La Russie est un partenaire fiable de l'Union
européenne
Le seizième sommet UE-Russie s'est tenu à Londres début octobre.
La réunion a traité de la mise en oeuvre pratique des feuilles
de route sur les quatre espaces communs.
Comme tous les six mois, les dirigeants de l'Union européenne
et de la Russie se sont réunis pour évoquer les liens qui les
unissent et discuter des sujets politiques, économiques et internationaux
du moment. Ce seizième sommet était placé sous la présidence
de Tony Blair, Premier ministre britannique et président
en exercice du Conseil européen assisté du Secrétaire général
Javier Solana et du président de la Commission européenne
José Manuel Barroso. La Fédération de Russie était représentée
par Vladimir Poutine accompagné du ministre des Affaires étrangères
Sergey Lavrov, du ministre de l'Economie German Gref,
de Viktor Khristenko, ministre de l'énergie et de l'industrie
et de Igor Levitin, ministre des Transports. Dans un
élan unanime, les participants se sont accordés à dire qu'il
était nécessaire de placer ces relations "sur un niveau différent
et plus intense". Principal sujet de cette rencontre l'énergie
et les relations économiques entre les deux ensembles.
Donner un nouvel élan à la coopération énergétique
Pour Tony Blair, les relations commerciales avec la Russie "ne
peuvent que grandir, prospérer et se renforcer". Poutine
a acquiescé expliquant même que la Russie "était un partenaire
fiable".
Sur cette question énergétique, la veille du sommet s'était
tenue la première réunion du Conseil permanent de partenariat
des ministres de l'énergie. Le principal objectif de la réunion
était de donner un nouvel élan à la coopération entre l'UE et
la Russie dans le domaine de l'énergie. Le Conseil a qualifié
le dialogue sur l'énergie d'élément essentiel des relations
entre la Russie et l'UE et envisagé les moyens de renforcer
la coopération entre les deux parties. Tout un éventail de dossiers
internationaux au rang desquels, le changement climatique et
la mise en oeuvre du Protocole de Kyoto, le traité sur la Charte
de l'énergie et l'Agence internationale pour l'énergie atomique
ont également été abordés.
"Personne ne dépend de personne"
En résumé, l'Europe a besoin des ressources énergétiques
de la Russie et la Russie a besoin des investissements étrangers
pour assurer la modernisation des infrastructures énergétiques.
Pour autant, il ne s'agit nullement de parler de dépendance.
Le mot fait peur. "Personne ne dépend de personne : ni nous
de la Russie, ni la Russie de nous" s'est empressé d'expliquer
Tony Blair. "Que ce soit dans le domaine énergétique ou dans
la lutte contre le crime organisé ou le terrorisme, nos relations
avec la Russie s'édifient davantage sur la base de l'intérêt
mutuel que d'une quelconque dépendance" a précisé le Premier
ministre britannique. Du côté Russe, Vladimir Poutine
a bien pris soin de rappeler la contribution russe au refrènement
des prix du pétrole. "Sans les livraisons russes, les prix
du brut seraient encore plus élevés. Pour autant la Russie ne
va pas faire la fière. Nous continuerons de discuter sur un
pied d'égalité et sommes prêts à des compromis quand cela est
possible. Nous espérons que nos partenaires européens prendront
eux aussi en compte nos intérêts" a noté le président Poutine.
Le domaine de l'Espace de liberté, de sécurité et de justice
n'a pas été oublié et notamment la question des visas sur lequel
Russes et Européens ont encore du mal à se mettre d'accord.
Vladimir Poutine a pourtant déclaré que sans avoir cédé, la
position russe avait évolué et qu'un accord pourrait être signé
d'ici la fin de l'année. Dans le domaine de l'Espace commun
sur la sécurité externe, l'UE a pris note de "l'évolution
positive du dialogue et de la coopération en matière de terrorisme
et de gestion des crises". Tony Blair a ainsi souligné "combien
les relations avec la Russie sont importantes pour notre avenir
et notre sécurité précisant que le sujet de la Tchétchénie avait
été abordé. Nous discutons toujours franchement et honnêtement
de toutes les questions qu'elles touchent aux droits de l'homme
ou à la démocratie" a-t-il ajouté. La prochaine rencontre
devrait se tenir au printemps 2006 en Russie.
A noter
Rencontres Russie 2005 le 17 et 18 novembre au Sénat. Le rendez-vous
annuel des entreprises françaises qui souhaitent, en partageant
leurs expériences, mieux comprendre le marché russe et son évolution.
Avec la participation de Patrice Gélard, président du
Groupe interparlementaire France-Russie du Sénat, Christine
Lagarde, ministre délégué au Commerce extérieur, Sergueï
Narychkine, Chef de l'appareil du gouvernement de la Fédération
de Russie, Jean Lemierre, président de la Berd et Valery
Draganov, président de la commission de la politique économique,
de l'entrepreneuriat et du tourisme de la Douma de Russie.