La Chine, une chance pour la France
Sur fond de crise du textile, un rapport parlementaire veut
inciter les PME françaises à investir en Chine.
"Face aux opportunités considérables que représente la Chine
pour les entreprises françaises, l'ensemble des acteurs français
du commerce extérieur doit se mobiliser". Le message sous
entendu par le rapport des deux parlementaires Tony Dreyfus
(Soc-Paris) et Hervé Novelli (UMP-Indre-et-Loire) est
sans ambages : La France doit être plus active en Chine. "Y
aller !" tel pourrait même être leur maître mot. Au regard
de l'enquête qu'ils ont mené, la France aurait une carte à jouer
dans de nombreux domaines. "Les atouts des entreprises françaises
en Chine apparaissent de plus en plus évidents" expliquent-ils.
Ainsi, par exemple, l'énergie, les transports et la protection
de l'environnement, domaines dans lesquels la France dispose
d'un grand savoir-faire deviennent des priorités pour les autorités
chinoises. Mais d'autres secteurs sont à investir : le transport
urbain, les hélicoptères, le spatial et l'automobile. Autre
atout français : la conjugaison de l'élévation du niveau de
vie des Chinois, l'émergence d'une classe aisée et l'ouverture
progressive du secteur tertiaire aux capitaux étrangers qui
va avoir pour conséquence une évolution de la demande chinoise
en faveur des biens de consommation et de services, secteurs
dans lesquels la France s'est spécialisée. Voilà pour l'avenir.
Mais aujourd'hui note avec regret Hervé Novelli "La
France s'inscrit avec retrait dans les échanges avec la Chine,
qu'il s'agisse des exportations ou des investissements dans
le pays". Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la part de
marché de la France ne cesse de se dégrader depuis 1997 (1,35%
en 2004). La France est ainsi le quinzième fournisseur du pays,
loin derrière l'Allemagne, dont la part de marché s'élève à
5,4% Pour les rapporteurs, ces résultats décevants "s'expliquent
notamment par une spécialisation de notre économie qui ne répond
pas aux besoins actuels de la Chine mais aussi par un nombre
insuffisant de moyennes entreprises capables de conquérir des
marchés réputés difficiles et enfin par une certaine réticence
de nos PME à exporter vers des marchés lointains". Pour
autant, la marge de progression est importante. La Chine constitue
même un véritable gisement d'opportunités pour la France à moyen
et long terme. Le gouvernement a donc lancé un certain nombre
d'initiatives pour inciter les entreprises françaises, et plus
particulièrement les PME, à se tourner vers le marché chinois.
Des initiatives qui, selon les rapporteurs, doivent être "renforcées
et complétées". Un premier plan d'actions portant sur la
période 2003-2005 avait permis de définir cinq actions visant
à renforcer la présence française sur le marché chinois : renforcer
l'information, promouvoir la participation aux salons professionnels,
développer les missions collectives, rechercher les opportunités
d'affaires, lancer des initiatives spécifiques en faveur des
PME et enfin renforcer et former les ressources humaines. "Toutefois
la mise en oeuvre de ce plan semble souffrir d'un manque de
suivi" soulignent les députés. D'autres actions, certaines
activement et financièrement soutenues par Ubifrance ont été
entreprises et devraient se concrétiser d'ici la fin de l'année.
L'annonce faite par le président de la République devant les
ambassadeurs français fin août à Paris, d'aller d'ici la fin
de l'année en Chine montre à quel point le gouvernement français
accorde de l'importance au marché chinois. Le gouvernement mais
peut être pas les PME françaises qui restent méfiantes et qui
privilégient d'autres marchés qu'elles jugent plus proches et
moins risqués. Les rapporteurs esquissent plusieurs pistes pour
tenter d'infléchir les choses. La première d'entre elles est
une meilleure information des PME sur les opportunités qu'offre
le marché chinois mais surtout sur les conditions dans lesquelles
elles peuvent intervenir sur ce marché. Ils appellent également
les PME à se regrouper "afin de mutualiser leurs moyens et
partager leurs expériences". Les députés souhaitent aussi
que les entreprises européennes présentes en Chine dépassent
leurs clivages et développent une plus grande coopération entre
elles. Dernier point, les parlementaires recommandent de s'appuyer
sur la communauté chinoise en France pour profiter de leurs
connaissances et des liens qu'elle a pu conserver sur place.
