"Pour faire évoluer les institutions,
il faut une approche collective de ces sujets"
Entretien avec François Cornut Gentille, député
UMP de Haute-Marne et président du Club de la Boussole.
Comment expliquer cette volonté de réformer les institutions
?
Je crois qu'il y a plusieurs explications, plusieurs types de
démarches. Concernant Arnaud Montebourg, il s'agit d'une démarche
de remise en cause des institutions et d'une stratégie de contestation
de la Vème République, comme François Mitterrand en son temps.
Pour les autres démarches, il s'agit plutôt de s'interroger,
de façon pragmatique, sur le fonctionnement de l'institution
parlementaire et la possibilité de mieux l'adapter aux débats
de société d'aujourd'hui. Pour autant et en dépit de la place
grandissante des médias qui nous imposent plus qu'avant un certain
type de discussion, il est nécessaire que l'institution parlementaire
reste au coeur du débat politique et qu'elle ne se laisse pas
marginaliser par d'autres formes de débats.
Au XIXème siècle, le débat parlementaire créait le débat politique,
aujourd'hui, on a un peu l'impression que le débat politique
est fait dans les médias et que le Parlement est un peu à la
traîne. Il y a donc de nombreuses pistes de réflexion et de
choses à imaginer pour faire évoluer l'institution.
Il y a également une question d'actualité qui est la mise en
place de la Lolf. Si elle veut être parfaitement maîtrisée,
cela va demander aux parlementaires de travailler et de débattre
sans doute différemment.
Avec ses propositions, le Club de la Boussole ne cherche pas
à être original. Ce que nous apportons, c'est un engagement
collectif des députés. Nous sommes persuadés que pour faire
évoluer les institutions, il faut une approche collective de
ces sujets.
Que vont devenir vos propositions ? Comment allezvous en assurer
le suivi et peut être l'application ?
On note que cela suscite déjà un certain intérêt. Des parlementaires
ont demandé à adhérer au Club. Ensuite, nous allons continuer
à affiner nos propositions pour voir si elles peuvent déboucher
sur des propositions de loi ou des propositions de modification
de règlement. Mais c'est forcément une démarche qui prend du
temps et a fortiori si l'on veut que les choses aboutissent
d'ici deux ans. C'est maintenant qu'il faut lancer le débat,
ce n'est pas au dernier moment.