires et de 1 à 2€ pour la classe économique. Les
recette évaluées " autour de 200 millions d'euros " seraient
" affectées, selon les voeux du président, à un programme
de santé dans les pays pauvres ".
Rapport
Les sénateurs Joseph Kerguéris (UC-UDF-Morbihan) et Claude
Saunier (Soc - Côte d'Armor) viennent de présenter leur
rapport d'information sur l'évolution du prix du pétrole à moyen
terme et ses conséquences sur l'économie. Alors que le prix
du pétrole a évolué dans une fourchette de 20 $ le baril pendant
les années 90, son cours s'est emballé depuis trois ans : 30
$ en 2003, 40 $ en 2004 et plus de 50 $ sur les neuf premiers
mois de l'année 2005 avec un pic à 70 $ en août dernier. L'étude
menée par les sénateurs a pour but de décortiquer les mécanismes
de fixation des prix du pétrole afin de comprendre les raisons
de cette hausse et de proposer des évaluations de prix à moyen
et long terme. Les deux sénateurs ont également analysé l'impact
d'une hausse durable des prix sur l'économie mondiale et française
et font des recommandations concrètes pour limiter la dépendance
pétrolière de la France et la volatilité des prix.