"Un travail de pédagogie de la part des dirigeants politiques
est nécessaire afin de présenter la Chine aux Français non plus
comme un "péril" mais comme un opportunités pour les entreprises,
et donc pour l'emploi" résument les députés. Nul doute que
le prochain voyage présidentiel prévu avant la fin de l'année
y contribuera.
* Rapport d'information n°2473 de Tony Dreyfus et Hervé Novelli
sur les échanges commerciaux entre la Chine et la France au
nom de la commission des finances, de l'économie générale et
du plan.
Programme de rentrée
La session parlementaire 2005-2006 débute le 3 octobre avec
un programme chargé. Au menu des parlementaires, du budget,
du terrorisme, de l'agriculture… Sans conteste, le moment fort
de cette session sera le projet de loi de finances (PLF) après
présentation en Conseil des Ministres le 28 septembre et le
projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).
Les discussions budgétaires devraient ainsi ouvrir cette session
et se tenir entre mi-octobre et mi-décembre. Il est à noter
que cette année verra l'entrée en vigueur de la LOLF, "la nouvelle
constitution financière" de la France, qui modifie en profondeur
le mode de traitement du budget. Autre thème de la session,
le projet de loi sur le terrorisme qui devrait selon toute vraisemblance
être présenté en conseil des ministres le 5 octobre prochain.
Le projet de loi pourrait être adopté d'ici la fin de l'année.
La loi d'orientation agricole qui doit entrer en vigueur début
janvier bénéficiera de la procédure d'urgence (une seule lecture
à l'Assemblée et au Sénat). Elle devrait être discuté courant
octobre à l'Assemblée et mi-novembre au Sénat. Enfin, et après
des mois de tractations et de discussions, la question du calendrier
électoral sera mise à l'ordre du jour très rapidement. Il s'agit
d'une volonté du gouvernement qui souhaite régler cette question
des élections au plus vite (présidentielles et législatives
en 2007 et cantonales, municipales et sénatoriales en 2008).
A suivre également la loi d'orientation sur la Recherche, maintes
fois repoussée, un projet de loi sur l'habitat et un autre sur
les OGM. De son côté le président de l'Assemblée nationale,
Jean-Louis Debré a proposé de revoir le mode de travail
du Parlement. Il a notamment remis en cause la session unique,
estimant qu'il "n'est pas sûr qu'elle ait répondu aux espérances
de ses concepteurs". Il propose que les députés siègent "trois
semaines par mois, la quatrième étant consacré aux activités
des élus sur le terrain". Enfin, il propose qu'avant chaque
Conseil européen, soit " organisée une séance spéciale au cours
de laquelle le gouvernement indiquera comment la France se prépare
à cette réunion ".
en bref
Délégation à l'aménagement du
Territoire
Depuis le début de la législature, la délégation à l'aménagement
et au développement durable du territoire, a élaboré sur ses
domaines de compétences, sept rapports d'information tous assortis
de propositions. Au cours de la session ordinaire 2004-2005,
la Délégation est revenue sur quatre dossiers : l'équipement
des territoires en Internet haut débit (rapport n°443), la gestion
de l'eau (n°1170), le traitement des déchets (n°1163) et les
contrats de plan Etat-régions (n°1836).A mi-législature, elle
a souhaité se préoccuper du devenir de ses propositions. Un
récent rapport d'information regroupe les comptes rendus des
travaux que la Délégation a consacré à ces dossiers*.
* Rapport d'information n°2439 Internet haut débit, gestion
de l'eau, traitement des déchets, contrats de plan Etat-régions
: quatre enjeux pour les territoires.
Actes de Colloque
A l'occasion des dix ans de l'Observatoire de la parité entre
les femmes et les hommes et des cinq ans de la loi sur la parité,
Marie-Jo Zimmermann, rapporteure générale de l'Observatoire
et présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée
nationale a souhaité rassembler les précédentes rapporteures
générales et les membres actuels de l'Observatoire ainsi que
les acteurs et actrices du mouvement paritaire pour analyser
les événements qui ont conduit à la réforme constitutionnelle
de juillet 1999 et au vote de la loi du 6 juin 2000 sur la parité.
Les participants à ce colloque ont tenté de discerner les effets
réels de la loi, les obstacles rencontrés et le chemin qui reste
à parcourir.
Actes du colloque : " Cinq ans après la loi : parité… mais
presque " - Délégation aux droits des femmes - www. Assemblee-nationale.fr